L’édition 2012 du festival au désert à Essakane :Le festival des maliens et des autres noirs ?

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Depuis 12 ans, au mois de Janvier,  tous les regards au Mali et surtout dans le monde du tourisme se tournent sur le festival au désert à ESSAKANE. Essakane est un village situé à quelques 70 km de Tombouctou au milieu des dunes de sable immenses et gigantesques. Mais depuis trois ans ce festival est délocalisé à Tombouctou-ville à quelques 2km du monument de la flamme de la paix pour des raisons de sécurité.

En cette année de 2012 après beaucoup de doutes sur la tenue du festival, voici que les organisateurs sont en préparation sur le terrain, c’est-à-dire la mise en place des tantes d’accueil, des mini restaurants, l’entretient de la route, l’assainissement du site etc. Cela veut dire donc que la tradition de la tenue du festival au désert à Essakane ne sera pas rompue, en tous cas, à partir de cette année. Il se tiendra bien ! D’ailleurs, il ouvrira ses portes dès demain 12 janvier et les refermera jusqu’au dimanche dans la nuit comme d’habitude. Ce festival a même cette année une invitée de marque. Il s’agit de madame le Premier Ministre.

Le festival au désert à Essakane, ce vaste terrain de donner et du recevoir accueille chaque année des millions de festivaliers  venus des quatre coins du monde pour découvrir l’esthétique du désert, la culture nomade en particulier et celle du Mali en général. Mais la question que l’on se pose cette année est de savoir si les festivaliers viendront des quatre coins du monde. Cette année, ce festival multicolore, multiracial et multinational semble être destiné aux noirs, mieux aux maliens puisque la ville est vide de touristes blancs à 48 heure du début du festival. Même s’il y’aura des occidentaux ça ne sera pas comme les autres années. Peut-être que la pléiade de Ministres qui accompagneront la première Ministre avec leurs délégations pléthoriques compensera le vide laissé par les occidentaux. Ceci doit amener le Ministère du tourisme et de l’artisanat à penser à encourager le tourisme national. C’est-à-dire encourager les maliens à visiter le Mali. Un sikassois, un bamakois ou un ségovien à Tombouctou est effectivement ébailli au même titre qu’un occidental !  Visiter les lieux touristiques du pays ne doit pas être réservé exclusivement aux blancs, mais aussi aux nationaux et aux autres africains.

Mohamed Salaha

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