De quoi je me mêle : l’émergence est-elle possible avec tant d’incivisme et de laxisme ?

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Dans ce second billet sur l’insalubrité à Bamako, le chroniqueur et éditorialiste Adam Thiam démontre que le problème est lié à l’incivisme des citoyens et au laxisme des autorités.

On va finir par me demander de quoi je mêle ! Et à croire que je n’ai pas plus d’inspiration que de cheveux sur mon crane, ou que je sers les intérêts de X dans  la croisade sur le sujet gênant des immondices, ou peut-être que j’ai une attraction incurable  -qui ne peut être guéri, pas curé-  pour le débat de… caniveau.

Tant pis ! Le pays, c’est  à nous tous,  pas plus à l’un qu’à l’autre. Nous sommes à égale obligation de le faire. Pour être exact, de le refaire,  car ce qui se passe sous nos yeux est la preuve regrettable que des piliers entiers de l’édifice commun sont en train de céder et qu’en cédant, ils nous entraînent non pas vers les sommets que nous avons mission de viser pour nos enfants et pour notre honneur mais vers le fond, là où les médiocres se donnent rendez-vous.

Abattoir à ciel ouvert

Sinon, il n’est pas possible qu’après la tragédie qui a coûté la vie à plusieurs de nos compatriotes, l’on se limite à curer les caniveaux—faites un tour à Ngolonina ou ailleurs— et à laisser les déchets  sur les rebords des fossés, quitte à ce que les prochaines pluies les remettent là  où ils étaient ! Sinon, ce n’est pas possible que la Place CAN, à ACI 2000, devienne un abattoir à ciel ouvert de bœufs, fussent-ils égorgés pour la fête de Ramadan ! Sinon ce n’est pas possible que les caméras nationales soient promenées sur ces lieux de carnage non pas pour  souligner  le problème de santé publique qu’ils peuvent poser mais pour faire des reportages exotiques sur cette  nouvelle tontine de la protéine. Sinon, tant d’odeurs ne peuvent émaner d’une seule ville, offerte aux motos  sans frein, roulant à tombeau ouvert  au milieu de la voie, sous les klaxons de sotramas et de taxis déglingués, mais qui  ont le visa de la visite technique.

Par Adam THIAM

benbere.org/

Commentaires via Facebook :

5 COMMENTAIRES

  1. Oui Adam THIAM vous avez parfaitement raison car avec ces fléaux aucun pays ne peut se tenir debout à plus forte raison atteindre une émergence, mais ne vous limitez pas au laxisme et à l’incivisme dans la mesure où il y a plus grave que ces deux maux, pour ce faire laissez moi citer un certains nombre de maux plus dramatiques que sont le népotisme, le clanisme, le clientélisme, l’égo trop fort des hommes et des femmes, la méchanceté, la jalousie, le vol en bandes organisées, la surfacturation, la gabegie, injustice, l’impunité, le mensonge, la tricherie, le drible du prochain, l’inconscience et l’insouciance des cadres maliens, la non confiance entre les acteurs du développement du pays. La conjugaison de ces fléaux entèrent toutes les actions de développement d’un pays. Pour enrayer ces fléaux, il faut des hommes et des femmes droits aux commandes des appareils de l’état et dans le cas actuel malien, il faut retenir que impossible est le mot qui convient le mieux. Nous sommes dans l’oeil d’une tornade sans précédent, le cas malien s’appelle attendre l’arrivée d’autres générations dans cent cinquante ans, car tout mal qui touche le psy de l’homme ne se combat pas facilement, ni à court terme, ni à moyen terme, il faut absolument focaliser le très long terme.

  2. Oui Adam THIAM vous avez parfaitement raison car avec ces fléaux aucun pays ne peut se tenir debout à plus forte raison atteindre une émergence, mais ne vous limitez pas au laxisme et à l’incivisme dans la mesure où il y a plus grave que ces deux maux, pour ce faire laissez moi citer un certains nombre de maux plus dramatiques que sont le népotisme, le clanisme, le clientélisme, l’égo trop fort des hommes et des femmes, la méchanceté, la jalousie, le vol en bandes organisées, la surfacturation, la gabegie, injustice, l’impunité, le mensonge, la tricherie, le drible du prochain, l’inconscience et l’insouciance des cadres maliens, la non confiance entre les acteurs du développement du pays. La conjugaison de ces fléaux entèrent toutes les actions de développement d’un pays. Pour enrayer ces fléaux, il faut des hommes et des femmes droits aux commandes des appareils de l’état et dans le cas actuel malien, il faut retenir que impossible est le mot qui convient le mieux. Nous sommes dans l’oeil d’une tornade sans précédent, le cas malien’s’appelle attendre l’arrivée d’autres générations dans cent cinquante ans.

  3. Koro Adam, il faut appeler clairement l’Etat (central, services déconcentrés et décentralisés) à ses responsabilités. Mais vous savez bien qu’il ne le peut. Que peuvent faire les médiocres? Nous précipiter dans le fond? Ils l’ont déjà fait. Nous y maintenir, c’est à cela qu’il consacre leur énergie.
    Un Etat bien dirigé par des responsables exemplaires qui s’assument ne saurait engendré de l’incivisme.
    Koro, l’insalubrité n’est pas seulement celle causée par les ordures ménagères. Celle-ci est certainement plus visible, plus répugnante mais moins difficile à traiter. Par contre cette autre “institutionnelle”, l’école et l’administration étendue à l’armée, sans nulle doute la plus destructrice, est celle qui est entretenue pour nous maintenir dans les tréfonds de l’abîme.
    Pour s’en extirper et se hisser vers le haut (pour reprendre votre expression et son image), faisons court, il faut engager une lutte acharnée qui pourrait s’appeler RE VO LU TION. Elle n’est pas loin.

  4. C’est bien sous IBK, l’homme qui rappelait à l’idée « l’autorité de l’état », que le Mali est en tain de tendre de plus en plus vers la partie touffue de la jungle. Le cercle dangereux laxisme des autorités-incivisme de la population est plus que jamais en mouvement destructif. Plus il y a laxisme plus il y a incivisme vice versa… et, plus on est accablé de conséquences multiples et néfastes. Nul doute notre société n’opère plus sur une boussole morale adéquate avec de tels degrés de laisser-aller, laxisme, incivisme, anarchie chorioniques qui ne cessent de s’aggraver depuis 2013 !

    SAUVAGERIE, BARBARIE : CRUAUTÉ ENVERS LES ANIMAUX OU « ABATTOIRS A CIEL OUVERT » ?

    Quelle maltraitance cruelle que les animaux (bœufs, moutons et chèvres) ne subissent pas dans ce pays et, particulièrement, aux périodes de nos fêtes !? Il y a bien une tradition de cruauté et d’insensibilité qui est en train de prendre racine vis-à-vis des animaux dans notre pays …et cela paradoxalement à l’ère démocratique censée prôner l’humanisme et la civilisation. Il y a juste 30 ans on ne voyait pas tous ces mauvais traitements dignes de la barbarie que l’on voit aujourd’hui porter a l’encontre des animaux, notamment en terme de manutention: ex., plier et entasser comme des colis deux ou trois bœufs sur le dos dans des motos taxis, accrochés de la tête aux jambes comme des objets unanimes…. avant de parcourir a la traine des dizaines de km sous le soleil ardent et l’embouteillage tonitruant de la circulation de Bamako. Quelle terreur pour ces innocents animaux arrachés brutalement de leur milieu naturel (liberté) de la brousse pour venir faire le martyr pré-abattoir inutile. Ou encore des motoristes (Djakarta) qui tiennent coute que coute a porter les moutons comme des sacs du riz (pour économiser le transport)…, ou encore des camions non-adaptés qui entassent des bœufs en surcharge depuis les confins des régions lointaines vers les grandes villes …des voyages sans l’eau ni nourritures encore sous le soleil … ces animaux donc arrivent souvent a destination en état de choque et de blessures due aux secousses et des frappes des convoyeurs insensibles, ou encore des dizaines des moutons et de chèvres transportés en colis accrochés sur les toits de minicars (sotramas) voyageurs des régions…. Quelle torture encore pour les miettes du transport pour ces chauffeurs insensibles.
    Or, l’on sait bien combien les choses étaient naturelles et humaines : comment les troupeaux marchaient des distances en mangeant et buvant allégrement en cour de route avant d’atteindre nos abattoirs, comment le berger de garbal défalquait et conduisait à pied le bœuf a destination… etc.

    DU POINT DE VUE RELIGIEUX

    Nous sommes aussi carnivores et donc nous pouvons manger la viande, mais nous devons rester humains. Selon des textes religieux : Dieu nous a permis d’abattre certains animaux pour l’alimentation ( en protéines). Mais notre Prophète (psl) nous a instruit : «Dieu a instruit a la bonté dans toute chose… si vous devez égorger vos animaux …faites avec bonté… aiguisez bien vos lames, afin de vite reposer l’animal abattu ». Ceci veut dire quoi ? Qu’il nous faut un traitement humain …aussi que possible, jusqu’ a la dernière minute ! Quid des mauvais traitements pré-abattage que nous pratiquons insensiblement sous l’argument ignorant «de toute façon ils seront abattus bientôt » ou encore « ce sont des animaux..seulement » ? Il y a aussi plusieurs hadiths a travers lesquels le prophète (psl) aurait interdit les mauvais traitements d’animaux…par ex., de ne pas frapper; de ne pas traiter de jouet; de ne pas affamer; de ne pas surcharger; de ne pas accabler par le travail; de ne pas égorger l’un devant l’autre; de ne pas immobiliser ou lier les jambes de l’animal égorgé plutôt de lui laisser ses mouvements; de ne pas commencer à enlever la peau avant la mort définitive de l’animal etc. Or c’est bien le contraire de tout ces instructions que l’on voit de plus en plus chez nous. Alors, sommes nous musulmans ou pas ?

    DU POINT DE VUE SANTÉ PUBLIQUE, SALUBRITÉ ET ÉDUCATION DE NOS ENFANTS

    Au-delà des odeurs qui émanent (comme le déplore Adam THIAM) de ces abattages désordonnés dans nos rues, il y a aussi une possibilité a des conséquences biologiques qui peuvent entrainer des maladies. Et qu’est ce que nous apprenons à nos enfants par ces abattages spectaculaires qui n’inspirent aucune humilité ni un sens de l’honneur conféré à l’homme par le bon Dieu ? Qu’est ce que nos enfants (tenus en badauds) y témoignent si ce n’est pas l’insensibilité, le manque d’appréciation et du respect vis-à-vis de l’animal qui sert à nous nourrir et rendre joyeux nos tables ?

    CONSÉQUENCES DE MAUVAIS TRAITEMENT ENVERS LES ANIMAUX

    Il n’y aura pas de compassion venant du ciel sur ceux qui n’ont pas de compassion pour les terriens. Vérifions nos cœurs pour trouver des solutions à nos problèmes. L’Homme que Dieu a donné la conscience et le pouvoir quand il maltraite l’animal indument, il devient lui l’animal et l’animal devient l’héro et le martyr.

    L’ISLAM A LA MALIENNE

    Depuis quelques années, le Mali est devenu un pays «outlier» (isolé) avec un comportement erratique inédit. Nous sommes le pays qui jeûne et fête dans sa propre orbite chaque année… le tout basé uniquement sur le désordre et l’incivisme aigus… sous l’aval de l’une des autorités les plus laxistes au monde. C’est bien un système solaire a part. C’est une qu’une tradition de « yerè sago kè » s’installe a tous les niveaux de la société. Les maliens transforment désormais l’islam a leur guise. Pour preuve : la fête d’Aid el Fitr (Ramadan) n’est pas une fête de sacrifices rituels (d’animaux); c’est la fête de tabaski qui l’est. Mais hélas! Qu’est ce qu’on fait aujourd’hui au Mali a la fin de Ramadan? On court derrière la viande comme de vrais carnivores… on tue presque plus d’animaux et consomme plus de viande qu’en fête de tabaski. Or le mois de Ramadan est une période de spiritualité et d’auto –sacrifice (faim, soif, autocontrôle etc.) qui doit être conclue avec leçons apprises : humilité, appréciations de diverses conditions de vie, frugalité… et NON avec gloutonnerie. Pourquoi toute cette frénésie autour des tontines de bœufs, alors qu’on passe les 11 mois de l’année à manger la viande de bœuf dans nos assiettes ???

    QUI SONT LES POURVOYEURS DE CE DÉSORDRE PUBLIQUE

    Imagine que ce sont bien nos services administratifs (censés guider le reste la population) qui s’adonnent a ces pratiques dignes d’autres époques (qui encouragent les mauvais traitements et abattages désordonné des animaux dans rues). Ces services d’administration de l’état en complicité avec les services privés ont presque déjà installée une tradition de «BŒUF DE RAMADAN » au Mali. Encore, l’ISLAM A LA MALIENNE ! Une véritable hypocrisie de notre part… quand on évite d’accepter de subir les désagréments que l’apparition incontrôlable de la lune peut nous poser a la fin de Ramadan. On préfère donc faire recours à manière qui nous arrange : c’est -a dire égorger le «BŒUF DE RAMADAN » dès le 29e jour et puis imposer la fête le lendemain aux maliens, lune ou sans lune …. Encore dans notre propre orbite, dans un système solaire a part.

    SOLUTIONS

    Où sont nos députés pour agir a travers les réglementations (mode de transport et de manutention accommodé d’animaux, constructions d’abattoirs locaux professionnels dans les communes charges des abattages de périodes des fêtes, interdiction d’abattages individuels dans les rues), où sont nos prêcheurs (nos imams et pasteurs) pour dénoncer, où sont nos policiers pour sanctionner ces comportements non- civilisés dignes d’autres âges ? Il faut de lourdes sanctions contre ces pratiques qui deviennent de plus en plus insupportables…

  5. Article 118: "Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu'il est porté atteinte à l'intégrité du territoire. "

    ” nous avons mission de viser pour nos enfants et pour notre honneur. ”
    Si nous pouvons comprendre les besoins generationnels et le sens de la dignite.

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