En filigrane : Maliens coincés en Libye : Casse-tête pour les Affaires étrangères

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Le ministre des Affaires étrangères ne reste pas sourd aux cris de détresse des Maliens coincés en Libye. La dégradation de la situation sécuritaire dans ce pays met à rude épreuve les plans échafaudés. Le rapatriement par avion ? Trop risqué et coûteux. Un missile sol-air pourrait détruire l’avion avant qu’il n’atteigne l’altitude de sécurité. Néanmoins,  un vol a eu lieu. 170 Maliens sont tirés de la fournaise. La route ? Un accord a été établi avec le Niger voisin autorisant leur acheminement. Puis, ils sont transférés dans les cars de la SONEF à destination de Gao – pour les ressortissants du Nord –  et Bamako pour les sudistes.

Selon un premier décompte, 460 Maliens ont émis le vœu de regagner la mère-patrie. Un chiffre à prendre avec des pincettes. D’autant plus que le recensement a concerné ceux qui n’étaient pas éloignés de l’Ambassade du Mali à Tripoli. Donc chanceux en comparaison à ceux qui n’avaient pas d’autre alternative que de se lancer dans le désert pour fuir les exactions des factions rebelles ou tenter la traversée de la Méditerranée afin de gagner l’Europe.

Les rapatriés brulent d’envie d’avoir du travail. C’est ce qui manque le plus dans ce pays mordu à pleines dents par la crise.

 

Le poste de contrôle de Niamana transféré

Mine grise des vendeurs à la sauvette

La longue file de gros porteurs en stationnement appartient désormais au passé. Des camions en provenance du Ghana, Togo, du Bénin, du Burkina Faso stationnaient au poste de contrôle de Niamana, outre les nôtres. Les chauffeurs ont une surface financière autorisant des dépenses monstres. Conséquence : le volume habituel des ventes  s’est effrité. Enterrant l’espoir de faire le plein des poches durant les fêtes de fin d’année. D’où la perspective d’aller prospérer sous ce nouveau ciel. Pas tout de suite. L’aller-retour n’est guère aisé, du fait de l’éloignement. On scrute le départ des douaniers, policiers et agents des eaux et forêts  qui traînent encore des pieds. Du coup, les cars de transport s’y arrêtent, le temps de remplir les formalités d’usage. Puisque  chauffeurs et apprentis leur interdissent de monter à bord, ils se contentent d’exhiber les marchandises aux passagers afin de provoquer des achats.

On se met à espérer que des minicars vont rallier le nouveau poste de contrôle à tout moment. D’ici là,  certains vendeurs à la sauvette sont gagnés à l’idée de faire une prospection. A l’instar de Malick qui s’y est lundi, quelques heures après la fermeture dimanche dernier  du poste de contrôle de Niamana.

 

Les filles de joie tournent leur pouce

Regard fiévreux, Nina a senti le vent tourné. Pas le moindre chauffeur de camion à l’hameçon. Ses clients habituels qui se recrutent dans le petit cercle des Ghanéens, Burkinabè ou Togolais ne donnent plus signe de vie. Les soirées étaient très arrosées et au petit matin le gousset si bien garni qu’elle pouvait s’offrir les trois repas quotidiens. L’envie de rester à Niamana ne l’enchante point. Mais voilà, elle doit attendre que des promoteurs de bars s’installent au nouveau poste de contrôle.

En attendant, elle officie ailleurs sans grand succès. Le transfert de dimanche a pris de court beaucoup de monde. Même si l’annonce avait été faite depuis des années.

 

Média

Tiéssira Emmanuel à Bangui

Notre excellent confrère de l’ORTM s’est envolé hier pour Bangui, la capitale centrafricaine. Il rejoint ainsi son nouveau poste à la radio de la Mission de paix des Nations-unies. La communauté chrétienne de Niamana, à laquelle il appartient, a formulé à son endroit des bénédictions dimanche dernier.

La République centrafricaine est déchirée par une guerre civile. Et s’apprête à vivre l’élection présidentielle qui viendra mettre un terme à la période transitoire. Justement, la radio des Nations-unies  doit accompagner ce processus et apporter de la pommade et des pansements aux plaies encore béantes.

 

Rassemblés par Georges François Traoré

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