Présidentielle Malienne : Ministres cherchent place dans la campagne

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Alors même qu’ils doivent observer une stricte neutralité, les membres du gouvernement Pinochet battent ouvertement campagne pour le président candidat. Depuis cinq ans, nous assistons à la mise à mort programmée de notre démocratie devenue une marionnette entre les mains d’ATT.

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Les ministres sont chargés, au sein du gouvernement, chacun en ce qui le concerne, de conduire la politique de la nation. Ils détiennent dès lors une position centrale dans la vie de la nation, notamment par leur double fonction administrative et politique. Ces deux fonctions pourtant ne sont-elles pas appelées, du fait de leur divergence de nature à entrer en conflit l’une avec l’autre ?

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La position administrative du ministre en fait un acteur indispensable de la vie institutionnelle de la République car, de par la position médiane entre sa fonction politique et sa fonction administrative, il détient des pouvoirs immenses sur les cadres relevant de sa tutelle et même des populations alors même qu’il n’a aucune légitimité populaire. Il détient tous ces pouvoirs, parce que tout simplement il s’est trouvé être l’ami du premier élu qui peut n’avoir aucun souci pour « son » peuple. C’est pourquoi, dans cette confusion indescriptible, chacun essaie d”avoir le don de l’ubiquité (être à la fois partout). Nos ministres s”agitent autour du candidat ATT.

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Il y a les ministres amis de toujours, il y a ceux qui ont une place évidente, voire officielle sur les questions nationales et de famille, il y en a qui sont des porte-parole éternels… et puis il y a ceux qui sont là mais qui aimeraient bien exister un peu plus dans la campagne du candidat général, et même beaucoup plus. Les places ministérielles deviennent de plus en plus chères et chacun le sait. C’est pourquoi, ils s”agitent particulièrement ces derniers temps. Ils rivalisent de méthodes et d’approches pour se faire désirer par le chef qui veille à table avec « sa » famille sur tout.

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La méthode et les moyens importent peu. L’essentiel est d’assurer la victoire dès le 1er tour, le fameux « takokélen ». Dans l”entourage du candidat non déclaré en campagne, le mot d”ordre est clair : « chacun aura la place qu”il aura cherché en mouillant bien le maillot ; on gagne ensemble ou l’on perd ensemble, nos sorts sont intimement liés ». On fait donc tout pour peser. Si on n’organise pas des fora pour préparer l’opinion à la relecture de la Constitution qui limite le mandat présidentiel, on organise des manifestations folkloriques au cours desquelles on fait semblant de verser des contributions pour la bonne mise en œuvre des idées du président qui est affublé de « Rédempteur du peuple, Messie, Don du ciel ». Ah les ignares, ils ne savent même plus ce qu’ils disent, car tous les rédempteurs du peuple autoproclamés reposent aujourd’hui dans la paix… du cimetière.

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On a l’impression d’être dans un pays où la population est difficile, voire ingrate face à un président visionnaire, magnanime, inoffensif et un gouvernement laborieux. Nous estimons que pour tout cela le candidat non déclaré doit être prudent, sinon de faire « progressivement ». Pour l”essentiel, nos ministres doivent intervenir dans la campagne en raison de leurs compétences. Ce qui n”est pas le cas pour la plupart d’entre eux. Chacun entend donner à son soutien un sens politique. On pèse et on soupèse pour mieux négocier son ralliement. Il n”y a pas eu de suspense dans les choix des candidats pour 2007. Il n”empêche, tout est mesuré.

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Le coq à l’âne présidentiel

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Dans tous les déplacements et autres activités de nos ministres, nos pauvres s”engagent à reprendre un certain nombre d’idées chères au chef. Même nos professeurs reconnus internationalement pour leur « intégrité intellectuelle » reprennent les thèses alambiquées de notre président « ignorant » du genre « même si le soleil est sot » (même si le soleil est chaud). Peut-on tomber plus bas pour conserver un poste fut-il ministériel ? Entre autres sujets abordés tous azimuts, nous pouvons citer les logements sociaux, les infrastructures routières, la stabilité politique, la réduction de la pauvreté, etc.

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Tous les sujets sont devenus des thèmes de campagne, sauf l’essentiel. Tout le monde prend le soin d’ignorer la lutte contre la corruption, l’école, le pouvoir d’achat, le panier de la ménagère, autant de secteurs clefs pour la sécurisation des populations et la paix sociale. Des signaux sociaux montrent que le peuple a besoin qu’on lui dise comment ses impôts sont utilisés, comment accéder à l’eau potable, comment ses enfants seront instruits et soignés…

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Pour cela, on n’a pas besoin de sondages. Nos ministres sont très actifs, chacun essaie d”être omniprésent. Ils font feu de tous bois ; ils ameutent le peuple incrédule qui n’attend que le 29 avril pour se prononcer. Pourtant, l’esprit de citoyenneté chez le Malien devient de plus en plus vivace. Chacun est en train de comprendre que sa carte d’électeur a une valeur dans le choix des dirigeants. Ils continuent d”organiser ou de susciter des manifestations via des clubs de soutien montés de toutes pièces sans conviction pour montrer qu”ils disposent de solides réseaux politiques. Ils arrivent apparemment à mobiliser. Au prix de quels efforts et pour quels résultats ? Tous, nous nous devons d’assumer nos responsabilités, c’est-à-dire avoir la capacité de prendre une décision utile pour notre cité, en dehors de toute influence ou pression.

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Ainsi la démocratie telle qu’appliquée au Mali depuis bientôt cinq ans suscite de plus en plus de vives critiques au point qu’on s’interroge si nous sommes restés toujours des démocrates ? Si la réponse spontanée est évidemment positive, on peut se demander comment expliquer alors le rejet ou la timidité des Maliens face aux actions du gouvernement depuis un certain temps.

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En témoigne la suspicion qui entoure les activités ministérielles : timidité des populations aux accueils, sauf s’ils sont payés. Les citoyens reprochent en effet aux dirigeants de ne plus être en adéquation avec leurs volontés, d’essayer de leur confisquer subtilement le pouvoir et d’abuser de cette possession du pouvoir…Ils sont clairement plus suspicieux face au pouvoir. L’érosion de la confiance de nos concitoyens est donc devenue l’un des problèmes majeurs de notre société.

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Monzon

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