Stade malien –FC Binga (3 -2) : Une défaite mal acceptée

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Deux penalties controversés en deux minutes (86ème et 88ème mn) ont changé le cours du jeu. Et le Stade malien qui a gagné en confiance s’est montrée plus entreprenante vers la fin de la partie en marquant le but de la victoire.

Le Stade malien de Bamako a remporté dimanche la 60ème édition de la coupe du Mali (3 -2) devant le F.C Binga, une équipe de deuxième division. Au terme d’un match palpitant qui a vu logiquement le petit poucet mener au score de 2 buts à 0 à la fin des premières quarante-cinq minutes. Tout a basculé en seconde période suite à deux penalties accordés au Stade malien et magnifiquement transformés. « Cadeaux » s’écriaient nombre de téléspectateurs dont le jugement est paraphé par nombre de commentateurs. Le second  penalty a soulevé plus de vives controverses de part du F.C Binga, le confortant dans ses réserves émises bien avant la rencontre sur l’impartialité de l’arbitre. La correspondance de son secrétaire général y a fait foi. La Fédération malienne de football (Femafoot) ne s’est point montrée réceptive à la sollicitation de changer l’arbitre central Arouna Coulibaly.

 

Deux penalties fatals

 

Deux buts en deux minutes (86ème et 88ème mn) ont douché l’espoir, plombé les ailes du F.C Binga et redonné une seconde vie au Stade malien. Ainsi la physionomie du jeu a changé. L’énervement suscité par les penalties, alors que l’affaire semblait plier- même si dans match de football la victoire n’est certaine qu’après le coup de sifflet final – le regain de confiance de l’adversaire a abouti à une troisième réalisation dans les arrêts de jeu.

A la fin de la rencontre, le F.C a piqué une colère noire compréhensible en prenant directement la direction des vestiaires, marquant ainsi son refus de recevoir la médaille de la deuxième place. N’eut été l’intercession des belles âmes, les joueurs seraient rentrés sans leurs médailles et le chèque  5 millions de F CFA.

Le stade totalise à son compteur 21 titres, talonné par le Djoliba A.C avec 19 finales gagnées, à une bonne longueur du l’A.S Réal qui distance le Club Olympique » de Bamako avec 3 titres, les Onze créateurs de Niaréla (2 titres) et l’Union sportive de Bougouni, L’Association sportive de Bamako, le Sigui de Kayes et l’USFAS bouclent la boucle en arrachant un titre chacun.

Georges François Traoré

 

Stade malien, club le plus titré

Fenêtre sur un passé élogieux

En 1963, le capitaine Bakaridian a prêté serment au nom de tous ses coéquipiers et a tenu parole en enlevant tous les titres des compétitions. Ce résultat est rendu possible grâce à un esprit de corps impeccable doublé d’une farouche détermination. L’apport de Yacouba Samabaly, Sadio Camara et Moriba Dembélé dit Char d’assaut a été fort appréciable.

Leur victoire de 1961 en coupe du Mali leur a permis de défendre nos couleurs en première édition de la coupe d’Afrique des clubs champions dénommée coupe N’Krumah. Le parcours est impressionnant, même si le Stade malien n’a pas réussi à remporter la coupe. Le premier adversaire a été l’Espoir de Saint Louis battu en première manche à Bamako au stade Mamadou Konaté sur un score fleuve de 4 buts à 0. Le match-retour n’a été qu’une simple formalité sanctionné par un but partout.

 

Le club redouté bouffé

 

Ensuite est venu le tour du Silly club de Kindia (Guinée) qui a empoché le gain du match à Conakry (4 – 2). Au retour, le Stade malien a remonté le handicap (2 – 0). A l’époque le but marqué à l’extérieur ne comptait pas double en cas d’égalité sur l’ensemble des deux rencontres.  Un match d’appui a départagé les deux équipes. Au terme duquel, la formation malienne est qualifiée au tour suivant (3 -2). Les buts maliens sont l’œuvre de Doudou Diakité, Salif Keïta et Tiémoko Sinaté, ceux de la Guinée ont porté la signature de Kandra. Puis, l’ASEC comme adversaire, les deux équipes se sont quitté dos à dos à Bamako (3 -3). Quinze jours plus tard au stade Felix Houphouët Boigny , le club ivoirien est battu (4 – 6) devant son public.

Le Stade malien s’est rendu à Accra, dans la capitale ghanéenne pour rejoindre les autres formations qualifiées en vue de disputer les dernières rencontres – demi- finales et finale. En première demi-finale, le Stade malien a terrassé l’équipe éthiopienne, Cotton Factory club, la plus redoutable du tournoi sur un score de 3 buts à 1. Le représentant malien a rencontré par la suite le club camerounais Oryx de Douala – qui a connu ses heures de gloire durant les années 1960. En 1965, alors que le club est vainqueur de la coupe des clubs champions d’Afrique en février de la même année, la République fédérale du Cameroun émet deux timbres en son honneur –  qu’il a perdu de justesse (1 – 0). Au cours des quarante-cinq premières minutes de jeu, les camerounais ont marqué 2 buts. Il a fallu l’entrée en seconde période de Tiémoko Sinaté pour réduire l’écart.

 

Le « jardin d’enfants »

 

Le Stade malien a connu une longue période de traversée du désert après la vague de départs des joueurs clés pour raison d’études, de formation en pilotage d’avion notamment. En 1968, un groupe de jeunes ont porté le maillot du club. Ils ont de l’ambition. Pas suffisant, pour voler de victoire en victoire. Leur physique fait pleurer. A tort ou à raison, ce groupe est peint sous les traits pas fameux de « jardin d’enfants du Stade » constitué de Mamadou Keïta, Idrissa Coulibaly alias Nèguè, Issa Yattassaye, Moussa Traoré dit Gigla, Mamadou Traoré, Cheichna Sylla, Mamadou Kanté dit Rougeot, Abdoulaye  alias Assurance, Modibo Diarra.  A force de travail, d’abnégation, de discipline de jeu et d’envie de vaincre, ils sont parvenus à la finale de la coupe du Mali en 1968. Toutefois, l’adversaire du jour est très coriace et s’appelait l’AS Réal de Bamako.

Loin de céder au découragement, ils se sont remis à la tâche et ont gagné en confiance et en maturité au cours des deux saisons suivantes. Ainsi, en 1970, le « jardin d’enfants » a fait sensation en enlevant le trophée. En coupe N’Krumah, le Stade malien est galvanisé par l’arrivée  de Mopti d’un jeune prodige, capable de semer toute la défense adverse et marquer. Cheick Fantamady a brillé de mille feux, et conquis sa place à l’équipe nationale.

Autant de joueurs talentueux qui doivent aussi une fière chandelle à la classe de dirigeants exceptionnels prompts à mettre la main à la poche, à sacrifier leur temps si compté pour que le Stade malien atteigne des sommets, à l’image de Mody Sylla, Dioncounda Samabaly dit Sam, Ousmane Maïga, Mamadou Oumarou Traoré , Amadou Beïdi Ouane et le président Fousseyni Diarra.

Les jeunes stadistes ont abordé la compétition avec beaucoup de sérénité et d’application. Ils ont écarté le Diaraf de Dakar au terme de deux matches riches en rebondissements. Les Sénégalais ont fait carton plein à Dakar (3 – 0) au stade Demba Diop. A Bamako, devant plus de 25.000 spectateurs, la première mi-temps s’est achevée sur un score vierge (0 -0). Après la reprise de jeu, Cheick Diallo blessé a cédé sa place à Lamine Traoré alias Jules qui fût le bourreau du Diaraf, en marquant 3 buts et Boubacar Falké a mis une fois la balle au fond du filet.

 

Effectifs du stade

Gardiens : Amadou Tembely ( 33 ans) Djigui Diarra (26 ans),  Assane Agodo (28 ans)

Défenseurs : Mamadou Doumbia (26 ans), Souleymane Coulibaly  (24 ans), Tidiane Sacko (23 ans),  Yacouba Doumbia (25 ans), Moriba Diarra (29 ans), Issiaka Samaké (26 ans), Moriba Diarra (25 ans)

Milieux : Mamadou Traoré (22 ans), Moussakoye Diallo (24 ans) Kalu Okechekwu , Saouti Traoré (25 ans), Seydou Koïta (22 ans), Sadio Kanouté  (24 ans) Guy Baronet Tchahou , Aly Desse Sissoko (26 ans), Sekou Konaté (23 ans), Babou Fofana (22 ans), Bourama Boiré (20 ans), Adama Samuel Kizito, Aboubacar Diarra ( 28 ans)

Attaquants : Bakary Samaké (17 ans), Salia Sanogo ((16 ans), Moussa Traoré (20 ans), Mamadou Coulibaly (35 ans), Demba Diallo (20 ans)Mamaye Fousseyni Coulibaly(21 ans), Agiri Aristides Ngola (19 ans)

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