Transition au Mali : Le pouvoir à l’épreuve des grèves !

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Le ciel de la transition au Mali est chargé de nuages. La météo sociale annonce une tempête de grève. Moins de deux mois après l’avènement de la transition, des syndicalistes sont déjà sur le pied de guerre. Et les débrayages prennent du volume. Plusieurs syndicats dont l’Union Nationale des Travailleurs du Mali( UNTM), la principale centrale syndicale du pays, se préparent à sonner le glas de la période de grâce.

Le défunt régime d’IBK connaît le tsunami syndical et ces flux et reflux sociaux qui ont fait tanguer, à  plusieurs reprises, sa barque. Le style d’IBK n’a pas toujours accouché du dégel. La transition ne semble pas échapper à l’arme fatale des syndicalistes : la grève. Les administrateurs civils, cheville ouvrière de l’administration, après avoir observé 15 jours de grève, ont entamé une grève illimitée hier, lundi 9 novembre 2020. Cette décision des syndicats (le Syndicat autonome des Administrateurs civils (SYNAC), le Syndicat libre des Travailleurs du Ministère de l’Administration territoriale (SYLTMAT), le Syndicat national des Travailleurs des Collectivités territoriales (SYNTRACT) et le Comité syndical des Agences de Développement régional (CS-ADR) de l’administration civile intervient après l’échec des négociations, le 06 novembre 2020, entre la partie gouvernementale et la partie syndicale. Sur les 11 points que comporte le cahier de charge, deux points ont fait l’objet d’accord, 2 points d’accord partiel et 7 points de désaccord. Ces syndicats exigent tous, l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents à travers l’augmentation des primes et indemnités, le renforcement de sécurité des représentants de l’État et bien d’autres revendications.

L’enseignement supérieur aussi est perturbé par les grèves du Syndicat National de l’Enseignement Supérieur. Après une grève de deux jours, les 3 et 4 novembre dernier, les enseignants du supérieur commencent un arrêt de trois jours à partir de ce mardi 10 novembre 2020.

La synergie des sections syndicales des surveillants de prison a aussi adressé, le 02 novembre 2020, un préavis de grève de 4 jours, au ministre du travail et de la fonction publique, porte-parole du gouvernement. Les syndicats des surveillants de prison, au nombre de trois, exigent non seulement l’application de l’article 148 de la loi n°2016-031 du 07 juillet 2016 portant Statut des Fonctionnaires du Cadre de la Surveillance des Services Pénitentiaires et de l’Éducation Surveillée, mais aussi la relecture du décret n°2019-0463/P-RM du 03 juillet 2019 portant allocation d’une indemnité de logement aux fonctionnaires du cadre de la surveillance des services pénitentiaires et de l’éducation surveillée pour l’aligner au montant des autres forces de sécurités. A défaut d’avoir gain de cause, les surveillants de prison menacent d’observer une grève de 4 jours à compter du 17 novembre 2020.

L’UNTM, la principale centrale syndicale, dans la danse

Le 2 novembre dernier, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), la première et la plus grande centrale syndicale du Mali, a déposé un préavis de grève de trois jours à partir du 18 novembre prochain. L’UNTM exige du Gouvernement, le règlement des droits des Compressés et des Partants Volontaires à la Retraite, l’octroi d’indemnités et de primes de spécificités par catégories à tous les fonctionnaires de façon équitable, l’application des mesures pour la réduction de la cherté de vie non respectée par les marchands, la relance du chemin de fer, l’ouverture de concours de recrutement de 20000 diplômés dans la Fonction Publique de l’État avant le 15 décembre 2020, l’intégration définitive des Enseignants communautaires dans la Fonction  Publique des collectivités, la restauration de la sécurité et de l’intégrité territoriale, la participation des syndicats et la mise en place du Conseil National de la Transition (CNT) avant le 15 novembre 2020. «Si les exigences ainsi formulées sont restées lettres mortes, le Bureau Exécutif engage à tous les démembrements à observer une grève de 72 heures allant du mercredi 18 novembre au vendredi 20 novembre 2020 sur toute l’étendue du territoire », révèle le préavis de grève de l’UNTM, dirigée par Yacouba Katilé. Ce dernier met en garde le pouvoir actuel : « Nous arrêterons tout simplement de travailler, de produire jusqu’à ce que les mauvaises politiques, les mauvais dirigeants soient écartés.»

Quelle sera la réaction du pouvoir face aux salves des grèves ? Moctar Ouane, le chef du gouvernement du Mali, a -t-il des arguments pour dégonfler le ballon gréviste ? Une chose est certaine : l’agenda des grévistes est fourni et les nouvelles autorités devraient nager sur des vagues et chercher l’accalmie.

Madiassa Kaba Diakité

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1 commentaire

  1. Ce comportement des syndicats du Mali n’est qu’une réaction sur la posture des militaires dans la gestion de cette transition avec l’exclusion des acteurs les plus indiqués pour la bonne marche de cette étape très importante pour l’avènement de la quatrième République. Comment peut-on exclure les entités les plus importantes dans un tel exercice complexe, compliqué et difficile? Décidément le ridicule ne tue pas avec ces militaires, ils sont inqualifiables, personne n’a de terme qu’il faut pour les caractériser à justice titre. Ce qui reste certain, avec ces multiples grèves contre ce régime de transition, aucun résultat palpable ne serait visible dans les 18mois à venir, ces multiples soulèvements syndicaux sont des indices remarquables pour détruire cette transition, cela à juste titre, car exclure les syndicats d’une transition veut dire qu’ils ne représentent rien pour le développement du pays, alors que cela est une fausse assertion. Comment ces militaires réfléchissent? Ils sont formés pour défendre le territoire national en donnant sécurité et quiétude aux populations afin qu’elles vaguent à ses activités pour faire vivre le pays, au lieu se mettre dans cette posture, ils prennent la part du loup dans cette transition en donnant aux civiles la portion congrue, quel comportement bizarre et irréfléchi? Alors que le pays est bondé de cadres civils capables de diriger correctement cette difficile phase pour propulser le pays vers une bonne quatrième République? Très chers militaires ressaisissez-vous rapidement pour sauver ce pays du marasme qui pointe à l’horizon.

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