Transition de crise au Mali : La liberté au bout de la résilience ?

Le Mali s’est finalement installé dans une sorte de gouvernance de crise continuelle. Et le peuple est appelé à s’attacher la ceinture ou à périr.

10 Nov 2025 - 09:10
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Transition de crise au Mali : La liberté au bout de la résilience ?

Les hautes autorités de la Transition ne semblent pas disposées à engager des négociations avec les groupes armés terroristes, qui ne cessent d’intensifier leurs pressions pour affaiblir l’Etat et asphyxier économiquement le pays.

En effet, malgré les efforts de guerre déployés par les autorités de la Transition, qui n’ont de cesse de mettre des moyens conséquents à la disposition des forces de défense, la pieuvre terroriste ne faiblit pas. Car, elle est sponsorisée par des officines occidentales qui leur fournissent armes, munitions et expertises diverses. Ce qui fait qu’en dépit des lourdes défaites que leur infligent les FAMAs, ces hordes de criminels tentent d’attaquer l’outil de défense national et les s’en prennent aux cibles économiques, comme cet embargo contre l’approvisionnement du pays en hydrocarbures.

C’est ainsi que ces criminels assoiffés de sang essaient de mettre le pays à genou en augmentant le nombre des attaques pour semer la terreur dans les consciences. C’est pourquoi le président de la Transition déclarait récemment qu’il ne faut pas avoir peur de ces terroristes, dont l’objectif est de paralyser le pays.

Cet état d’esprit des groupes armés terroristes condamne les Maliens à devoir vivre dans une posture de résistants permanents. Il s’agit donc de faire preuve désormais d’une résilience à toute épreuve, sachant que les ennemis de la République jurent ne plus laisser le pays souffler. Sinon comment comprendre que ces criminels s’organisent avec cette détermination en s’attaquant non seulement aux axes routiers, mais     aussi à des populations civiles et aux militaires dans divers endroits du vaste territoire national ? Ces ennemis de la paix n’ont-ils pas finalement opté pour cette guerre asymétrique continuelle visant à verser le sang innocent partout au Mali ? Rien n’est moins sûr. Ce qui impose donc à tous les Maliens de s’armer de courage et de détermination en se disant que, cette guerre va s’inscrire dans la durée. Car, elle a commencé depuis les années 2010 et ne prendra fin qu’avec la mise sous domination de l’Etat malien. Or, nul n’ignore que les autorités de Transition sont résolument décidées à rompre avec la politique de domination et d’assujettissement de notre Etat par les puissances occidentales ou par leurs alliés. Il va s’ensuivre que les Maliens doivent se résoudre à serrer la ceinture, pour tenir ferme face à la croisade impérialiste d’exploitation des ressources nationales.

C’est pourquoi le chef de l’Etat assurait que la politique de rupture que mènent les autorités de la Transition est  une politique de longue haleine. Elle pourra porter ses fruits dans la durée, c’est-à-dire que les retombées ne pourraient être perçues que par les générations futures.

En clair, les Maliens doivent se conscientiser que la génération actuelle doit accepter de consentir des sacrifices pour une liberté véritable en faveur des générations à venir.

Il faut rappeler que le Mali est un peuple de résistants et l’on a bonne souvenance des noms comme Samory Touré, Babemba, Firdous, Soni Ali Ber, etc, qui ont tous accepté livrer des luttes farouches contre les invasions extérieures, pour préserver la dignité de leurs peuples.

Si donc, pour reconquérir la pleine souveraineté du Mali, il faut consacrer de lourds sacrifices, le peuple malien va devoir se montrer prêt et se lever comme un seul homme ? Il s’agit de se dresser dans un élan patriotique unitaire, pour dire non à l’exploitation des richesses du sous-sol national par des étrangers. Pour cela, le prix de cette liberté serait amer à payer. Ce paiement peut faire tanguer la République, comme on le voit actuellement avec la crise énergétique, la pénurie du carburant, les diverses attaques terroristes meurtrières. Mais, comme on le sait, la liberté s’arrache toujours, elle ne s’obtient pas sur un plateau doré. Le général Assimi Goïta doit seulement organiser une campagne de communication et de mobilisation autour de cette gouvernance de crise, qui s’institutionnalise.

Mais cette mobilisation doit se faire dans l’entente et le rassemblement de l’ensemble des forces vives de la Nation. C’est seulement en sonnant l’appel général à se donner la main pour faire face à l’adversaire commun que le peuple acceptera faire le sacrifice, pour des lendemains meilleurs.

 

 Boubou SIDIBE/maliweb.net