Dr. Daniel Zoupandji, Coordinateur projet de MSF à Niono, nous explique les besoins humanitaires des populations et les activités MSF de la région.

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MSF a ouvert le projet de Niono en juin dernier. Pourquoi ce projet, et comment vous le décrivez ?

Niono est l’un des sept cercles de la région de Ségou, situé au centre du Mali, qui reçoit la plupart des populations déplacées qui fuient les conflits armés et les violences intercommunautaires du centre. La région de Niono fait l’objet, depuis un certain temps, d’attaques entre groupes armés. Cette situation d’insécurité volatile a impacté les services sociaux de base, notamment les services de santé peu fonctionnels, et a affecté l’économie locale de la zone. Tous ces facteurs réunis compliquent aujourd’hui l’accès aux soins de santé pour la population. C’est la raison pour laquelle, à la suite des missions exploratoires, et en collaboration avec le Ministère de la santé, MSF a décidé d’intervenir dans la zone à travers un projet médico-nutritionnel.

Nous prenons en charge gratuitement les enfants âgés de moins de 15 ans qui constituent la couche la plus vulnérable. Nous appuyons l’unité de pédiatrie et de nutrition au centre de santé de référence de Niono, et nous renforçons les capacités de prise en charge des agents de santé et des relais communautaires dans cinq centres de santé au niveau de la périphérie.

  • Comment vivent les populations au quotidien dans la zone ?

De manière générale, ici la population vit sous la peur et les menaces des groupes armés. Elle s’inquiète de l’évolution des violences persistante dans le cercle.

Le cercle de Niono est confronté à un défi majeur : la réponse à des besoins humanitaires devient difficile, voire impossible dans certaines zones dues à des attaques à la suite des conflits armés. Face aux mouvements de la population, les besoins de première intention manque et il y a peu d’acteurs dans le domaine pour offrir des abris et des kits NFI composé essentiellement des tentes pour des abris, les moustiquaires, des couvertures, des bidons d’eau, des bouillards, des gobelets, des aquatabs pour les ménages touchés lors des inondations ou en cas de déplacement de population.

Toute fois au-delà des contraintes liées à la sécurité, il y a aussi le recouvrement des coûts des offres dans les structures sanitaires qui est une barrière principale pour l’accès aux soins de santé. Par ailleurs, il faut noter que les populations déplacées du centre sont, dans la quasi-totalité, accueillies par les populations locales qui sont déjà vulnérables et aux moyens limités.

  • Comme vous le décrivez, le projet de Niono se situe dans une région touchée par la crise sécuritaire du Mali. Quel est l’impact sur les opérations de MSF ?

Pour que MSF puisse travailler dans la zone, c’est important qu’on l’accepte. On voit qu’après notre sensibilisation de masse auprès de la population et des autres acteurs une bonne partie de la population sait qui on est, pourquoi on est là et ce qu’on représente – les soins de qualité et gratuits pour la population cible, sans discrimination. Nous sommes conscients des risques et des défis à relever, mais nous espérons pouvoir continuer à assister les populations en besoin, tout en gardant nos équipes et nos patients en sécurité. 

  • Le projet a atteint ses premiers mois d’intervention, quel bilan tirez-vous ?

MSF reste optimiste et avec la sensibilisation de masse au niveau communautaire on priorise étant plus proche de la population afin qu’elle comprenne qu’elle peut bénéficier de l’offre de gratuité. Le démarrage des activités au niveau des centres a permis aux bénéficiaires de parler de la présence de l’équipe motivée de MSF et la prise en charge gratuite. On constate que les mères amènent plus rapidement leurs enfants aux structures de santé ou nous travaillons, avant qu’ils ne tombent gravement malades. 

Notre intervention ne s’arrête pas à Niono, nous avons également mené et mènerons des évaluations dans d’autres localités au besoin. Dans la ville de Ségou, nous avions pris en charge des déplacés malades du centre, et nous restons en contact avec les autorités sanitaires de la région pour tout besoin de problème de santé.

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