Réflexion sur les causes immédiates et profondes de l’insécurité dans certaines localités du Nord Mali : « Le véritable défi pour le peuple malien reste la préservation des acquis démocratiques issus de la révolution de mars 1991 » !

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L’insécurité a pris une fois de plus une proportion inquiétante dans le septentrion malien. Le 20 janvier 2012 pendant que l’armée malienne célèbre son soixantième anniversaire, un groupe dénommé le MNLA (mouvement national pour la libération de l’Azawad) lançait des attaques d’envergure contre les garnisons des villes d’Aguelhok, Léré, Ménaka, Tessalit et tout récemment  contre Niafounké. Ces attaques sont sans précédant dans l’histoire du point de vue de leur organisation simultanée et généralisée, des armes et moyens militaires utilisés par les assaillants et la cruauté des crimes et atrocités commis sur les civils et militaires pris en otage.

En ce qui concerne cette unième crise sécuritaire au Nord-Mali, et par ricochet au Sahara, cette vaste étendue désertique qui s’étend des côtes de l’Océan Atlantique en Mauritanie et au Sahara occidental en passant par l’Algérie, le Mali, le Niger, le Tchad, la Libye, le Soudan jusqu’aux côtes de l’Océan Indien, en Somalie. Le Sahara constitue une frontière naturelle entre le Maghreb et l’Afrique noire. Il constitue également un espace qui échappe fréquemment au contrôle des Etats en question à cause de la porosité de leurs frontières. Le Sahara est enfin une région favorable au fondamentalisme religieux de toute tendance. Il ne faut pas oublier qu’Oussama Bin Laden à longtemps vécu dans le désert soudanais.

Ces différentes caractéristiques du Sahara ont favorisé une désagrégation des équilibres socio-économiques et religieux avec l’émergence des mouvements jihadistes et indépendantistes ça et là. Le Sahara devient de plus en plus ‘’un no man’s land’’ (terre sans aucun homme) avec ses corolaires de prises d’otages occidentaux, de prolifération des armes de tout calibre, de trafics de stupéfiants en provenance essentiellement de l’Amérique latine.  En témoignent, les épaves de « air cocaïne » retrouvés au Nord du Mali.

Al-Qaïda au Maghreb connu sous le pseudonyme d’AQMI est une organisation terroriste formée par l’ex-GSPC algérien (Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat) et les adeptes d’Iyad Ag Ali qui ont subit plusieurs formations aux Medersas pakistanais.

Il y a lieu de rappeler ici les liens étroits entre Al-Qaïda et Iyad Ag Ali même si ce dernier dément tout lien avec les fondamentalistes pakistanais. En effet, ses premiers contacts remontent quant il occupait le poste de consul général du Mali à Djeddah où il effectua plusieurs voyages au Pakistan.

Le MNLA a été crée sur les fonts baptismaux par les bons soins d’Iyad Ag Ali après avoir récupérer quelques  combattants touaregs revenus de la Libye. Il ambitionne de contrôler une partie du territoire malien afin d’y installer un espace de non droit et de régner en maître absolu.

Il faut rappeler que sur le plan sociologique, certaines tribus auxquels appartient l’essentiel des combattants touaregs revenus de Libye n’ont pas une tradition républicaine et sont hostiles à l’Etat en tant que puissance publique. C’est ce qui explique les différentes tentatives de sécession que des pays comme le Mali et le Niger ont connu depuis leur indépendance en 1960.

Tout récemment, la fin tragique du régime de Mouammar Kadhafi a joué également en faveur de la recrudescence de l’insécurité dans la bande saharienne. En effet, les milliers de mercenaires touaregs qui ont combattu aux cotés des forces kadhafistes défaites se sont posés avec armes, bagages et pétrodollars entre le sud algérien et le nord nigérien et malien. Nombres d’entre eux revendiquent aujourd’hui le nord Mali comme leur patrie. Ces combattants composent de véritable bataillons de guerre, avec des régiments entiers armés jusqu’aux dents. Parmi eux, certains revendiquent des grades d’officiers supérieurs de l’armée libyenne sous Kadhafi.

Les troupes du CNT (conseil national de transition) appuyées par l’aviation de l’OTAN ont précipité ces unités touarègues à se retirer de la Libye avant même le lynchage de Mouammar Kadhafi.

L’une des conséquences de la chute du régime de Kadhafi est la rupture de la fragile paix qui régnait jusque là dans les régions nord du Mali et du Niger.

La communauté internationale doit appuyer par des actions concrètes les forces armées de ces pays sahéliens en vue d’engager une véritable lutte contre le terrorisme, le grand banditisme transfrontalier et les narcotrafiquants.

Aujourd’hui le Mali tout comme le Niger sont résolument engagés sur la voie de la démocratie où toutes les revendications des populations peuvent être portées par des canaux démocratiques. Rien ne peut justifier les actions militaires du MNLA contre l’Etat central et les civils.

Les uns et les autres doivent éviter de tomber dans le piège de la confusion entre les braves populations du Nord et les assaillants qui ont pris les armes. Le Mali est une vieille civilisation d’hospitalité et de pardon. Le véritable défi pour le peuple malien reste la préservation des acquis démocratiques issus de la révolution de mars 1991.

Par Madou NIMAGA,

Politologue et Enseignant-chercheur

A l’Université de Bamako

 

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OsloNJ 141
4 années 7 mois plus tôt

Ce prof doit etre parmi ceux qu ATT a ecoute pour creer le bourbier ou on se retrouve maintenant, les themes sont identique, **********************************t je ne sais quoi et pour intellectualiser le debat des analyses tires droit du copier-coller des journaux internationaux. ***************. Sachez que votre potion magique a deja ete appliquee avec les resultats que nous connaissons tous et foutez la paix au Nigeriens, ils n ont rien a voir avec ce debacle qui est authentiquement malien, en fait sans leur fermete et leur competence en detruisant certains rebelles maliens, la situation aurait ete encore pire. Vous ne saisissez meme pas les concepts de pardon d etat que vous avancez, un pardon n est valide et valable qu a partir d une position de force qui demande au prealable la securisation et le respect de l autorite. j***************************************************************************

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