CAN : Le Cameroun doit arriver “au moins en finale”, dit son sélectionneur

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Avec son palmarès et son statut de pays hôte, le Cameroun s’est fixé comme objectif “d’arriver au moins en finale” de la Coupe d’Afrique des nations (9 janvier-6 février sur beIN SPORTS), a affirmé son sélectionneur, le Portugais Antonio Conceiçao, dans un entretien à l’AFP.

Antonio Conceiçao, avec son palmarès, et en tant que pays hôte de cette CAN, le Cameroun est prêt a endosser le rôle de favori ?

Nous n’avons qu’un seul chemin: gagner, gagner et gagner. C’est ce qu’on m’a mis sur la table quand j’ai signé mon contrat: arriver au moins en finale de la CAN, tout faire pour la gagner et aussi qualifier l’équipe pour la prochaine Coupe du monde (via les barrages prévus en mars, NDLR). Nous sentons bien que le peuple et l’historique du Cameroun nous y obligent. Cela place la barre assez haut, mais nous sommes convaincus de pouvoir atteindre ces objectifs.”

En 2019, vous avez succédé à Clarence Seedorf, qui avait un profil très différent du vôtre. Le football camerounais avait besoin de changement ?

Le Cameroun a besoin de rattraper le temps perdu. Il faut faire un travail de base qui a été interrompu il y a quelques années. On m’a demandé d’apporter du lien en gardant toujours un oeil sur la formation, d’essayer de transmettre mes connaissances et mon expérience à toute la structure. On m’a demandé aussi de faire preuve d’indépendance dans mes décisions, de couper avec un passé où il y avait beaucoup d’influences externes. Une des choses qui me motive c’est de penser qu’un jour, dans dix ou quinze ans, les gens se souviendront du Portugais qui a apporté quelque chose de différent, qui a tracé une route.

La récente élection de Samuel Eto’o à la présidence de la fédération camerounaise va dans le bon sens ?

C’est un homme qui a une vaste expérience au plus haut niveau du football européen. Ce qu’il a appris au cours des années en tant que joueur et en fréquentant les hautes sphères du football devrait apporter une amélioration significative. Il arrive avec des idées claires pour organiser le football du Cameroun. Il y a beaucoup de potentiel au Cameroun, mais il doit être rentabilisé et organisé autour d’un projet.

Comment évaluez-vous votre parcours comme sélectionneur du Cameroun jusqu’à présent ?

Les trois ou quatre prochains mois seront décisifs. Nous avons la CAN jusqu’en février – si nous sommes encore en lice en février, ce sera bon signe – et puis nous aurons les barrages de la Coupe du monde (fin mars). A partir de là nous ferons un bilan, car les entraîneurs sont toujours évalués en fonction des résultats. La campagne de qualification pour le Mondial s’est très bien passée. En ce moment, la sélection vit très bien. Et quand il y a beaucoup de pression de l’extérieur, il faut être une famille très unie.

Cette capacité à gérer les aspects émotionnels est un de vos atouts ?

Dans un environnement professionnel, il faut un rapport très honnête et direct. Moi aussi j’ai été footballeur, et les footballeurs n’aiment pas qu’on les trompe. Il faut de l’empathie entre les joueurs et l’entraîneur, sinon on passe notre temps a crier vers le terrain et il ne se passe rien.

Quels sont les points forts de votre équipe et quels aspects voulez-vous améliorer ?

Il y a des choses à améliorer mais je considère que nous avons déjà atteint un bon palier. Nous avons quelques stars mais je pense que nous sommes une équipe qui vaut pour son collectif. Nous aurons une dizaine de jours (avant le tournoi) pour améliorer et consolider nos processus, notamment au niveau offensif car c’est le plus difficile à assimiler. Défensivement l’équipe est à un bon niveau.”

Comment jugez-vous vos adversaires?

Contrairement à ce que disent beaucoup de gens, qui pensent que le Cameroun est tombé sur un groupe accessible, ça va être compliqué. Le Burkina Faso a grimpé plusieurs échelons en termes de qualité et de niveau compétitif. En qualifications pour le Mondial, ils ont joué deux fois contre l’Algérie et n’ont perdu aucun match contre celle qui est tenante du titre de la CAN. Le Cap-Vert progresse rapidement, avec un grand travail pour recruter des joueurs qui évoluent en Europe et qui pourraient jouer pour d’autres sélections. Et l’Ethiopie est une équipe intense et agressive tout au long des 90 minutes, ce qui crée toujours des difficultés.”

Propos recueillis par Thomas CABRAL pour l’AFP

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