Mali: La convention nationale à risque, suscitant la méfiance des uns, et souhaitée par d'autres (Analyse)

18 Août 2012 - 06:08
Mis à jour: 14 ans
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[caption id="attachment_82166" align="alignleft" width="350"] Cheick Modibo Diarra est Premier ministre depuis le 17 avril 2012.[/caption] Prônée par certains, mais à éviter pour d'autres, la concertation nationale qui s'annonce au Mali à un moment où le pays est scindé entre différents groupes armés (Ansar Dine, MUJAO, AQMI, MNLA) au nord et disputé entre différents courants politiques (pro-putschistes, anti-putschistes) et religieux au sud, risque d'être une poudrière au lieu d'être le gage de la stabilité tant recherchée par un pays dans la tourmente depuis le 17 janvier 2012. Sa tenue dans le contexte actuel comporterait le risque d'un embrasement du climat sociopolitique au Mali. Un tel scénario à éviter à tout prix. Les termes de référence de cette convention nationale, qui seront élaborés par une équipe technique mis en place par le Cabinet du Premier ministre malien de la transition, seront-ils acceptés par tous les regroupements politiques maliens ? Une décision de la primature a créé le 15 août, un Comité technique chargé de l'élaboration des termes de référence de la convention nationale. Cette même décision a donné la composition dudit Comité, et en a nommé les membres avec comme président le Dr Adama Traoré membre de la Coordination des patriotes maliens ( COPAM) qui est un regroupement des pro-putschistes. Le rapporteur du Comité est du regroupement « IBK-Mali 2012 » Les autres membres sont : 1 du Comité militaire de Suivi de la Réforme des forces de défense et de sécurité ; 2 du Haut conseil islamique du Mali (HCIM) ; 1 du Cadre de concertation des femmes des partis politiques ; et un expert dont la provenance n'a pas été précisée par la décision. Le secrétariat du Comité est assuré par le Cabinet du Premier ministre, précise la décision. Dans cette composition on remarque l'absence des regroupements de l'Alliance des démocrates patriotes pour la sortie de crise (ADPS), du Coalition pour sauver le Mali ( CSM), du Front uni pour sauver la république et la démocratie (FDR) . Cependant, on note la présence remarquée et pesante du Haut conseil islamique, à un moment où est craint le risque d'une instrumentalisation de l'Islam pour lui faire jouer un rôle politique. Toutes les forces vives maliennes auront-elles la possibilité de participer à cette convention qui se veut nationale et qui va être tenue à un moment où des composantes de la population malienne sur plus des deux tiers du territoire, se trouvent prises en otage par des groupes armés et risquent d'être les exclus de cette convention nationale, alors qu'ils ont leur mot à dire dans la construction nationale, au même titre que les populations du sud sur seulement un tiers du territoire national. En outre, plus de 436 000 déplacés maliens dont 261.624 réfugiés enregistrés dans les pays voisins par le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) et 174.000 Maliens déplacés internes, pourraient ne pas avoir voix au chapitre, dans cette conférence qui devrait rassembler toutes les composantes du Mali. A noter que la Convention nationale convoquée pour la première fois par le président du Comité National pour le Redressement de la Démocratie et la Restauration de l'Etat (CNRDRE), le capitaine Amadou Haya Sanogo, a été reportée par deux fois. Initialement prévue pour le 5 avril 2012, afin de résoudre les problèmes de la transition, notamment celui des organes de la transition et du président de la transition, elle a été reportée la veille pour insuffisance de préparation. Elle sera à nouveau annoncée pour le 21 mai, mais un accord intervenu entre la CEDEAO et le CNRDRE a permis au président par intérim Dioncounda Traoré, de continuer après la période d'intérim de 40 jours à partir de la signature de l'accord cadre du 6 avril 2012, et a consacré le retrait de la scène politique, du capitaine Amadou Haya Sanogo, en lui accordant le statut d'ancien chef d'Etat. Mais les partisans du coup d'Etat n'ont pas renoncé à la tenue de la convention le 21 mai, où une manifestation populaire se termina dans l'agression du président Dioncounda Traoré dans ses bureaux du palais de Koulouba. Le président est retourné à Bamako, le 27 juillet après deux mois de traitement à Paris, et s'attèle à la formation d'un gouvernement d'union nationale. La question, c' est : le moment est-il bien choisi pour une convention nationale.   Publié le 2012-08-18 09:50:10 | French. News. Cn

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Commentaires (22)

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lalumiere
lalumiere 14 ans
Comment peut on parler de convention nationale en ce moment, le Mali n'est même pas une Nation aujourd'hui? Ceux qui doivent défendre l’intégrité du pays chient sur le Mali. La convention nationale est une mascarade d'un petit groupe de personnes pour enfin se hisser au pouvoir et créer plus de divisions en se donnant une soi disante crédibilité. C'est çà la vérité!.
adamis
adamis 14 ans
nous n'avons pas besoin de convention national avec plus de 200 associations partis politiques animé par des vas ten en guerre qui ont un projet bien connus de tous maintenir le sud bloquer pour retarder toutes décision d'envoyé les militaires aux nord et agressé encore le président ou le contesté pour tous simplement exister une fois le gouvernement d’union national connue son 1er conseil de ministre doit être que sur la préparation de la reconquête du nord avec ou sans la communauté international tous le reste peut attendre nous allons nous réunir en convention pour sortir encore plus divisé que jamais car les positions sont diamétralement opposé pour s’entendre sur quoi que sois pas de conventions national avant la libération des régions nord après nous tous nordistes et sudistes parlerons de ce qui doit être fait pour éviter pareil situation humiliante pour tous le mali :roll: :lol: :roll:
Diakité
Diakité 14 ans
Un démocrate,un vrai, ne peut avoir peur d'une convention souhaitée par, au moins une partie du peuple. Ne souhaite point cette grande parole que ceux qui se reprochent quelque chose. Le Mali est plus important, que tout et il s'agit de parler du Mali.Point final
colonel
colonel 14 ans
Arrêtons de raconter du n'importe quoi.Comment peut-on organiser une convention nationale alors que le nord est occupé par des islamistes. Quant on parle de "nationale",on parle de tout un pays.Pensez-vous que le Mali se limite qu'à Bamako seulement. Alors tant que le Nord n'est pas libéré arrêter de nous casser les oreilles pour une convention nationale sinon comment le nord va participer en grande dignité.
Abou D. TRAORE
Abou D. TRAORE 14 ans
Honnetement l'approche "Who Is Your Daddy?" semble etre bonnie car beaucoup de ceux qui se considerent comme des leaders du Mali sont plutot des ennemis de ce pays; si non aucun citoyen digne ce nom ne peut pas voir ce pays dans son etat actuel et a pense a autres choses plutot la liberation du nord. L'erreure de ATT, des politiques, des parlementaires et de la hierarchie militaire et meme de la population a ete la negligence du probleme du nord au profit des elections qui tout le monde le sait (temps de guerre) relevaient de l'absurdite et de l'irresponsabilite pure et simple. L'individu doit tirer des lecons de ses erreurs mais s'il est incapable de faire ca, cela releve de l'ignorance. Maintenant tout le monde a la langue deliee, tout le monde veut etre president ou membre du gouvernement. C'est pourquoi les energies sont vocalisees sur le desir du gain personnel plutot que l'interet general. POURQUOI UNE CONVENTION NATIONALE MAINTENANT? POURQUOI? POUR PASSER DES JOURS A S'INSULTER ET A GASPILLER DES RESEOURCES DE L'ETAT POUR SON ORGANISATION. LES MEMES BETISES ET ENTETEMENTS QUI ONT CONDUIT A LA SITAUTION ACTUELLE. En plus il est grand temps que nous maliens nous nous debarrassions d'une certaine arrogance mal placee et d'une certaine fierte destructrice. Nous devons aussi beaucoup faire attention quand on accuse les gens. "Ko ni iye i djougou tjaya i gniw be dogoya."
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