Violences Basées sur le Genre et Santé Sexuelle : L'Alliance Droits et Santé à l'Avant-Garde

Le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN), en partenariat avec le Réseau Alliance Droits et Santé (ADS), a réuni ses membres du monde entier sur sa plateforme pour un webinaire informatif sur le bilan de l’ADS.

18 Déc 2025 - 09:42
18 Déc 2025 - 10:17
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Violences Basées sur le Genre et Santé Sexuelle : L'Alliance Droits et Santé à l'Avant-Garde

Ce réseau est engagé dans la promotion des droits des filles et des femmes ainsi que dans la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et la promotion de la santé. L’intitulé de la rencontre était  « 13 ans d’existence de l’Alliance Droits et Santé : Acquis, Défis et Perspectives ».

Quoi de mieux que la journée du 10 décembre, Journée Internationale des Droits de l’Homme, pour mettre en lumière l’Alliance Droits et Santé, en particulier ses acquis, défis et perspectives. L’ADS a pour objectif d’améliorer le statut et la santé des femmes et des filles en Afrique de l’Ouest. Ledit  réseau est composé de 22 associations partenaires présentes dans six pays : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Niger et Sénégal.

Cette rencontre a réuni une quarantaine de membres du REMAPSEN, un large réseau représenté dans 43 pays, ainsi que des représentants de l’Alliance du Sénégal, du Burkina Faso, du Niger et du Mali, d’échanger sur l’alliance et de faire le bilan de ses actions.

Lors de son intervention, M. Amadou Lawali, coordinateur de l’ADS au Niger, a présenté le bilan de l’Alliance Transformative, une initiative mise en œuvre dans chaque pays et qui touche à sa fin. Comme l’a expliqué M. Lawali, le projet est soutenu par les organisations membres ; les activités ont été contextualisées selon chaque pays, et chacun a élaboré sa propre stratégie de plaidoyer. Au Niger, par exemple, ils ont développé un plaidoyer axé sur deux axes d’intervention : les VBG, en particulier le mariage d’enfants et le mariage forcé, ainsi que le droit à la santé sexuelle et reproductive des filles handicapées. M. Lawali a présenté un bilan satisfaisant avec des résultats significatifs, citant notamment l’acquisition de rampes d’accès. À ce stade du projet au Niger, il a souligné qu’ils ont contribué à une prise de conscience collective ayant permis d’annuler ou de reporter plus de 140 cas de mariage d’enfants, et ont mis en place des aménagements pour faciliter l’accès des femmes en situation de handicap aux infrastructures et services de santé, ainsi que l’établissement de villages modèles investis contre les VBG.

Quant à la Directrice exécutive de l’AJCAD (Association des Jeunes pour la Citoyenneté Active et la Démocratie), Adam Dicko, elle a partagé l’expérience du Mali. Présente au Mali depuis 2016, l’ADS est composée de l’AMSPOT, de l’AJCAD et du Groupe Pivot. Selon Adam Dicko, l’intégration du Mali dans ce réseau a été une expérience enrichissante, notamment en ce qui concerne le renforcement de la collaboration et des synergies d’action entre les trois organisations membres. Grâce à leur synergie et à leurs expertises respectives, elles ont réussi à développer des initiatives communes, mobiliser des ressources et mener des actions de plaidoyer et d’influence au Mali. De plus, Adam Dicko a souligné que grâce à l’alliance, ils ont pu accéder à des réseaux  de la sous-région, ce qui a facilite  leur travail et créé un réseau d’échange, de partage d’expertise, de plaidoyer, de soutien et de solidarité, tant au niveau local qu’au-delà des activités liées à l’alliance. Elle  a  également évoqué plusieurs défis, notamment le ralentissement des actions et la mobilisation des ressources, tant au niveau local que régional, ainsi que les réalités socio-culturelles et religieuses des différents pays, qui compliquent l'abord de certaines questions, notamment celle de l’excision et des droits des femmes. Toutefois, Adam Dicko a précisé que leur défi consiste à transformer ces acteurs en alliés dans leurs actions de sensibilisation. En termes de succès, il a mis en avant leur résilience, leur cohésion et leur bonne collaboration, ainsi que l’intégration de multiples acteurs de la société, devenus des relais communautaires qui amplifient leurs actions. Poursuivant, elle  a rappelé  leur participation aux projets législatifs du pays soldé en succès,  illustrée par le Code pénal qui prend en charge certains types de violences basées sur le genre (VBG).

De son côté, Mme Tapsoba Caroline, Présidente du réseau de l’Alliance Droits et Santé, a indiqué que l’ADS a été fondée par plusieurs organisations désireuses d'améliorer l'efficacité, la durabilité et la stratégie de leurs actions. L'objectif est d'influencer les politiques publiques et d'encourager des changements de comportements au sein des communautés, en particulier parmi les jeunes et les filles. Depuis sa création en 2013 lors d'une assemblée générale à Ouagadougou, l’Alliance s'engage à défendre les droits des femmes et des filles, notamment dans le domaine de la santé.

En ce qui concerne leur mode de fonctionnement, Mme Tapsoba a précisé qu’ils travaillent de manière participative et inclusive avec les bénéficiaires, à savoir les jeunes filles et les femmes, en les considérant comme des actrices de leur  propre autonomisation et épanouissement, et non comme de simples bénéficiaires. Aussi, l’alliance  les implique dans l’identification de leurs préoccupations en matière de santé et dans la proposition de solutions pour améliorer leur situation, en facilitant leur accès à une information juste et correcte. Pour ce faire, le réseau s’efforce de garantir aux filles et aux femmes l’accessibilité à des informations sur la santé sexuelle et reproductive, ainsi que sur les offres et services en la matière. En ce qui concerne les activités phares, elle a indiqué que le réseau, depuis sa création, s’est concentré sur des actions à l’échelle nationale et, depuis 2021, le réseau s’est ouvert au niveau régional. En termes d'acquis, elle a cité deux de leurs activités phares : des actions de plaidoyer auprès de l'Union Africaine, qui ont été menées ensemble pour améliorer la santé des jeunes filles et des femmes.  Ces efforts ont influencé l'adoption par l'UA de la stratégie régionale de lutte contre les violences basées sur le genre, a.-t-elle fait savoir.

Par ailleurs, Mme Tapsoba Caroline a affirmé que l’accompagnement du REMAPSEN a eu un impact significatif. Selon elle, ce soutien a contribué à la prise de décision pour adopter la stratégie de l'Union Africaine dans la lutte contre les violences basées sur le genre. De plus, le réseau a poursuivi son plaidoyer en participant au forum de l'Union Africaine à Malabo, où il a appelé les pays à ratifier cette stratégie. Il a également sollicité l’UA pour un budget adéquat afin de mettre en œuvre cette stratégie

Mme Kaya Sy, membre du Conseil de l’Alliance Droits et Santé du Sénégal, a également pris la parole pour présenter son bilan.

À l'issue de ces échanges, le partenariat REMAPSEN-ADS a été salué et il a été souhaité qu'il soit pérennisé.

Khadydiatou SANOGO/maliweb.net