La disparition de 800 millions CFA semble donner raison aux détracteurs de l’AMO

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Le gestionnaire de l’Assurance Maladie Obligatoire, Mamadou Sinko Coulibaly est écroué. On lui reproche d’avoir détourné 800 millions FCFA.  Du moins, si l’on en croit certaines presses. Mais, en attendant le dénouement de cette affaire, en gestation, les opposants à l’AMO, qui avaient refusé les retenues sur les salaires, affirment que cette affaire leur donne raison.

L’assurance maladie obligatoire (AMO) est un dispositif de couverture du risque maladie. Elle permet à ses adhérents et leur famille de pouvoir se faire rembourser une partie de des médicaments, une partie des honoraires du médecin. Pour bénéficier de l’AMO, il faut être un fonctionnaire, un parlementaire ou un porteur d’uniforme.

L’AMO existe au Mali depuis 2009. Il va s’en dire que le chemin de l’AMO n’a pas toujours été facile. Des mécontentements suivis de grèves générales des fonctionnaires ont permis d’arrêter le retenu systématique sur le salaire de tous les fonctionnaires. Aujourd’hui l’AMO connait un franc succès auprès des populations. Elle compte plus de 800 000 adhérents à ce jour et enregistre près de 100 000 adhésions annuelles depuis deux ans. Mais, les récents soupçons de détournement de fonds, s’ils se vérifient, feront tache d’huile.

Dans une lettre ouverte datant de l’année dernière, l’ingénieur de la Statistique à la retraite, Sy Sada Diané interpellait le Directeur Général de la Caisse nationale d’Assurance Maladie (CANAM) en ces termes : « Monsieur le Directeur Général, c’est avec inquiétudes que je viens par la présente, attirer votre bienveillante attention sur les pernicieuses menaces qui pèsent sur l’AMO. Initialement desservie par une mauvaise politique de lancement, décriée et rejetée par certains, aujourd’hui l’AMO après quelques mois de prestation, suscite un formidable engouement auprès de toutes les populations maliennes », affirme l’ancien fonctionnaire et de conclure : «L’AMO, véritable organisme d’utilité publique prenant en charge une large franche de la population fragile, ne doit pas connaître le même sort que son aînée la SOMIEX. Elle mérite d’être protégée. J’en appelle à votre professionnalisme pour sauver l’AMO et la mettre hors de portée des prédateurs de tous genres et de tous acabits».

Les craintes exprimées par le retraité se concrétisent. Malheureusement, l’on craint une crise de confiance entre la Caisse Malienne de Sécurité Sociale et l’organisme gestionnaire de l’AMO. Pour sa part, Seyba Doumbia, l’agent public qui a protesté contre les retenues sur le salaire et qui, depuis lors, n’a pas rejoint l’AMO, indique que toute cette affaire d’assurance maladie est une arnaque. Pour lui, ce détournement de fonds présumé était prévisible.

 

Mamadou TOGOLA

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