Lettre à grand-père

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Cher grand-père…

Rip à nous tous ! Futurs morts d’accident, d’accouchement, de terrorisme, de guerre, d’ignorance, de précarité et de sous-développement. Rip à nous ! Martyrs d’impunité et d’injustice. Rip à nous tous ! Victimes d’insouciance. Rip à nous, Maliens, adeptes de la fatalité et militants du conformisme. Rip, à toutes les Maliennes. Rip aux candidates des tests de longévité dans les salles d’accouchement. Rip aux enfants morts de palu et d’infection. Rip aux victimes de manque d’hygiène.  Rip aux futures milices, djihadistes et soldats. Enfants d’aujourd’hui qui ont manqué d’éducation pour être ingénieurs, docteurs ou entrepreneurs. Rip aux futurs enlevés, attaqués et tués par des enfants qui ont manqué d’éducation aujourd’hui. Rip à nous tous ! La grande nation des Rip et des condoléances ! Pour qui  Dieu est le principal, coupable.

Oui cher grand-père ! On s’en remet à Dieu ! Peuple dormant de l’impunité et de l’insouciance. Remettons-nous à Dieu. Laissons les chauffeurs rouler à 180km/H. Tuer tous les passagers. La Compagnie ne guette que l’argent et les passagers pensent que c’est Dieu qui a tué et non le chauffeur. Remettons nous à Dieu pour les mille fois passées et les mille fois qui viendront. Dieu serait toujours là sur le banc des accusés. On le jugera coupable et le condamnera. Les chauffeurs et les compagnies peuvent continuer. On a un gros Dieu pour l’accusatoire. Ni l’état des routes  encore moins l’excès de vitesse. C’est Dieu !

Oui grand-père ! Remettons-nous à Dieu ! Lorsque la femme échoue à son test de longévité pendant un accouchement. Même si elle serait tombée entre les mains d’un stagiaire mal formé qui a examiné sur rubis sur ongle ou ses fesses. Un stagiaire recruté par un fonctionnaire médecin qui a aussi sa propre clinique. Et qui sous la fatigue du cumul de travail était absent lors de l’accouchement. Et Maman a échoué ! Et retournons mentir aux enfants et aux parents, que c’est Dieu. Oui c’est lui ! J’avais oublié ! Ce n’est ni le médecin, ni la clinique, ni le système, mais Dieu.

Oui grand-père ! Remettons-nous à Dieu avec ce cortège d’enfants victimes de paludisme et d’infection. Remettons-nous à Dieu. Même si en 2040, nous avons 20 millions de jeunes non-employables et qui s’en prendront à nos institutions et nos valeurs étatiques partout au Mali comme cela se passe aujourd’hui sous le baptême du terrorisme, du djihadisme et de la rébellion. Continuons à refuser aux enfants d’être docteurs, ingénieurs. Dans l’avenir en places et lieux des ordres professionnels, nous aurons de très belles associations de malfaiteurs et de brigands. Continuons à faire de l’éducation un luxe de l’élite. On verra où iront les élites quand tout sera sous le feu. Qu’Allah nous en préserve.

Cher grand-père ! Il faut qu’on écrive nos lettres de deuil et préfinance nos funérailles, car si nos routes sont des mouroirs, des couloirs qui mènent plus à la mort qu’à la destination, nos écoles devenues des cimetières du savoir et de la connaissance, nos salles d’accouchement, des tests de longévité alors-là, des lettres de condoléances doivent être écrite en avance.

Grand-père ! L’erreur c’est de penser qu’on est sauvé, si on peut se soigner  à Dubaï, si ses  enfants étudient au Canada et que l’on voyage par avion et non par la route de Ségou. Car le vase que remplissent,  l’impunité, l’injustice et l’insouciance, c’est un vase de guerre et jamais de paix. Qu’Allah nous en préserve ! Amine !

A mardi pour ma 109ème lettre. Mes condoléances sincères aux victimes et aux futures victimes que nous sommes !

Lettre de Koureichy

 

 

 

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