Elections de 2007 : Les craintes de Mountaga Tall

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2007 est une année cruciale pour le Mali à cause des élections qui vont s’y tenir. Mais cette perspective, même si elle enchante Me Mountaga Tall, président du parti CNID, est la source d’une grande inquiétude qui ne dit pas son nom chez ce responsable politique.rn

Profitant de la présentation de ses voeux de nouvel an à la presse, Maître Mountaga Tall tint un discours dont l’exégèse montre la gravité de ses préoccupations. "En effet, des élections présidentielle et législatives sont prévues dans de nombreux pays dont le Mali. Nous souhaitons ces élections sereines et pacifiques", dit-il. Tant que le président du CNID, en qualité d’un des pionniers du mouvement démocratique parlait ainsi, il n’y aurait pas de quoi penser que les prochaines élections lui donnaient quelques soucis.

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Poursuivant son commentaire sur lesdites élections, Me Tall dévoile ses appréhensions. "Mais ce que nous observons nous inquiète à plus d’un titre", affirme-t-il avant d’ajouter que l’un des premiers exemples est que le débat vole de plus en plus bas. "N’est-il pas en effet surréaliste de voir un débat présidentiel commencer par l’année d’acquisition de telle ou telle voiture ou par des manquements incompréhensibles aux règles élémentaires de courtoisie qui ont toujours prévalu entre les acteurs politiques maliens ?", s’interroge le président du CNID. Dans son diagnostic du malaise politique, Me Tall a tenu surtout à prescrire une sorte d’ordonnance à certains de ses pairs. "Ensuite les repères démocratiques se perdent. […]

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Comment comprendre qu’en lieu et place d’un programme politique, l’on ramène un débat présidentiel à l’élaboration d’un argumentaire pour justifier une éventuelle défaite électorale", s’indigne Mountaga Tall. Cette assertion est une pierre dans le jardin du RPM, même si le président du CNID a fait l’économie de ne pas nommer ce parti. Mais la logique de l’orateur est, on ne peut plus, claire car il estime que ceux dont il parle pensent qu’"il n’y a d’élection que parce que l’on peut perdre ou gagner". Pour le président du CNID rien n’est plus dangereux pour la paix que l’assertion suivante : "Je gagnerai les élections. Et si l’autre gagne, c’est parce qu’il aura fraudé". Afin d’être davantage formel dans sa déclaration, Me Tall ajoute : "n’importe quel observateur de la classe politique sait que cette logique se développe. Et le faire croire aux militants serait préparer le lit de la violence".

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S’agissant du soutien de son parti au Président de la République, le patron du CNID pense que l’intolérance se développe de la part de ceux qui ne souhaitent pas entendre parler de la question. "Nous comprenons ceux qui refusent d’assumer leur propre bilan. Mais que nul ne pense pouvoir nous imposer un remaniement. Car encore une fois, nous disons que c’est notre honneur d’assumer ce que nous avons fait ensemble. Nous aurions pu faire autre chose comme par exemple nous démarquer et nous positionner. Mais cela aussi, l’honneur nous aurait commandé de le faire au moins dix huit mois avant les élections […] Et nous aurions assumé l’opposition pendant ce temps comme nous l’avons fait en d’autres temps", s’est défendu Me. Tall.

rnSoumaïla T. Diarra

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