Huilerie ALCOMA A Bougouni : La qualité de l’huile toujours douteuse

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    Depuis plus de deux ans, les consommateurs de Bougouni se plaignent de la qualité de l’huile de l’huilerie ALCOMA implantée à Bougouni depuis 2006. Après une inspection effectuée  par l’Assemblée Nationale et des services techniques, le 21 novembre 2011, le département ministériel du commerce et de l’industrie vient de déposer un rapport d’analyse qui relance le débat sur la qualité de l’huile de cette huilerie.

    A titre de rappel, suite aux murmures autour de la qualité, du sous-emploi, de l’environnement  de la taxe, dans la cité du Banimonotié, la Commission Mine et Industrie de l’Assemblée Nationale a sillonné le site de l’usine ALCOMA de Bougouni en compagnie de son promoteur M. Rakeich RAVANE et son équipe. Un mini forum dans la salle de réunion du conseil de Cercle de Bougouni a suivi cette visite sur le terrain. Toutes ces démarches avaient pour but  de vérifier ;  si la qualité de l’huile, les conditions de travail des employés, la durée de l’exonération de l’huilerie, l’impact des déchets industriels sur la nature.
    Suite à cette mission de l’AN, le débat a continué à faire couler beaucoup de salive et d’encre. Pour ce faire, le Président du tribunal de Bougouni, Yaya Karambé est revenu sur le contrôle en saisissant le département du commerce et de l’industrie de l’affaire et particulièrement concernant la qualité des produits.
    Ce dernier a adressé au Préfet avec ampliation aux services techniques  et politiques de Bougouni, une lettre  dont l’objet est la Transmission des résultats d’analyse sur les produits de l’usine ALCOMA.
    Le président du tribunal a affirmé dans cette lettre : « Nous avons l’honneur de venir par la présente vous faire parvenir les résultats d’une analyse et contrôle que nous avons sollicité du département en charge du commerce et de l’industrie et dont les résultats jurent avec la rumeur qui a circulé un moment donné à travers notre ressort. Ce résultat, après les nombreuses missions dépêchées par nos soins et composées de plusieurs services locaux et structures, vient mettre un terme au débat qui avait élu domicile dans notre circonscription quant à la qualité des produits de cette unité.
    Dans l’espoir que vous en tirez le maximum d’information, nous vous prions de croire Monsieur, à l’expression de notre sentiment de très grande disponibilité ».
    Quel est le fondement de cette lettre du président du tribunal de Bougouni ?
    En fait, du 18 au 23 janvier 2012, à la demande du président du tribunal de Bougouni, le département du commerce et de l’industrie a procédé à l’analyse d’un échantillon de 5 litres prélevé du lot N°112 du 18 janvier 2012. Le 25 janvier le Laboratoire National de la Santé a livré le certificat d’analyse N°12-006 portant l’échantillon prélevé.
    Selon ce certificat du LNS, afin de contrôler la qualité de l’huile de l’ALCOMA,  l’analyse a porté sur ces paramètres : indice de saponification, de peroxyde (méq d’O2 peroxydique/Kg d’huile), d’acide (mg de KOHg d’huile), d’humidité %, et teneur en savon n ppm.
    Dans la conclusion du certificat, le LNS affirme que les valeurs des paramètres sont conformes.
    Mais, il a introduit une expression qui relance le débat à notre humble avis, à savoir : « NB : Ce certificat d’analyse ne concerne que l’échantillon soumis à l’essai ».
    On se souvient que le 21novembre 2011, lors de la mission de la Commission Mine et Industrie  de l’Assemblée Nationale, M. Souleymane Cissé, responsable du service phytosanitaire à Bougouni a dénoncé la méthode non conforme de rinçage des vielles barriques dans lesquelles l’huile sera transportée chez les consommateurs. Sur le terrain nous avons été des témoins visuels du rinçage de ces barriques avec des morceaux de sacs plastiques au bout des bâtons. La soude caustique et le savon OMO étaient mélangés à l’eau pour le nettoyage des fûts.
    Selon M. Cissé avec cette méthode de rinçage, l’huile peut être bonne au sortir de l’usine, mais infectée avant le consommateur à cause des emballages. De même, il a signalé que le prélèvement pour le contrôle de la qualité de l’huile doit s’effectuer régulièrement et par lot au lieu des prélèvements occasionnels.
    Au vu de toutes ses hypothèses et la porte de sortie que le LNS s’est faite en disant que « Ce certificat d’analyse ne concerne que l’échantillon soumis à l’essai », est-ce que nous pouvons résolument conclure que la qualité de l’huile de l’ALCOMA est sans danger pour le consommateur? Sachant bien que les barriques utilisées comme emballages sont de provenance méconnue, certaines sont des barriques de palme d’or et les autres ? Le fait que l’huilerie reconnaît que elle doit utiliser les nouveaux bidons à la place des vieilles barriques qui constituent bel et bien  une source d’intoxication des consommateurs. En conclusion ces résultats de l’analyse du LNS ne peuvent qu’apaiser le climat social, mais le débat continue jusqu’à preuve du contraire.
    A suivre..
    Seydou  KONE

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