Banqueroute à JIGIYASO BA: Les Travailleurs exigent le départ du  DG

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    Le Directeur Général de la Caisse JIGIYASO BA, Moussa Bakayoko, se croyait tout permis. Il s’est lourdement trompé. Ses travailleurs ont désormais juré de le mettre à la porte pour un chapelet de raisons. Ils ont déjà invité le Vérificateur Général à venir constater «les crimes» de leur DG  et de la responsable financière, Mme Berthé Awa Diakité.

    C’est depuis le mois de mai dernier que la Caisse d’épargne et de crédit JIGIYASO BA est en cessation de paiement des salaires de son personnel technique, suite à une crise de trésorerie qui s’est installée il y a quelques mois. En effet, il ne s’agit ni plus ni moins que de la mauvaise gestion, c’est-à-dire de la dilapidation des ressources de l’établissement. Et pour cause ?

    Dans leur pétition dont copie a été adressée au Bureau du Vérificateur Général (BVG), les travailleurs  expliquent que leur demande de démission du DG est motivée par la lamentable situation dans laquelle s’est embourbée la Caisse et ses premiers responsables dont Moussa Bagayoko et Mme Berthé AWA Diakité. «La mauvaise gestion des fonds de l’Union des Caisses d’Epargne et de Crédit JIGIYASO BA (dépôts des CEC, fonds des partenaires PADEC,  ADN,  Handicap international, SNV DERK, etc) , extension du réseau sans opportunités des succursales de Sikasso, et du Guichet central de Faladiè à Bamako». Nous ne sommes qu’au début d’un chapelet de faits graves les uns que les autres reprochés au DG.

    Selon nos sources, le DG et la responsable financière sont à l’origine d’un clientélisme flagrant dans le recrutement du personnel. En effet, il n’y a presque jamais eu d’avis de recrutement concernant l’établissement. Les recrutements se font dans la discrétion la plus parfaite et dans l’anarchie, car autant il n’y a pas d’avis, autant il n’y a pas de tests ou d’offres de service.

    Egalement, la tension de trésorerie a tellement laminé les Caisses de JIGIYASO BA que certaines Agences ne parviennent plus à ouvrir de façon journalière. D’ailleurs, les gérants sous menace, sont obligés de se débrouiller toujours pour échapper aux agressions des clients rouges de colère. Ce n’est pas tout. Les travailleurs réclament également la désaffiliation de deux Caisses de la région de Tombouctou pour non respect des engagements signés entre les projets partenaires ADN et DAYE. De leur avis, les Agences concernées (Tombouctou et Goundam) sont confrontées à un problème de survie toujours lié à la mauvaise gestion et au pilotage à vue.

    Déjà, il faut préciser que la Caisse de Niafounké est en cessation d’activité, faute de ressources liquides. Par ailleurs, les fournisseurs de JIGIYASO BA sont en révolte pour retard dans les paiements de leurs factures. Une situation qui a abouti à la rupture régulière et répétitive des prestations de service.

    Autre grief formulé dans la pétition des travailleurs : la non satisfaction des demandes de refinancement et de versement des subventions de l’Union des Caisses JIGIYASO BA par certaines banques dont la BMS et la BOA-Mali et des partenaires techniques et financiers pour des raisons multiples. Il s’agit, entre autres, du manque de confiance et des comptes non validés par les auditeurs. A tout ceci, s’ajoutent l’absence de plan de carrière pour le personnel et le non paiement des salaires des travailleurs.

    Malgré la gravité des faits qui lui sont reprochés, le DG Moussa Bakayoko, s’est mis en quarantaine entre des murs d’acier. Par plusieurs fois, nous avons tenté de le joindre afin de nous fournir des informations sur cette scabreuse affaire qui, à n’en pas douter, le conduira très bientôt devant les redoutables limiers du Pôle économique. Mais, le mystérieux «prédateur» est demeuré introuvable.

    Pourtant, cet établissement comme bien d’autres, ont été créés pour contribuer à la réduction de la pauvreté. C’est sans doute la raison pour laquelle, il a bénéficié de l’appui technique et financier de WORLD EDUCATION et ses ONG partenaires. JIGIYASO BA a été agréé le13 octobre 1999 par arrêté N° 99/2305.

    Aux dernières nouvelles, nous apprenons que les auditeurs de la BMS ont déjà atterri  dans certaines Agences dont celle de Sikasso. Saisi par la même pétition, le Bureau du Vérificateur Général s’apprête lui aussi à envoyer sur place une mission de contrôle sur la gestion controversée de M. Bakayoko et de sa complice, Mme Berthé. Selon nos sources, les montants reprochés à leur gestion s’élèveraient à plusieurs dizaines de milliards de FCFA.

    Curieusement, le Ministre de l’Economie et des Finances, Lassine Bouaré, reste muet comme une carpe face au vandalisme de Bakayoko et associés. Pourquoi ? La réponse est toute simple. Le Ministre de l’Economie et des Finances est un pompier, pas n’importe lequel. Il est doué lorsqu’il s’agit d’arroser la cendre. Super ou sapeur ? Il le prouvera sans doute !
    Abdoulaye NIANGALY

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