La corruption et la délinquance financière demeurent des constantes dans notre processus démocratique. On se rappelle que le second mandat de l’Adéma a été consacré à plusieurs activités qui tendaient à redorer le blason du processus démocratique, qui, de l’avis de nombre d’acteurs politiques et de représentants de la société civile, étaient progressivement en train d’être gangréné. Les phénomènes de corruption et de délinquance financière ne sont pas nouveaux au Mali. En effet, tous les régimes qui se sont succédé au Mali ont été butés à ces pratiques pernicieuses pour le développement, même s’il s’avère difficile de savoir à quel moment elles ont été plus accentuées.
A ce sujet, les appréciations sont diverses, et ce, en fonction des affinités que les uns et les autres ont pour un pouvoir ou pour un autre. On se rappelle que sous le régime de Moussa Traoré, il avait été mis en place une commission de lutte contre l’enrichissement illicite.
DES QUESTIONNEMENTS
Aujourd’hui on s’interroge encore sur les résultats que cette commission a donnés, la pertinence de ses conclusions. Sous le régime de l’Adéma, en particulier pendant le second mandat, des voix s’étaient élevés pour dénoncer l’escalade de la corruption et de la délinquance financière. On se rappelle que le président Alpha lui même était monté au créneau pour décrier la corruption et la délinquance financière.
Au sein de l’opinion publique nationale, nombreux étaient les acteurs politiques et les représentants de la société civile à considérer cette lutte comme de la poudre aux yeux. A ce sujet, il y avait même des adages dont: seuls les petits poissons sont pris au filet de la lutte contre la corruption et la délinquance financière, les requins étaient toujours épargnés. Cela expliquait combien les uns et les autres ne croyaient pas, en son temps, à l’efficacité de cette lutte. Il y a eu effectivement des arrestations, puis des relâchements.
UNE NOUVELLE ETAPE DE LA LUTTE
Avec l’arrivée d’ATT au pouvoir, au moins structurellement, il y a eu des innovations, en particulier avec l’institution du bureau du Vérificateur général. Après sa mise en place, pendant un bon moment, il y a eu une sorte d’impatience qui s’était emparée de la population, qui était curieuse de savoir quelle serait son orientation dans le cadre de la lutte. Cela expliquait déjà que de nombreux citoyens se reprochaient des choses, sinon comment devraient-ils être pressés que le bureau du Végal démarre ses activités?
Il aura certes fallu du temps, mais le bureau du Végal est finalement à l’oeuvre depuis un bon moment et ses premières révélations n’ont pas du tout été de la poudre aux yeux, puisqu’il a mis à nu un certain nombre de dossiers sur la base d’un professionnalisme qui a surpris beaucoup de Maliens. On peut dire qu’il a déniché et disséqué des dossiers qui comptent parmi les plus brûlants dans le cadre de la gestion des affaires publiques.
DES DOSSIERS PASSES AU CRIBBLE
Parmi ceux-ci, on peut citer les irrégularités constatées dans la gestion des dossiers au niveau du service de la douane, des détournements de fonds en zone Office du Niger de Niono d’un montant de 500 000 000 de francs CFA. Avant cette récente révélation, le bureau du Végal a eu du mal à contrôler la gestion de certaines sociétés privées au Mali dont les promoteurs ont opposé une résistance à ses visites dans les services privés, arguant que cela n’était pas de son ressort.
Malgré les tractations du Conseil National du Patronat, il reste entendu que le Végal a effectivement compétence à vérifier la moralité de la gestion même dans les entreprises privées qui bénéficient des subventions ou des marchés publiques. Visiblement cela n’arrange pas du tout nombre d’opérateurs économiques du pays qui vivent surtout des marchés publics.
Le Végal continuera dont sa recherche et ce, à tous les niveaux afin d’appuyer les efforts du pouvoir ATT dans le cadre de la lutte contre la corruption et la délinquance financière pour qu’au bout du compte on ne dise pas que sa lutte contre la corruption et la délinquance financière a aussi été de la poudre aux yeux.
Moussa SOW