Le capitaine Sanogo et Cheick Modibo Diarra : La fin d'une complicité

18 Oct 2012 - 03:55
Mis à jour: 14 ans
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Après l'idylle entre le chef du putsch du 22 mars 2012 et l'ex-navigateur interplanétaire malien, l'heure est à un climat de déceptions successives. Le capitaine Amadou Haya Sanogo voyait en Cheick Modibo Diarra le messie pour une pseudo-renommée internationale qu'il s'est forgée dans quelques laboratoires au pays de l'Oncle Sam. Le capitaine, qui a renversé le régime du président Amadou Toumani Touré, avait quasiment déifié le savant de Ségou. Le bouillant officier pensait que Cheick Modibo Diarra est doté de capacités exceptionnelles lui permettant de faire un miracle dans un Mali en crise. Peine perdue. La désillusion est aujourd'hui grande du côté de Kati. Surtout que le Premier ministre a fini par prendre toutes ses distances vis-à-vis de celui qui l'a imposé. Ce qui dérange au sein du QG de l'ex-junte.

L’histoire retient que c'est le chef de l'ex-junte, le capitaine Amadou Haya Sanogo qui a imposé l'ex-interplanétaire de la Nasa, Dr Cheick Modibo Diarra comme Premier ministre au Mali après le malheureux coup d'Etat du 22 mars 2012. En effet, le capitaine Sanogo voyait en Cheick Modibo Diarra le messie à cause de la renommée internationale de celui-ci. Le capitaine avait une confiance aveugle en l'ex-navigateur interplanétaire de la Nasa.

A ce sujet voici une anecdote qu'un membre du club du défunt CNRDRE nous a rencontré : "un soir au cours d'une causerie intime bien arrosée au QG de la junte à Kati, le capitaine Sanogo a soutenu mordicus que le président américain, Barack Obama ne va pas au lit sans appeler Cheick Modibo Diarra". Histoire de faire comprendre à ses compagnons qu'avec  l'ex-navigateur interplanétaire de la Nasa, le Mali va très vite se tirer d'affaires, retrouver la confiance perdue auprès des partenaires techniques et financiers pour la reconquête du nord. En  son temps, des rumeurs circulaient à Bamako que les Américains allaient envoyer des drones pour anéantir les bandits terroristes confortablement installés au nord du Mali à la faveur du tristement célèbre coup d'Etat du 22 mars 2012. Vous connaissez, sans doute, la suite qui est un secret de polichinelle.

Le tandem capitaine Sanogo-Cheick Modibo Diarra était devenu si puissant que les forces vives du Mali ont assisté impuissamment à la formation d'un gouvernement bancal, en violation flagrante de l'Accord-Cadre du 6 avril 2012, composé exclusivement des proches des deux complices, imposés au président intérimaire, Dioncounda Traoré, un homme sans toupet.

Il a fallu que les partis significatifs du Mali saisissent la CEDEAO pour que celle-ci mettent la pression sur Cheick Modibo Diarra pour qu'il accepte la formation d'un gouvernement d'union nationale. Même là, le Premier Cheick Modibo Diarra a continué à défier le président Dioncounda jusqu'à irriter le capitaine Sanogo, "l'homme fort" du Mali. Selon notre confrère "Jeune Afrique" dans son dernier numéro, le n°2701 du 14 au 20 octobre 2012, "le chef des putschistes était ulcéré" quand Cheick Modibo Diarra interrogé par la presse lors de la commémoration de ses cent jours à la primature sur l'éventualité de sa démission réclamée par certains regroupements politiques, a déclaré qu'il ne sait pas à qui il doit remettre sa démission s'il devait démissionner.

Pour le capitaine Sanogo, Cheick Modibo a oublié que c'est à lui qu'il doit sa nomination. Un fait qu'il ne pardonne pas au Premier ministre qui avait commencé à prendre ses distances avec le capitaine, car il ne venait plus le consulter ou lui faire des comptes-rendus. Pour tout dire, "le Premier ministre de pleins pouvoirs" Cheick Modibo Diarra s'est affranchi de la tutelle du "président Sanogo" (sic) et, à Kati, on n'apprécie pas cela. Peut-être, c'est ce qui a fait que le capitaine Sanogo a tenu le gouvernement Cheick Modibo responsable de l'immobilisme.

Au cours d'un entretien avec la presse sélectionnée dans le QG de l'ex-junte, le capitaine Sanogo a clairement déclaré que l'actuelle équipe gouvernementale n'a rien fait pour l'armée au sujet du blocage des armes au port de Conakry. L'aversion que le capitaine Sanogo a pour le Premier ministre Cheick Modibo Diarra ne s'arrête pas là. Car, depuis un certain temps, nous assistons à des sorties musclées via la presse des partisans du premier contre le second.

Ainsi, les amis du capitaine Sanogo réclament aujourd'hui la démission du Premier ministre Cheick Modibo Diarra pour avoir lamentablement échoué dans sa mission de faire libérer le nord et d'organiser des élections libres, transparentes et crédibles. Ils lui reprochent à travers des conférences de presse, meeting et marches de jouer au temporisateur en divertissant le peuple avec des problèmes moins sérieux tels l'affaire des faux diplômes, celle du recrutement à la fonction publique, de l'audit des institutions de la République dans le seul but secret de se maintenir au pouvoir. C'est dans cette optique qu'il s'est lancé dans une opération de placement des cadres de son parti, le RpDM dans les rouages de l'Etat. D'ailleurs, le chef de Cabinet du ministère de l'Agriculture, Moussa Alassane Maïga, cadre et militant bon teint du parti du Premier ministre, aussi bien que son ministre Yaranga Coulibaly, n'a-t-il pas soutenu lors d'une réunion de Cabinet qu'ils ont plutôt besoin de cadres loyaux que de cadres compétents pour faire leur travail. Ce qui est clair.  Au RpDM, on se sert de l'Etat pour donner une base au parti. C'est pourquoi, depuis un certain temps, des indiscrétions faisaient état de l'ouverture des postes de PDG de l'Office du Niger, de DG des Offices riz Ségou et Mopti et ceux de l'ODRS (Office de développement rural de Sélingué) et de l'OPIB (Office du périmètre irrigué de Banguinéda) à des récompenses politiques. Le ton de cette opération de placement des cadres du parti du Premier ministre avait été déjà donné à travers un grand chamboulement au Cabinet du ministre de l'Agriculture. Quand les partisans du capitaine Sanogo réclament le départ du Premier ministre Cheick Modibo Diarra, cela veut dire que c'est la fin de la complicité entre les deux hommes. Ainsi, les choses se compliquent pour le chef du gouvernement qui se trouve également en porte-à-faux au sujet de la gestion de la crise au nord avec le Haut conseil islamique auquel il doit son maintien à la tête de l'équipe gouvernementale lors de la formation du gouvernement d'union nationale. Motif : le Premier ministre Cheick Modibo s'oppose à des négociations ouvertes avec les salafistes initiées par le Haut conseil islamique.                                                                                                                                                                                               Alassane DIARRA

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Commentaires (49)

User
Massaye
Massaye 14 ans
De qui se prend le capitaine Sanogo ? Ou il reste le président de la transition, là le premier ministre,CMD, doit lui rendre de comptes, soit, il est rentré dans sa caserne de Kati , il n'est plus un acteur politique, alors, ni le président, ni le PM ne sont tenu à lui rendre compte. Il faut que les autorités politiques règlent cette ambiguïté d'un pouvoir à trois têtes, sans cela, il n y aura pas de visibilité . De toute manière, tous les Maliens savent que le pouvoir politique se trouve entre les mains du capitaine Sanogo . En prenant ses responsabilités, je ne vois pas pourquoi le PM ne s'affranchi pas du capitaine , même, s'il lui doit sa nomination ?
COPAM
COPAM 14 ans
Bonjour à tous, Je me demande à quand la fin des ragots dans les journaux maliens, encore le journal l'indépendant fait parler de lui dans le mauvais sens. Ce journal est plus que dépendant! C'est un journal sous perfusion du FDR. J'avais votre journal n’apprécié un acte posé par ce GOUVERNEMENT, tout est critique comme ces rédacteurs étaient morts sous ATT. Ce monsieur "Alassane" mérite d'être pendu pour incitation à la haine et propos calomnieux. A supposer que le capitaine aurait imposé le PM mais en quoi le PM devrait remettre sa démission au capitaine. Monsieur ayez un peu de dignité dans vos écrits.
mali will survive
mali will survive 14 ans
le chien aboie la caravane passe. ns somme dans le trou de griot president aujourd'hui ki es att homme sans dignite, ke Allah nous sauve
Bourema KONE
Bourema KONE 14 ans
Je fais miennes ces recommandations du FDR et voudrais ajouter que le premier ministre et le capitaine sanogo qui ne sont plus en phase cherchent chacun de son coté le pouvoir. Ni l'un ni l'autre n'ont pas accepté que la transition soit dirigée par le President TRAORE. Le Capitaine SANOGO, à travers la COPAM et le brigand de Nioro du sahel, je veux dire le narco trafiquant soit disant marabout cherif, cherche à créer un parti ou il pense briguer la magistrature, voila pourquoi le ministre Sinko COULIBALY est à l’œuvre pour nommer des gouverneurs et préfets militaires pour manipuler les résultats. De l'autre coté le premier ministre cherche à miner l'administration malienne à travers ses pions pour les prochaines joutes électorales. Aussi les maliens se rendront compte dans les mois à venir que ces deux personnalités sont des apatrides mus par le gain facile. Ils ont des points communs à savoir l'alcool et les fesses. Je voudrais donner un conseil au président DIONKOUNDA: de faire très attention car la communauté internationale et le peuple malien lui ont confié une lourde responsabilité à lui de s'assumer. Il faut remettre en place le régiment para pour mater cette bande de Kati sinon le mali risque de connaitre la guerre civile.
1FILSDUMALIBA
1FILSDUMALIBA 14 ans
Arretons de rever, le baton magic n'existe pas et en plus je vois pas si les choses allaient changer avec UN X,Y ou Z car nous ne sommes pas capable de former UN tout. Meme si l'Ange Gabriel descend et nous suffle a tous et toutes a l'oreille que la seule est S, il y aura toujours des tiraillements et dissidents. Donc continuons a rouler avec une notre 2cheveaux.
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