Le CADTM exige l’annulation immédiate des dettes illégitimes et dénonce un système mondial injuste en accusant le G20 et le FMI de piller les peuples du sud
BÉNIN (Cotonou), 3 août 2026, au terme de 4 jours de travaux, la 8e Assemblée mondiale du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM) a clôturé ses travaux à Cotonou.
Des délégués venus d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, des Caraïbes, du Moyen-Orient, d’Europe et d’Amérique du Nord ont adopté une déclaration forte : annulation immédiate et inconditionnelle de toutes les dettes illégitimes.
Le CADTM affirme que les peuples du monde font face à une crise de la dette de plus en plus grave. Elle n’est pas due aux choix des populations, mais aux politiques des classes dominantes du Nord avec la complicité des élites du Sud. Le réseau cite : la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, l’explosion des prix, la hausse brutale des taux d’intérêt depuis 2022, et les répercussions de la guerre au Moyen-Orient. Conséquence : explosion des coûts de l’énergie, destruction des moyens de subsistance et déplacement de millions de travailleurs. « Les pays du Sud sont contraints de payer le prix de chocs générés au cœur même du système mondial », dénonce la déclaration.
G20, FMI et Banque Mondiale pointés du doigt
Le CADTM dénonce les solutions proposées par le Cadre commun du G20 et les programmes du FMI. Pour le réseau, ils ont bien mieux protégé les créanciers privés et multilatéraux que les populations. Résultat : des réductions dérisoires, des reports d’échéances, et un renforcement des conditionnalités néolibérales qui aggravent dramatiquement la situation des classes populaires.
Pour cela, la CADTM fait 5 exigences clés à savoir : Annulation immédiate des dettes illégitimes, illégales, odieuses et insoutenables publiques et privées ; Audit citoyen des dettes avec la pleine participation des mouvements sociaux, et suspension unilatérale du remboursement ; Réparations pour la colonisation, l’esclavage, la traite et le génocide. Le CADTM exige notamment le remboursement de la dette d’indépendance imposée à Haïti par la France ; Justice climatique : rejet du financement sous forme de dette. Exigence de subventions et de réparations pour la dette écologique du Nord envers le Sud et en fin la Justice fiscale : fiscalité progressive sur la fortune et les multinationales, suppression des paradis fiscaux.
Au-delà de la dette, le CADTM réaffirme sa solidarité avec le peuple palestinien, victime du génocide sioniste en cours, avec Haïti, le Congo, le Soudan, le Sahel, Cuba et le Venezuela. Le réseau lie aussi la lutte contre la dette aux luttes féministes, écologistes et antifascistes. « Il n’y a pas de justice de la dette sans l’égalité et les droits pleins et entiers des femmes et de tous les peuples opprimés ». En conclusion, les délégués quittent Cotonou déterminés à renforcer le réseau international pour un monde libéré de la dictature de la dette.
Bokoum Abdoul Momini/maliweb.net