Sikasso : Des directeurs d’écoles harcèlent les militantes du SNEB et confisquent le préavis de grève

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Pour qui roulent dans la capitale du Kénédougou messieurs les directeurs d’écoles, à chaque fois que, le Syndicat National de l’Education de Base décide d’observer quelques jours de grève ? En tout cas, on piétine la lutte. On tente à  plusieurs niveaux de mettre des bâtons dans les roues. Pourtant, il s’agit d’une  ville historique et bien connue pour sa célèbre tradition de résistance. C’est dire que les responsables de la Division SNEB de Sikasso ont de sérieuses difficultés. Ils souffrent à cause des multiples menaces : certains directeurs d’écoles harcèlent au quotidien les militants et, refusent très souvent, de se plier à la circulation du moindre préavis de  grève ou d’une note quelconque  provenant de la Coordination régionale.

 

La Coordination Régionale de Sikasso du Syndicat National de l’éducation de Base n’est pas contente  de l’attitude de certains directeurs d’écoles qui s’évertuent au quotidien à briser le rythme de la lutte syndicale. Pour preuve : du harcèlement des militantes SNEB en passant par la politique de diviser à la confiscation des préavis de grève, rien n’échappe à ces directeurs d’écoles  aux ordres pour contraindre les militants à renoncer au mouvement. Pour une fois encore, ces tenanciers d’établissements doivent se remettre à la lecture de Jean Paul Sartre pour apprendre que : « Un intellectuel est quelqu’un qui est fidèle à un ensemble politique et social, mais qui ne cesse jamais de le contester ».

 

Une attitude relevant d’une autre époque que la Coordination Régionale du SNEB a dénoncée avec la dernière rigueur, mercredi 5 octobre, au troisième jour de la grève de 120 heures décrétée par ledit syndicat. Pour monsieur Adama Sangaré, secrétaire général de la Coordination SNEB de Sikasso, il  n’est pas question de faiblir. Au contraire, « notre syndicat mettra tout en œuvre pour que la flamme de la résistance ne s’éteigne jamais car, nous avons une responsabilité à assumer devant Dieu et les hommes », a t-il martelé.

 

Les difficultés dans la région de Sikasso sont  liées à deux phénomènes majeurs : la présence massive des femmes et surtout l’immaturité syndicale de ces dernières. C’est dire que, cette région peut être considérée comme  assez particulière du point de vue du recrutement des enseignants dont la plupart sont des dames. Difficile, en tout cas d’admettre que des directeurs d’écoles  aillent jusqu’à balancer nuitamment des coups de fil, à tutoyer l’audace de jouer avec la conviction, avec la dignité et l’avenir des enseignantes dont le crime n’aura été que de participer à une lutte syndicale. Qu’ont-ils appris ces directeurs d’écoles à leurs  élèves, à propos de la lutte syndicale, en dehors d’une amélioration des conditions de vie ? 

 

En effet, les menaces suivantes d’un directeur d’école qui tiennent d’une réflexion, à la limite moyenâgeuse restent très éloquentes: « Madame, si vous restez quelques heures de plus à la maison, je vous dénoncerai à l’Académie qui prendra toutes ses responsabilités… ». « Et c’est comme ça que les pauvres dames menacées ont dû reprendre le travail dans les meilleurs délais », fulmine  un militant SNEB.

 

 Cette mauvaise manière de servir de pseudo-pédagogues que les responsables syndicaux ont du mal à expliquer n’honore ni plus ni moins des cadres en service dans une ville connue pour sa belle allure de résistance historique.

Autre difficulté à Sikasso, c’est l’acte que vient de prendre la Coordination Régionale du Syndicat National de l’Education de Base à l’issue de l’Assemblée de la rentrée scolaire en date du 28 septembre 2011. A la loupe, on vise le Directeur régional de l’INPS qui affichent la terrible résistance de fournir aux militants la liste des 2500 non adhérents à l’Assurance Maladie Obligatoire(AMO).S’il fallait prendre les propos des syndicalistes telles des paroles d’Evangile, le directeur régional de l’INPS aurait dit qu’il ne relevait pas de sa compétence de se livrer à une telle entreprise. Un bras de fer, à dire vrai, qui se profile à l’horizon.

A suivre

Par Moussa Wélé Diallo

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