Gouvernance : Un accord politique qui divise !

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Après de multiples tractations, le nouveau Premier ministre, Boubou Cissé, est parvenu à obtenir son premier trophée, sous la forme d’un Accord politique qu’il a signé, le 02 mai dernier, avec certains acteurs politiques de la majorité et de l’opposition. Mais, ce document est loin de faire l’unanimité au sein de la classe politique. Plusieurs partis politiques réunis au sein du Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD) ont rejeté l’Accord.

Le 02 mai 2019, une partie de la classe politique, favorable à l’Accord politique issu de la synthèse de diverses propositions, s’est réunie pour sa signature officielle et solennelle dans la grande salle de conférence de la primature. Etaient tous présents, certains leaders religieux, des représentants de la société civile, des chefs coutumiers et d’autres acteurs politiques.

Concernant l’esprit de cet Accord politique, au-delà des engagements, il est dit dans son article 18, le dernier du document, que : «La signature du présent Accord est l’expression de l’adhésion au principe du dialogue politique inclusif dans l’intérêt supérieur de la Nation malienne et la recherche, dans une démarche participative, des solutions de sortie de crise». En clair, cet Accord est un engagement de chaque signataire à apporter ses propositions dans le dialogue politique inclusif que le nouveau gouvernement doit organiser. En somme, ce dialogue politique doit être la première priorité dès la formation de la nouvelle équipe gouvernementale. Le dialogue sera organisé conformément aux propositions faites par chaque partie signataire qui concernera tout son processus. Les thématiques issues des différentes propositions de toutes les parties seront celles qui seront discutés au dialogue national. Toutefois, la question portant sur les réformes intentionnelles et plus précisément la révision de la constitution du 25 février 1992 y figureront directement.

Ce sont une dizaine de partis et de regroupements qui ont tous signé ce document préalable à la gestion prochaine du pays par la nouvelle équipe qui sera conduit par le Dr Boubou Cissé.

Parmi les signataires se trouvent des partis de l’opposition comme de la majorité. Dans l’opposition, du côté du FSD et de la COFOP qui cheminent ensemble, ont signé le PARENA, le PSP et le PDES, et le CODEM. Du côté de la majorité, l’ensemble des partis membres de l’EPM (Ensemble Pour le Mali) ont tous signé via leur président, le Dr Bokary Tréta. Certains politiques, qui ont une position centrale notamment, le parti Yelema, la Coalition CMD (Coalition Malienne pour le Changement) qui regroupe plusieurs partis politiques, dirigée par le Dr Cheick Modibo Diarra fut la dernière formation politique à signer le document le 03 mai.

Les grands absents furent des partis de l’opposition comme l’URD, le FARE, le CNID, le MPR et l’ADP-Maliba.  La position de l’URD a été expliquée par l’Etat-major du parti et sur le site officiel de son Président Soumaïla Cissé. Ainsi, le parti a décidé de « n’entamer aucune démarche qui pourrait aboutir à l’accompagnement du nouveau gouvernement dans sa mission comme membre ou soutien. Cet acte lui exigerait d’abandonner son statut de leader de l’opposition politique, statut auquel il accorde toujours une importance majeure pour apporter sa contribution au bon fonctionnement de notre démocratie ».  Certains autres partis, comme le CNID, le FARE, le MPR ou le SADI ont purement et simplement rejeté l’accord pour des raisons qui diffèrent d’un parti à un autre.

Quant au nouveau Premier ministre, le Dr Boubou Cissé, qui a signé au nom de la partie gouvernementale, il s’est dit très satisfait de cet acte historique qui est un grand pas pour le pays dans la réunion de tous ses fils et filles pour une sortie de crise durable qui apaisera notre pays comme le souhaite tous.

Ousmane Dembélé

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