Affaire du depute Bourama Tidiane Traoré: La main sur le Coran, l’élu de Kati se «blanchit»

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Honorable Bourama Tidiane Traoré
Honorable Bourama Tidiane Traoré

C’est en réplique à la narration faite par le Procureur général près la Cour d’appel de Bamako, Daniel Téssougué, sur le verdict de l’affaire du député Bourama Tidiane Traoré qui l’opposait au juge de Ouélessébougou, Amadou Bocar Touré dit Diadié,  que le  député de Kati, accompagné de son pool d’avocats, notamment Me Baber Gano, Me Assane Barry, Me Tiéssolo Konaré, a animé un point de presse le samedi dernier à la Maison de la presse, pour donner sa version des faits.

S’adressant aux journalistes, l’honorable Bourama Tidiane Traoré leur a fait savoir qu’il  s’agit de leur donner sa version des faits sur l’incident qui l’a opposé au juge de paix à compétence étendue de Ouélessébougou, Amadou Bocar Touré dit Diadié, le mardi 25 novembre 2014.

«En fonction depuis 8 mois à Ouélessébougou, je vous informe que je ne l’ai rencontré que deux fois en une semaine. D’abord le mercredi 19 novembre 2014,  je lui ai rendu une visite de courtoisie aux environs de 15h. Je me rappelle, ce jour-là, il m’a même dit qu’il est un juge de proximité qui reste au bureau du lundi au jeudi de 8h à 20h. Il m’a aussi dit que ses portes m’étaient grandement ouvertes. C’est sur la base de ce premier échange que je suis passé le voir une deuxième fois. C’était le mardi  25 novembre vers 18h, après deux tentatives d’appels téléphoniques infructueuses. Quand je suis arrivé au tribunal, j’ai trouvé une dizaine de personnes qui l’attendaient hors de la cour, dont le vieux Samba Traoré de Dafara et Soumaïla Bagayoko dit Djinè.

Je leur ai demandé si le juge était sur place. Immédiatement, ils m’ont répondu par l’affirmative en disant que je peux rentrer par la petite porte, car le portail était fermé. Dans la cour, j’ai trouvé que le juge Amadou Bocar s’apprêtait à prier. Je lui ai gentiment demandé d’accomplir la prière du soir, tout en lui disant que moi aussi je voudrais prier. Il m’a répondu que sa séance de prière prend beaucoup de temps et qu’il souhaite échanger d’abord avec moi.

C’est comme ça qu’il m’a conduit dans son bureau où je lui ai dit que je suis venu partager des informations avec lui au sujet d’un litige foncier dans mon village, Bananzolé, dont il est saisi. Je lui ai dit que c’est un dossier qui concerne les membres d’une même famille et que malgré les appels incessants à l’apaisement, la tension reste vive. Je lui ai dit que c’est une situation qui m’inquiète et que je suis venu lui apporter, s’il le souhaite, ma petite contribution pour un apaisement du climat.

Il m’a répondu avec un ton sec qu’ils ne sont pas de la même famille. Et que si tel était le cas, qu’on aurait réglé le différend dans le vestibule. J’ai continué dans les explications en lui disant que parmi les deux parties en conflit,  il y a une qui vit à Bamako. Il m’a alors dit sur un ton violent qu’il connaît son travail et que ce n’est pas moi qui vais lui apprendre à exercer son boulot, avant de me demander de quitter son bureau.

Je l’ai prié de m’écouter. Il a insisté en me demandant de sortir de son bureau. Malgré ma tentative de le faire revenir à la raison, il ne m’a pas écouté. Il s’est mis à me pousser énergiquement jusqu’à la porte, tout en me disant qu’il ne veut plus me voir chez lui.

Je lui ai dit qu’il ne peut pas m’empêcher de venir au tribunal. Et subitement, il s’est mis à me donner des coups de poings, d’abord par la main droite puis par la main gauche, accompagnés d’injures grossières. J’ai essayé d’esquiver ses coups de poings. Il a ensuite ordonné à sa garde rapprochée de me neutraliser, au motif que je suis venu l’agresser dans son bureau. Ce dernier m’a alors tenu par les mains derrière, pendant que le juge lui-même continuait à me donner des coups de poings et à me lancer des insultes grossières.

Quand les gens qui étaient au dehors ont entendu le bruit, aussitôt mon chauffeur a escaladé le mur de la justice. Lorsque le juge Amadou Bocar Touré dit Diadié a vu celui-là, il s’est certainement senti gêné devant ce témoin. Il lui a tout de suite intimé l’ordre de quitter la cour. C’est là qu’il a pu décrocher son téléphone pour appeler le Commandant de brigade (Cb) de la gendarmerie, Dah Diarra,  pour lui dire que le député vient de l’agresser dans son bureau.

À l’arrivée de ce dernier, il lui ordonna de m’enfermer. Le commandant Dah Diarra et ses éléments m’ont alors conduit dans une voiture, pour ensuite s’entretenir longuement avec le juge. Après ces échanges, le Commandant de brigade est venu nous rejoindre devant le palais de justice où il m’a demandé de rentrer chez moi. Je lui ai répondu que j’ai besoin qu’il prenne mon audition. Ayant eu peur de la foule, le Commandant de brigade m’a demandé de dire aux gens de rester sur place. Ainsi, j’ai demandé à la foule de rester calme et de nous attendre dans la cour. Arrivé dans son bureau, il m’a dit qu’il n’a pas qualité à prendre mon audition, ni de me faire une réquisition pour aller à l’hôpital pour des examens médicaux. Lorsque je lui ai fait cette demande, le commandant a insisté pour que j’aille à la maison. Je lui ai répondu que j’ai déjà averti des collègues députés, notamment Mamadou Hawa Gassama, le président de la commission des lois, le président du groupe Rpm, qui sont en cours de route pour Ouélessébougou.

C’est après tous ces échanges et plus d’une heure de temps après que le CB est revenu m’informer que sa hiérarchie l’a appelé pour lui dire de m’amener au camp I à Bamako. Arrivé au camp I, j’ai été auditionné avant d’être soumis à des examens complémentaires pour coups reçus. C’est de là-bas que j’ai été conduit à la Maison centrale d’arrêt de Bamako Coura.

Mais je voudrais préciser que si j’avais de mauvaises intentions envers le juge, je n’allais pas me rendre dans son bureau seul. Je me serais fait accompagner par des gens. Je n’ai jamais porté la main sur le juge Diadié. Je le dis et je le maintiens, je n’ai jamais frappé ni insulté le juge Diadié. Mon éducation ne me permet pas de porter la main sur un autre. Cela n’est pas propre aux gens de notre milieu».

Zakariyaou Fomba

 

Encardrer

Les avocats de la défense fustigent le Procureur general

L’affaire dite «affaire du député Bourama Tidiane Traoré», qui l’opposait au juge de paix à compétence étendue de Ouélessébougou, Amadou Bocar Touré dit Diadié, qui a connu son verdict depuis le mercredi 3 décembre dernier, continue de défrayer la chronique.

Pour donner leur version des faits, le député Bourama T. Traoré et son pool d’avocats ont animé un point de presse le samedi dernier à la Maison de la presse, en réplique aux propos avancés par le Procureur général près la Cour d’appel de Bamako, Daniel Tessougué, après le verdict.

Le porte-parole du pool d’avocats de la défense, Me Baber Gano, qui a critiqué l’attitude du Procureur général, Daniel Téssougué, en disant que  le traitement fait de ce dossier n’était pas gai, a fait  savoir que pour que la démocratie soit une réalité, il faut que le pouvoir arrête le pouvoir. Estimant que c’est une victoire de la Constitution, Me Baber Gano a expliqué que la résolution de l’Assemblée nationale était impérative et le Procureur général n’y pouvait que se plier.

En colère contre le Procureur général à propos du traitement fait de ce dossier, Me Hassane Barry a rappelé que ce point de presse a été initié en réplique à la narration faite par Daniel Téssougué, après le verdict de la Cour d’appel de Bamako. Selon Me Barry, le Procureur général a menti lorsqu’il dit que le juge Touré a retiré sa plainte. À en croire Me Hassane Barry, aucune demande n’a été faite dans ce sens, aucun pardon n’a été demandé pour que le député Bourama recouvre la liberté. «Le Procureur général a été bloqué par les dispositions constitutionnelles. Que le Procureur arrête donc son cinéma», a-t-il ajouté.

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