Déjeuner- débats entre Paysans et CNT sur FNAA : Les Communautés rurales et les organisations de la SC exigent le renforcement de la transparence dans la gestion des ressources allouées au secteur agricole.

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Ce mercredi 20 octobre 2021, s’est tenu un déjeuner- débats sur le Fonds National d’Appui à l’Agriculture (FNAA) en lien avec la stratégie nationale de valorisation du lait cru local au Mali entre paysans et membres du Conseil National de la Transition. Le présent déjeuner-débats avec les membres du (CNT) organisé par le programme DGD17-21 d’Oxfam Mali en collaboration avec le Réseau de Plaidoyer pour la Sécurisation Foncière Agricole au Mali « RP-SéFA Mali » et la Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement (CAD-Mali), un mouvement social d’alternatives populaires et de défense des droits humains ».

 Il ressort du déjeuner- débats sur le Fonds National d’Appui à l’Agriculture (FNAA) entre les paysans, membre du CNT et les responsables administratifs agricoles au Mali, le pilotage et la gestion du secteur Agricole et du foncier dans le contexte actuel est assuré par plusieurs documents politiques, lois et stratégies sous sectorielles et de plusieurs autres stratégies sectorielles. Malgré les efforts, la pression devient très forte sur le foncier rural et l’insécurité foncière des exploitations agricoles familiales qui risque d’entraver la sécurité alimentaire et la paix durable. A cet effet, le Gouvernement a mis en place un cadre juridique et institutionnel consacrant une bonne gouvernance du secteur Agricole. Mais aujourd’hui, force est de reconnaitre que toutes ses politiques sont en partie méconnues par les exploitants Agricole et les Organisations Paysannes, par conséquent très peu profitable à ces acteurs paysans. La gestion du Fonds National d’appui à l’Agriculture (FNAA) reste très floue, les paysans et paysannes au fil des ans les soutiens de l’État apportés aux producteurs et productrices reste à désirer. Les quotas de 15% réservé aux femmes, jeunes et couches vulnérables tant prônés est toujours noyé dans le global donc pas assez visible. Cette situation néfaste a été renforcée par la crise de la pandémie du COVID-19 et des multiples crises sécuritaires et politiques que le pays connaît depuis quelques années.

La fin du déjeuner – débats un manifeste a été adressé aux élus nationaux et aux autorités administratives sur la problématique du Fonds National d’Appui à l’Agriculture par  les communautés rurales et les organisations de la Société civile.

Dans le manifeste, on retient que l’économie du Mali repose essentiellement sur le secteur rural (agriculture, élevage, foresterie et pêche) qui contribue à environ 40% au Produit intérieur brut (PIB) et occupe plus de 80% de la population active. Le Mali connait une période de changements socio-économiques et démographiques très importante: les derniers 10 ans le pays affiche une croissance démographique annuelle d’environ 2,9%, avec une population en majorité jeune. La population urbaine croit, actuellement 43% des 20 millions d’habitants du Mali sont concentrée au Sud et au Centre. Depuis 2000 le PIB a considérablement augmenté. Les exportations dominantes restent l’or et le coton, mais l’économie se diversifie progressivement. Malgré la croissance, l’économie reste vulnérable aux chocs politiques, sanitaires, climatiques et/ou économiques. Selon les statistiques nationales, 42% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (CREDD 2019).

Pour cela, les exploitants agricoles familiaux, trouvent  injuste qu’en dépit du rôle prépondérant qu’ils  jouent dans le secteur de l’Agriculture, ils  continuent de vivre dans la pauvreté et voire leurs conditions de vie se dégrader de manière continue et inquiétante.

Les exploitants agricoles familiaux, ont difficilement accès aux crédits, aux intrants, à l’équipement, à la terre, aux semences paysannes, à l’encadrement.

Aussi, ils sont victimes d’une mauvaise gouvernance du secteur agricole et des effets du changement climatique. Et qu’aujourd’hui, ils font face à l’invasion des produits importés, (lait, riz, niébé etc.) qui compromettent nos efforts.

Au regard des difficultés sus-énumérées, ils ont formulé  les recommandations suivantes aux décideurs politiques et administratifs : Opérationnaliser les organes de gestion du Fonds National d’Appui à l’Agriculture ( Comité de pilotage , comité de gestion ) ; Renforcer la transparence dans la gestion des ressources allouées au secteur Agricole ; Appliquer à partir de 2021 l’article 26 de l’arrêté interministériel N°2011-(5005/MEA MATCL-MEF-MA-MEF-MDSSPA-SG du 8 Décembre 2011 qui accorde un quota spécifique d’au moins 15% des ressources du Fonds National d’Appui à l’Agriculture (FNAA) aux femmes, jeunes et groupes vulnérables bénéficiaires ; Prendre des mesures législatives pour la promotion des achats institutionnels et la consommation des produits locaux  (lait, riz, niébé, etc.) par les structures publiques et privées ; Promouvoir l’agriculture intelligente (agro écologie, agroforesterie etc.) face au changement climatique ; Favoriser l’accès des producteurs familiaux et de leurs organisations au financement spécifique lié au changement climatique ; Augmenter le taux de budget alloué à la protection de l’environnement et les prises en compte des effets du changement climatique ;  Assurer la mise en place effective et le financement des Commissions Foncières (CoFo) dans le budget des collectivités ; Inscrire une ligne de fonctionnement des Commissions Foncières (COFO) dans le budget des collectivités.

 

Bokoum Abdoul Momini/maliweb.net

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