Garan Traoré joueuse de pétanque à Koulikoro : “Tout comme les hommes, les femmes aussi peuvent jouer à la pétanque”

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Au Mali, la pétanque (jeu de boules) est pratiquée exclusivement entre hommes et surtout ceux d’un certain âge. Mais à Koulikoro, cela n’est plus une réalité car, Garan Traoré (élève en 12e année au lycée Magninè Mariko de Koulikoro) a pu se frayer un chemin dans cette discipline pour figurer parmi les meilleures jeunes lanceuses de boules de la région. Intégrée à la Ligue de Koulikoro (avec licence), elle a joué avec la Ligue de pétanque de Bamako à la 25e édition du championnat national de pétanque qui s’est déroulée du 17 au 19 décembre 2021 à Markala. Et cette équipe de Bamako s’est classée 1ère en remportant le trophée de ce championnat national. Dans l’entretien qui suit, elle nous parle de ses débuts, son intégration à la Ligue de pétanque de Koulikoro et  sa passion pour cette discipline. Interview !

Aujourd’hui-Mali : Comment es-tu venue à la pétanque ?

Garan Traoré : Je suis venue à la pétanque par amour pour ce jeu. En effet, mon grand-père Hamadi Traoré est un mordu de pétanque. Et quand il partait jouer, je faisais du thé à la maison que je lui apportais au terrain de pétanque. Et pendant ce temps, j’observais avec curiosité comment ils jouaient, avec passion, confiance, fierté et amour. Au départ, je les regardais jouer mais je ne comprenais rien au jeu que je trouvais bizarre. Ils jetaient une petite boule (cochonnet) et ils essayaient d’approcher cette petite boule par de grandes boules. Je ne comprenais rien, pendant que, eux, étaient tout le temps joyeux de pratiquer leur jeu favori. C’est comme ça que j’ai demandé au grand père le plaisir ils tiraient de ce jeu. Par curiosité, j’ai pris une boule pour la lancer.  C’était pour voir quel plaisir mon grand-père et ses camarades (de grandes personnalités de la ville de Koulikoro) trouvaient dans ce jeu.

Mon grand-père n’a pas répondu à ma question. Il m’a tout simplement dit d’attendre. Le lendemain, il m’a amenée au terrain de pétanque et m’a expliqué la manière de jouer. C’est ainsi que  j’ai pris une boule pour la lancer. Après, il a joué une partie avec moi. Le lendemain, le président de la Fédération de pétanque de Koulikoro, Hamma Ag, a mis en jeu une coupe. J’ai joué avec une équipe qui a remporté cette coupe. J’ai été beaucoup appréciée. Les gens ont commencé à m’appeler championne.

C’est comme ça que j’ai continué à suivre mon grand-père au terrain de pétanque. Je jouais tous les jours avec eux et ils m’encourageaient, jusqu’à ce que j’eus maîtrisé la technique de lancer. A la fin, je ne pouvais passer un jour sans aller jouer à la pétanque, jusqu’à ce que je devienne accroc aux boules.

Il m’arrivait de rêver au jeu de pétanque. Comme j’étais la seule fille à Koulikoro qui pratiquait ce sport, un jour, on m’a offert un carton de boules pour m’encourager. Ce qui a fait que je jouais à tout moment à la maison et au terrain. C’est ainsi qu’en 2019, j’ai participé avec l’équipe féminine de Kayes à la 21e édition du championnat national  de pétanque à Ségou. Et cela, parce que Koulikoro n’avait pas d’équipe féminine. Nous sommes allées jusqu’à la finale. C’est comme ça que je suis devenue une passionnée de pétanque. Pour dire vrai, il y a du plaisir et de la passion à jouer à la pétanque. Je ne peux pas expliquer le degré de plaisir qu’on éprouve en jouant à la pétanque. Mais, tant que tu ne joues pas à la pétanque, tu ne peux pas connaître et savourer le plaisir que peut procurer ce sport.

Aujourd’hui, je suis très passionnée de pétanque. Les gens disent que la pétanque n’est pas un jeu pour femme. Cela n’est pas vrai. Les femmes aussi peuvent jouer à la pétanque, tout comme les hommes. Le jeu de pétanque est un vrai sport, complet, dans lequel les joueurs peuvent marcher des kilomètres avec les va-et-vient durant les parties et aussi faire des exercices de fléchissement pour le ramassage des boules. Ces exercices sont bons pour les articulations et le corps. Le jeu de pétanque est un vrai exercice physique, un bon entrainement sportif. Je suis licenciée de la Ligue de Koulikoro de pétanque.

Le jeu de pétanque se joue en 1 contre 1, en doublette (2 contre 2), en triplette (3 contre 3). Je gagne beaucoup d’argent dans les paris (coupe).  Mes parents m’encouragent dans la pratique de la pétanque. Ensuite, il y a beaucoup d’entraide, de générosité dans le milieu de la pétanque. Je participation à toutes les compétitions locales et nationales. Je me débrouille à merveilles dans la pratique de la pétanque. Je pointe et je fais le tir. J’aime vraiment jouer à la pétanque.

As-tu déjà participé à des compétitions et remporté des prix ?

J’ai intégré la Ligue de Pétanque de Koulikoro en 2020. Trois mois après, j’ai participé à la 21e édition du championnat national de pétanque à Ségou où Koulikoro s’est classé 2e au classement général. J’ai participé avec Koulikoro au championnat régional à Bamako. Chaque fois que Koulikoro participe à une compétition, je fais partie de la délégation. En tant qu’équipe féminine, nous jouons contre les hommes parce qu’il n’y a pas encore d’équipes féminines. Nous arrivons à battre des hommes, tout comme ils arrivent à nous battre. En individuelle, je n’ai jamais remporté de coupe, mais j’ai remporté des trophées ave l’équipe régionale de Koulikoro. Mon souhait est de participer à une compétition internationale. Je souhaite que les jeunes filles apprennent à jouer à la pétanque. C’est une discipline sportive comme les autres. Cela permettrait d’organiser une compétition entre les filles. Ce qui n’est pas le cas, aujourd’hui.

Quel appel pour la promotion de la pétanque féminine ?

J’invite les jeunes filles à intégrer les clubs de pétanque pou découvrir le jeu des boules, s’épanouir et faire la promotion de la discipline. Je veux qu’elles sachent que la pétanque est une discipline sportive comme les autres. Elles peuvent aussi la pratiquer comme les hommes. Ce n’est pas un jeu réservé aux vieilles personnes. Tout le monde, je veux dire hommes et femmes, jeunes et vieux, peuvent jouer à la pétanque.

                                                        

Entretien réalisé par Siaka DOUMBIA

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