Niafunké, Diafarabé et Akka ont désormais leurs Centres de traitement et de conditionnement du poisson : Le ministre de l’Elevage et de la pêche inaugure les trois infrastructures d’une valeur de plus de 2 milliards de FCFA

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Au nom du président de la République, le ministre de l’Elevage et de la pêche, Bokary Tréta, a procédé à l’inauguration officielle des Centres de traitement et de conditionnement du poisson de Niafunké dans la région de Tombouctou, d’Akka (cercle de Youwarou) et de Diafarabé (cercle de Ténenkou) dans la région de Mopti. Les différentes  cérémonies d’inauguration ont regroupé autour du ministre les autorités administratives, coutumières et communales des différentes localités, des cadres du ministère de l’Elevage et de la pêche et de nombreux bénéficiaires. D’une valeur de plus de 2 milliards de FCA, la construction de ces infrastructures vise à améliorer le revenu des communautés de pêcheurs en levant une des principales contraintes : la valorisation insuffisante de la production halieutique.

Les Centres de traitement et de conditionnement du poisson que le ministre de l’Elevage et de la pêche a inaugurés ont été réalisés par le Projet d’appui au développement de la pêche continentale (PADEPECHE). Fruit, de la coopération entre le gouvernement et le Fonds africain du groupe Banque africaine de développement (BAD) ce projet s’inscrit en droite ligne du Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (CSCRP) et de la mise en œuvre du Schéma directeur de développement de la pêche et de l’aquaculture.

Financé à hauteur d’un peu plus de 13 milliards de F CFA par la BAD et lancé, le 24 avril 2004, par le président de la République, Amadou Toumani Touré, le PADEPECHE ambitionne d’améliorer les conditions de production halieutique pour la satisfaction des besoins alimentaires des populations maliennes et augmenter le revenu des pêcheurs. Sa durée est de six ans et la date de clôture est prévue au 31 décembre 2012. Le projet s’appuie sur la stratégie de développement rural décentralisé et participatif, fondée  sur le dialogue, la responsabilisation et la participation des acteurs, les producteurs en particulier aux activités de développement de la pêche. Le PADEPECHE couvre la zone inondée de la région de Mopti et une partie de la région de Tombouctou. Les bénéficiaires du projet sont principalement les pêcheurs estimés à 70 000 personnes. Selon le Coordinateur du PADEPECHE, Koreïssi Balla Konaré, la construction de ces centres de traitement et de conditionnement du poisson vise à améliorer le revenu des communautés des pêcheurs en levant une des principales contraintes : la valorisation insuffisante de la production halieutique. Pour le ministre de l’Elevage et de la pêche, l’augmentation de l’effort de pêche consécutive à l’exploitation des infrastructures et leur utilisation à bon escient seront de nature à améliorer quantitativement et qualitativement la production, à travers une application de bonnes pratiques de conservation, de traitement, de transformation, de stockage, de conditionnement et de l’écoulement rapide de la production.

Bâti sur une superficie d’un ha, le centre de traitement et de conditionnement du poisson de Niafunké a été financé pour un coût total de 628 879 705 FCFA. Et, ce samedi 18 juin, les autorités communales de pouvaient de s’en réjouir. Selon le maire, Samba Bah, cette infrastructure permettra, à coup sûr, de contribuer à la sécurité alimentaire et de lutte contre la pauvreté. Car, poursuit-il, dans la nuit des temps, " le kilogramme du capitaine  faisait 500 FCFA contre 2 000 FCFA aujourd’hui".  Avec la même superficie que celui de Niafunké, la valeur du Centre d’Akka dont le ruban symbolique a été coupé par Dr Bokary Tréta devant Dieu et les hommes, le dimanche 19 juin, est estimée à 574 185 852 FCFA. "Avec cette infrastructure, nous avons maintenant compris le gouvernement. La gestion nous va droit au cœur. Etant donné que le malade ne fait jamais confiance à Dieu, veuillez poursuivre cette œuvre pour mettre l’homme pêcheur au centre de son développement ", a déclaré le maire de la commune, Daouda Sanogo. La troisième et dernière cérémonie d’inauguration s’est déroulée le lundi 20 juin à Diafarabé. La réalisation du centre de traitement et de conditionnement du poisson de Diafarabé, situé au cœur du Delta central du Niger et représentant plus de 80% de la production de la production nationale de poisson, a coûté 867 006 089 FCFA au PADEPECHE. Au nom de tous les bénéficiaires et de sa collectivité, le maire de la localité s’est réjoui de cette réalisation gigantesque.

Partout, le ministre a engagé le PADEPECHE à accélérer ses actions pour que le maximum de réalisations se fassent en 2011. Avant de demander à l’ensemble de la profession de s’approprier de ces joyaux dont la gestion efficace et efficiente s’impose à tous pour une gestion durable de la pêche au Mali.

Toutes les infrastructures inaugurées par le ministre de l’Elevage et de la pêche ont presque les mêmes caractéristiques. Chacune d’elle comporte une plate-forme (esplanade), un quai d’accostage avec piquet d’arrimage, un bloc administratif, un logement visiteurs, un bloc de quatre latrines, un hangar de réception des marchandises, une loge pour gardien et magasin de stockage. S’y ajoutent un hangar de fumage du poisson, une aire de séchage du poisson, un local technique, une chambre froide pola conservation du poisson, un bloc latrines publiques, un château d’eau, un forage équipé de pompe électrique, un groupe électrogène, une cuve et une pompe à carburant. Sans oublier des bascules, des chariots de transports du poisson, des bacs alimentaires, une station d’épuration des eaux usées, des tricycles pour l’évacuation des déchets solides, une zone de fixation des berges par le vétiver et une zone de plantation d’arbres et d’aménagement des zones d’empreint. A ces trois centres de traitement et de conditionnement s’ajoutent ceux de Konan (déjà inauguré par le président de la République) et de Mopti en chantier.

Soumaïla GUINDO

*Envoyé spécial

Le PADEPECHE en bref

Le Projet d’appui au développement de la pêche continentale dans le delta central du Niger (PADEPECHE) financé à hauteur d’un peu plus de 13 milliards de F CFA par la Banque africaine du développement (BAD) à travers le Fonds africain de développement (FAD) et le gouvernement du Mali avec un apport des bénéficiaires, a été lancé, le 24 avril 2004, par le président de la République, Amadou Toumani Touré. D’une durée de six ans, le projet, qui couvre les régions de Mopti et Tombouctou, a commencé ses activités en juin 2006.

Le PADEPECHE, avec ses trois composantes – aménagement des infrastructures, développement de la production et gestion du projet – a pour ambition de faire face à ces contraintes en contribuant au renforcement de la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté, à travers l’amélioration des conditions de production halieutique pour la satisfaction des besoins alimentaires et le relèvement du niveau de vie des pêcheurs.

Les activités principales devant aboutir à l’atteinte de ces objectifs portent sur la construction des débarcadères et installations connexes à Mopti et Konna, la construction de centres de traitement et de conditionnement du poisson à Akka, Diafarabé et Niafunké, la mise en place d’un fonds de développement local en appui aux initiatives communautaires, l’aménagement de 10 000 ha de mares, le reboisement de 5 000 ha de berges, l’alphabétisation de 12 000 auditeurs, la mise en place de groupements d’acteurs de la filière et la formation de 55 comités de gestion.

SG

 

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