ACI : La gestion de Mamadou Tiéni Konaté mis à nue par le syndicat

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A mesure que s’éloigne la gestion calamiteuse de l’ex PDG remplacé par une mission de redressement, ses fantômes surgissent les uns après les autres du gouffre ténébreux où il a plongé l’Agence de cessions immobilières au bout d’un règne opaque, récemment enjolivé par des lauriers qu’il s’est lui-même tressés lors d’un certain passage sur les ondes de Radio Kledu. Sauf que ce faisant le PDG a pris à témoin ses anciens collègues, qui ont une perception tout à fait différente de la sienne des deux années de collaboration avec lui. En atteste tout au moins un brûlot émanant du syndicat de l’ACI, qui n’a que trop longtemps circulé sous les manteaux, vraisemblablement à cause de la chape de plomb instaurée sur la liberté syndicale. Il s’agit d’un simple compte-rendu d’assemblée générale mais qui tient lieu de diagnostic sans complaisance du fleuron de l’immobilier malien sous Mamadou Tiéni Konaté. Les syndicalistes sont ainsi convaincus que la soudaine transfiguration de leur joyau résulte d’une «gestion solitaire et opaque» instaurée aux dépens des agents mais pour le plus grand confort de pratiques assez peu orthodoxes pour ne pas s’accommoder de la transparence. En clair, le document souligne à coups de dénonciations l’augmentation substantielle du salaire du PDG Konaté pendant que la société croulait sous le poids des déficits attribuables à une gabegie à nulle autre pareille. Les travailleurs évoquent entre autres l’acquisition de parcelles du patrimoine immobilier invendable de la Bank Of Africa pour 900 millions, le paiement indu de la somme de 120 millions à une agence concurrente pour avoir de son propre chef aménagé une voie d’accès au lotissement ACI de Kati Samakebougou, le paiement dans les mêmes conditions d’un autre montant de 110 millions à titre de dommages causés à un particulier dans une affaire où l’ACI avait été pourtant déclarée hors de cause par la justice. L’évasion de ressources à un débit aussi spectaculaire donne déjà une idée contours des déficits criants qui allaient contraindre l’Agence au dépôt de bilan, mais la liste des dérives n’est pas exhaustive. S’y ajoutent également une perte ou manque à gagner de 850 millions imputable à des frais d’escompte de traites émises par l’acquéreur de l’Hôtel du Mali sans compter les impayés d’1 milliard à titre de loyer dans le cadre du bail nébuleux opéré sur le Centre Commercial.

A ces récriminations d’ordre financier se greffent les d’énonciations d’ordre administratives avec autant d’implications sur le devenir et la survie économique de l’a Société. Le brûlot des travailleurs n’a donc pas passé sous silence la cession de nombreuses parcelles d’ACI 2000 et de Souleymanebougou en violation de la procédure de vente aux enchères ainsi que la délivrance frauduleuse de titres à des bénéficiâtes de parcelles n’ayant pas totalement soldée le prix de leur cession. De même s’écartent de l’orthodoxie et de la régularité, aux yeux des anciens collègues de Mamadou Tiéni Konaté, la vente d’un bâtiment administratif de l’Etat par entente directe au mépris des recommandations du Vérificateur général, puis le non-paiement des droits dus à l’Etat et ses répercussions en terme de bon-délivrance des titres et de contentieux onéreux pour l’ACI.

En définitive, un catalogue de manquements, d’indices et d’immondices accablants qui jurent avec le tableau reluisant que l’ex-PDG a dépeint de sa gestion lors de son passage à l’émission «Débat politique » de Kledu. Il nous revient par ailleurs que l’épisode est en passe de lui coûter un gênant passage sur la sellette des juges, à cause de certaines allégations jugées diffamatoires par des personnalités indexées dans ses propos.

 

A KEÏTA

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