Ousmane Almoudou Touré, syndicaliste : « Un acquis syndical se préserve »

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Les syndicats signataires du 15 octobre 2016 étaient face à la presse le 24 mai 2021 pour éclairer l’opinion publique sur l’acquisition de leur statut particulier et l’article 39 aujourd’hui menacés par d’autres luttes syndicales. Les syndicalistes ont surtout précisé que l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) n’a jamais contribué à l’obtention de leur statut.

 « Nous tenons à préciser que l’une des principales revendications de l’UNTM est l’harmonisation des grilles salariales. Elle exige de l’Etat qu’il relève toutes les grilles dont les plafonds sont inférieurs au plafond 1382 de la grille du statut du personnel enseignant de l’enseignement secondaire, fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale », explique Ousmane Almoudou Touré, porte-parole du syndicat des enseignants.

Acquit de haute lutte le 2 mai 2017, les enseignants sont profondément attachés à leur statut particulier qui, pour eux, est le fruit d’une longue et laborieuse lutte depuis octobre 2016.

« Un acquis syndical se préserve », a déclaré le porte-parole, avant d’ajouter qu’ils doivent sécuriser ce statut. « Le statut général n’est pas pour un seul syndicat, mais c’est pour tous les travailleurs. La grève de la centrale est fondée sur des propagandes. L’UNTM n’a aucunement contribué dans l’obtention et l’amélioration du statut des enseignants. Elle s’est même opposée à un moment donné à l’acquisition de l’article 39. Les enseignants ne sont pas les seuls corps bénéficiaires du statut particulier », a-t-il précisé.

Selon les enseignants, les revendications de la centrale syndicale ne datent pas d’aujourd’hui. « Depuis 2018, après l’obtention du statut du personnel enseignant, l’UNTM a obtenu un accord avec le gouvernement, qui relève la grille du statut général à 1100 et 1200 respectivement en 2019 et 2021. Aux termes des dispositions de l’article 39, les enseignants bénéficient de cette augmentation. Le gouvernement, en complicité avec la même centrale, avait refusé d’appliquer la loi. C’est ce qui a provoqué les mouvements de grèves de l’année dernière ayant conduit à la paralysie des écoles », explique M. Touré, porte-parole des enseignants.

Il ajoute que c’est à la suite de l’application de l’article 39 que la centrale a renouvelé ses doléances et exige du gouvernement qu’il relève le statut général à 1382 (plafond du statut du personnel enseignant).

Les enseignants indiquent que cette demande de la centrale remet en cause l’article 39 qui exige l’application automatique de toute augmentation sur le statut général tout en maintenant la grille du statut du personnel enseignant à son niveau actuel.

Les syndicats de l’éducation nationale affirment clairement qu’ils feront appliquer la loi par tous les moyens légaux. Ils refusent de participer à la conférence sociale après avoir refusé de participer aussi à l’atelier préparatoire.

L’article 39 a pour objets d’harmoniser les salaires des enseignants maliens avec ceux de la sous-région, d’apaiser le climat social et d’éviter les grèves intempestives. « L’insertion de l’article 39 et du statut du personnel enseignant n’a été ni une tromperie, encore moins une malice ou une erreur », insiste le porte-parole des enseignants.

 

Fatoumata Kané

 

 

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