MORT IMAGINÉE DE DIONCOUNDA TRAORÉ: LES COUPABLES SUR LA SELLETTE

Pour se donner bonne conscience, à la suite d’un avis de condoléances précipité et largement relayé par les médias, le Rassemblement Pour le Mali, parti du Président de...

10 Août 2006 - 11:07
10 Août 2006 - 11:07
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Pour se donner bonne conscience, à la suite d’un avis de condoléances précipité et largement relayé par les médias, le Rassemblement Pour le Mali, parti du Président de l’Assemblée Nationale Ibrahim Boubacar Keïta, n’a eu d’autre choix que d’adresser, par voie de presse, une excuse mi figue mi raisin à une opinion qu’il a contribué à désinformer, ainsi qu’aux familles (politique et filiale) du ‘vivant défunt’ auxquels il a causé du tort. En attendant, bien sûr, les mesures répressives de la part d’IBK qui, selon toute vraisemblance, est déterminé à appliquer la rigueur punitive aux coupables de la bévue.
a disparition prématurément annoncée du Président de l’Adéma-PASJ, notamment par le BPN-RPM, continue de faire des vagues dans les milieux politiques maliens. C’est en effet pendant les journées du vendredi et du samedi que des folles rumeurs sur le décès de Dioncounda Traoré, réellement évacué en France pour des raisons de santé, ont envahi Bamako. Vérification faite, il apparaît, selon toute évidence, que la fausse information avait été distillée dans les esprits depuis l’Hippodrome où siège le parti du Président de l’Assemblée Nationale, lequel séjournait également à l’étranger pendant le déroulement des faits. Aujourd’hui encore l’opinion - à commencer par les Adémistes qui n’en tiennent pas forcément rigueur au RPM - s’interroge sur les circonstances ayant concouru à pareille légèreté coupable. Et pour cause. Comment est-ce possible qu’une formation se prenant au sérieux comme le RPM, sur la base d’informations encore non recoupées auprès de qui de droit, pousse-t-elle la discourtoisie jusqu’à tuer le président d’une autre formation par la présentation publique de condoléances ? La stupéfaction et les suspicions sont d’autant légitimes que les responsables du parti d’IBK, selon des sources concordantes, voulaient même en découdre, une fois de plus, avec les agents de l’ORTM pour un excès de prudence que le BPN avait toujours prise pour une impartialité, voire de l’ostracisme à l’égard du redoutable contrepoids politique. Et force est d’admettre que n’eut été cette tendance à la retenue considérée à tort comme une rétention, voire une volonté délibérée de reléguer le parti du 30 Juin au boisseau, la bourde des membres du BPN aurait sans doute beaucoup plus gagné en ampleur. Nonobstant, la même instance dirigeante du Rassemblement Pour le Mali trouve encore de reproches à faire au RPM. Dans l’énoncé de son avis d’excuse publié dans le Républicain du mardi, le BPN n’a pu se passer d’un passage où il exprime son étonnement (son indignation ?) de voir dans la presse un communiqué qu’il avait pourtant retiré du circuit de l’ORTM. Soit dans les mêmes proportions que Soumaïla Cissé dont une correspondance confidentielle, entre les deux tours de la présidentielle 2002, avait fini également sur la place publique. Qu’à cela ne tienne, à ne retenir dudit communiqué que la partie consacrée aux excuses, on ne peut s’empêcher de rappeler aux camarades de Bocari Tréta, qui disent n’avoir aucun intérêt dans la mort de Dioncounda Traoré, que leur secrétaire général se devait d’ajouter que ceux-là qu’il accusait en son temps d’avoir tué Kadari Bamba n’avait aussi aucun intérêt dans un homicide du genre.
En définitive, la faute est trop grossière pour émaner du Rassemblement Pour le Mali, une formation dont la rigueur avec les autres lui aurait commandé beaucoup moins de tolérance que l’Adéma dans pareilles circonstances. C’est peut-être pour cette raison que le Président du parti affiche une détermination à nulle autre pareille à punir la négligence coupable de ses camarades par des mesures répressives. Puisque le genre de procédure ne nécessite pas de passer par les instances du parti, IBK, dès son retour du Gabon où il séjournait, a pris directement sur lui de convoquer tous ceux-là qui de près ou de loin ont une responsabilité dans le canular de communiqué de condoléances en son nom. C’est ainsi que dans la journée du lundi les camarades du Président de l’Assemblée Nationale figuraient en nombre conséquent au rang des multiples demandeurs d’audience qui se bousculaient au portillon de son bureau. On y dénombre, entre autres, Boubou Koïta que nos sources désignent comme étant le principal véhicule de la fausse nouvelle, puis le secrétaire général adjoint du BPN et non moins directeur de cabinet d’IBK. Seydou Nourou Keïta, puisque c’est de lui qu’il s’agit, risquerait même une perte définitive des fonctions qu’il occupe auprès du tout puissant président du RPM.
 
  1. Keïta