Coupe du Monde 2026 : la nouvelle règle VAR tourne déjà au scandale
Utilisée pour la première fois lors du match entre les États-Unis et le Paraguay afin de modifier l’attribution d’un carton jaune, la nouvelle règle VAR appliquée lors de cette Coupe du Monde 2026 fait déjà couler beaucoup d’encre.
La Coupe du monde 2026 a connu une première historique lors de la rencontre entre l’équipe des États-Unis et le Paraguay (4-1). À la 53e minute, une décision arbitrale a été modifiée après intervention de la VAR : le carton jaune initialement adressé à Tim Ream a finalement été annulé et attribué à Miguel Almirón pour simulation. Une première utilisation des nombreuses nouvelles règles, dont celle liée aux erreurs d’identité qui a immédiatement provoqué de vifs débats. Ce qui devait renforcer la justice sportive est déjà devenu l’un des sujets les plus flous du tournoi.
Dans les faits, l’arbitre néerlandais Danny Makkelie avait d’abord sanctionné Ream pour une faute jugée irrégulière. Après que le coup franc a été joué, le VAR, dirigé par Carlos del Cerro Grande, est intervenu pour signaler une erreur manifeste. Les images ont montré qu’Almirón avait accentué son contact de manière excessive, poussant l’arbitre à retirer le carton infligé au défenseur américain pour le donner au Paraguayen. Une procédure rendue possible par l’extension du protocole VAR, mise en place spécifiquement pour cette édition du Mondial.
Une nouvelle règle qui divise
Pour les défenseurs de cette évolution, la décision est logique. Elle permet de protéger un joueur injustement sanctionné et de lutter plus efficacement contre les simulations. Plusieurs médias anglo-saxons ainsi qu’une partie des supporters américains ont salué une avancée importante vers davantage d’équité. La BBC assure que «toute règle qui punit plus les plongeons est bonne», alors que le Guardian qualifie l’intervention de correcte, même si l’interprétation de l’«identité du joueur» est élargie. Et les critiques n’ont pas tardé à émerger.
Plusieurs consultants spécialisés, dont la Brésilienne Ana Paula Oliveira, ont dénoncé une utilisation contestable du protocole, estimant que le VAR est allé au-delà de sa mission initiale. «Il n’y a pas eu d’erreur d’identification. Il a modifié sa décision alors que le jeu avait déjà repris : il a retiré le carton jaune à l’Américain, l’a donné à Almirón et a sifflé un coup franc indirect. Tout cela est incorrect. Le règlement ne le permet pas». Un argument repris par l’Espagnol Eduardo Iturralde González : «la confusion d’identité ne permet de vérifier que l’identité du joueur. Mais cela ne sert à rien pour modifier la décision technique. D’où ont-ils bien pu sortir ça !»
D’autres observateurs et téléspectateurs pointent également une incompréhension dans le stade au moment de cette décision et le risque de voir les arbitres réinterpréter des actions déjà jugées après la reprise du jeu, au détriment de la fluidité des rencontres. Une interrogation qui pourrait accompagner toute la Coupe du Monde 2026. Depuis le début du Mondial, le VAR peut être utilisé afin de corriger une situation de deuxième carton jaune, l’attribution d’un corner et, donc, l’identité d’un joueur sanctionné d’un avertissement.
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