Bamako : Le gaz butane se fait de plus en plus rare

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Selon le président des distributeurs de gaz butane, la situation est due à deux facteurs : la suspension temporaire du trafic sur l’axe Bamako-Dakar et le non paiement de la subvention de l’État

«Ça fait quelques jours que je n’ai plus de gaz à revendre», confie un commerçant installé au marché «Dibidani». Visiblement démoralisé, il montre des bonbonnes de gaz vides entassées devant sa boutique. Depuis quelques jours en effet, une pénurie de gaz butane est constatée à Bamako. Selon le président des distributeurs de gaz butane, la situation est due à deux facteurs : l’arrêt temporaire du trafic sur l’axe Bamako-Dakar occasionné par l’accident d’un gros camion malien à Kaolack et le non paiement de la subvention de l’État. Cheick Hamalla Bocoum s’empresse d’ajouter que malgré la réouverture de la frontière avec le Sénégal, il n’y aura pas suffisamment de gaz sur le marché à cause des impayés.

Motif ? Les importateurs n’ont pas assez d’argent pour s’approvisionner, argumente leur président, ajoutant que c’est ce qui fait qu’on commence à sentir le manque de gaz sur le marché. «Le gouvernement n’a pas payé les subventions depuis 2020. Les arriérés de 2021 aussi n’ont pas été payés. Le cumul de la dette se chiffre à environ 8 milliards de Fcfa», explique Cheick Hamalla Bocoum. Il invite le gouvernement à prendre les dispositions nécessaires pour payer les subventions allouées au gaz. «Il doit mettre en place un fonds pour le gaz qui va permettre aux importateurs d’amener suffisamment de gaz sur le marché», suggère-t-il.

Le président du Groupement des professionnels de gaz domestique abonde dans le même sens. Oudiary Diawara confirme que les professionnels du secteur sont confrontés à un problème de non payement de la contribution que l’État accorde au secteur pour amoindrir le coût pour les ménages. «Ça fait un an et demi que l’État ne nous paye pas les factures. Depuis janvier 2020 jusqu’en 2021, nos factures de subvention ne sont pas payées. Aujourd’hui, le fournisseur exige de payer en espèces sonnantes et trébuchantes.

Les opérateurs sont fatigués», s’indigne Oudiary Diawara. Estimant que les 5 milliards de Fcfa de subvention que le gouvernement accorde par an au secteur du gaz est insuffisant, il interpelle les autorités de la Transition quant aux conséquences de cette situation sur l’environnement. En la matière, l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et l’électrification rurale (Amader) est chargée de promouvoir l’utilisation du gaz butane auprès des consommateurs. Outre la fourniture d’électricité en milieu rural, sa mission consiste à sensibiliser les Maliens à aller vers la consommation du gaz butane. Le but étant de préserver l’environnement en réduisant l’usage abusif du charbon de bois.

Interface entre le ministère de l’Économie et des Finances, et les acteurs du secteur gazier, l’Amader est également chargée du traitement des dossiers des factures de remboursement des subventions dues aux opérateurs gaziers dans le cadre de la convention qui les lie à l’État. Joint au téléphone un responsable de l’Amader qui a requis l’anonymat, assure que l’État est à pied d’œuvre pour payer les factures des opérateurs de gaz. «L’État est en train de faire de son mieux. Des avancées ont été faites dans ce sens», a-t-il dit.

Amadou GUÉGUÉRÉ

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1 commentaire

  1. GAZODUC DU NIGERIA !
    EXTRAIRE NOTRE GAZ !
    PRODUIRE DU GAZ NATUREL AU MALI !

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