Mme Keïta Oumou Sissoko, commerçante d’articles à propos de la planification familiale : L’espacement des naissances, c’est bon pour les affaires !

La trentaine révolue, habillée en africaine pour mettre en valeur son teint clair et faire ressortir sa taille fine, Mme Keïta Oumou Sissoko est commerçante d’articles pour femmes au grand marché de Bamako

09 Juil 2015 - 14:19
Mis à jour: 11 ans
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Assistance médicale à la procréation : L’évolution et les questionsElle est mère de trois  enfants. Nous avons rencontré une femme épanouie, souriante, autonome et pleine de vie. Notre interlocutrice doit cette réussite au choix qu’elle a fait d’espacer ses grossesses. La planification familiale a permis à Oumou de vivre harmonieusement sa vie de couple durant onze  ans d’union. Cette commerçante explique qu’elle a vite compris l’utilité de la  PF pour sa santé, l’épanouissement de sa famille et le bien-être de ses enfants. Courageuse et battante, Oumou a dû convaincre son mari qui était réticent au début. « Je savais que convaincre mon époux n’allait pas être facile. Mais je me suis armée de patience. Je ne ratais aucune occasion pour lui faire comprendre qu’il s’agit juste d’espacer les naissances et non de les arrêter », se souvient-elle. A force d’insister Oumou finit par obtenir l’accord de son conjoint. Une prouesse pour qui connaît la réticence des hommes maliens dès qu’il s’agit de planification familiale. Ce peu d’intérêt des hommes constitue d’ailleurs un des talons d’Achille des programmes de PF dans beaucoup de pays sahéliens y compris le Mali. Mme Keïta Oumou Sissoko explique que l’espacement des naissances lui a permis de changer son statut de femme au foyer ; elle est devenue une commerçante qui gagne bien sa vie et contribue aux dépenses de la famille. Elle explique qu’entre elle et le planning familial, c’est  une belle histoire d’amour et une leçon de la vie qui méritent d’être contées. Elle révèle que ses deux premières grossesses ont été trop rapprochées. Elle a failli mourir en donnant naissance à son deuxième garçon. Une fausse couche s’en est, ensuite, suivi. « C’est à partir de ce moment que mon époux a pris conscience que ma vie pouvait être en danger. Il m’a donc autorisée à utiliser une méthode contraceptive moderne », se souvient-elle avec sourire aux lèvres. Elle choisit l’implant, une méthode contraceptive de longue durée. C’est quatre ans après, dit-elle, qu’elle a accouché de son troisième enfant, une fille. Oumou souligne, pour s’en féliciter, que sa dernière grossesse s’est bien passée alors que, quand elle portait ses deux premiers enfants, elle était faible et souvent malade. Cela a dissipé tous les doutes et interrogations de son conjoint.   « A ceux et celles qui pensent que le planning familial empêche une femme d’avoir un enfant quand elle veut, je dis qu’ils se trompent lourdement », lance Oumou. Convaincue et consciente du bienfait des méthodes contraceptives, notre interlocutrice, quand l’occasion se présente, sensibiliser se présente, sensibilise ses voisines du marché et ses clientes surtout les jeunes filles. «Je profiterai de ces rencontres pour leur parler des conséquences d’une grossesse précoce et indésirable, de l’avortement. Un moyen sûr et accessible d’éviter cela existe : c’est la planification familiale. En plus, elle très efficace et est à la portée de toutes les bourses », souligne-t-elle. L’on comprend donc pourquoi la boutique de notre commerçante est prise d’assaut par les jeunes filles et femmes de toutes catégories sociales. Cette femme d’affaires estime que la promotion de la PF et la garantie de l’accès aux méthodes de contraception de leur choix pour les femmes et les couples sont essentielles si l’on veut assurer le bien-être et l’autonomie des femmes tout en soutenant  la santé et le développement communautaire. Selon elle, des progrès sont, certes, enregistrés mais les défis restent plus que jamais actuels et certaines traditions bien ancrées freinent encore les innovations et le progrès. Même si la loi garantit l’accès de tous aux méthodes contraceptives au sein des couples,  les hommes demeurent les premiers décideurs. Ramata TEMBELY

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Commentaires (3)

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Kinguiranke
Kinguiranke 11 ans
Siko, je pense que tu sais que 50% du territoire du Mali est invivable, c'est le Sahara, donc refais tes calculs bases sur ce chiffre et tu compredras que le Mali utile est surpeuple. Merci
Walati
Walati 11 ans
30mois ente deux grossesses c'est bon pour le couple. 5enfants par femmes et 20par homme maxi. Pour l'épanouissement du couple,dans la réalité notre vie a quitté la grande famille pour le nucléaire. Combien de veuves ont des soutiens,combien sont elles dans les difficultés
siko
siko 11 ans
1240192km2 avec 17000000hbts Le Mali densite:11.7hbt/km2 Les chiffres parlent
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