La crise au Mali pèse sur le mental des réfugiés

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Les réfugiés de la crise au Mali montrent des signes de traumatismes psychologiques alors que des dizaines de personnes fuient la guerre entre le gouvernement malien et les séparatistes de l’Azaouad dans le nord du Mali.

Les réfugiés du conflit au Mali cherchent des abris provisoires sous des tentes dans le nord-est de la Mauritanie.

Au Camp Mbéré, au nord-est de la Mauritanie, les militants du Croissant rouge s’efforcent d’alléger les souffrances et de réduire les complications de la situation psychologique. Mais leurs efforts ne sont toutefois pas suffisants, selon certains réfugiés qui vivent dans ce camp.

“Un nombre inconnu de femmes et d’hommes sont aujourd’hui sans abri du fait de la guerre et personne ne sait ce qu’il est advenu d’eux”, a expliqué Mehdi Ould Ibrahim, un réfugié malien, à Magharebia.

“Durant les bombardements, les gens se sont enfuis dans plusieurs directions, notamment les pères et les mères partis pour l’étranger ou qui participaient à des voyages d’affaires spéciaux en dehors de Tombouctou”, a-t-il ajouté, expliquant qu’au moins une centaine de garçons et de filles sans abri ne savaient rien du sort de leurs parents par suite de la panique causée par des attaques répétées contre les villes du nord du Mali.

Mehdi, un autre réfugié faisant la queue pour un contrôle médical, a expliqué à Magharebia : “La plupart des victimes de ce camp qui ont perdu leur famille sont originaires de Tombouctou et de Monké, dans le nord du pays.” Selon lui, ils sont encore en vie, grâce à des voisins et des proches qui les ont évacués après que les rebelles eurent lancé l’assaut contre ces deux villes.

Outre les enfants déplacés, certains proches des réfugiés auraient été assassinés par des membres d’al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et d’Ansar al-Din.

Le réfugié Abou Bakr Ould Ahmed a expliqué à Magharebia qu’AQMI avait exécuté plusieurs personnes sans qu’aucune accusation n’ait été retenue contre eux.

“Les gens ont fui l’organisation lorsqu’elle est entrée dans Tombouctou et Leyra parce que la plupart d’entre eux avaient peur”, explique-t-il. “Ils ont abandonné leurs maisons et leur argent et ont fui le pays.”

“Certains sont même morts dans ces circonstances mystérieuses non loin de la frontière algérienne”, a-t-il précisé.

Mohamed Mahmoud Ould Sheykh, directeur de mauripress.info et militant au sein d’une organisation humanitaire, a rapporté les propos de Fatima Mohamed Seydou, une réfugiée, qui explique : “Des membres d’AQMI ont abattu mon père devant mes propres yeux.”

Elle a expliqué que son père était connu pour son opposition aux activités terroristes d’AQMI, qualifiant souvent leur idéologie “d’extrémiste”.

Selon elle, “des membres de l’organisation l’ont d’abord enlevé pour lui faire peur, mais voyant que cela ne le faisait pas changer d’avis à leur sujet, ils l’ont exécuté”.

Pour d’autres, la relation psychologique avec cette crise est d’une nature différente. Les camps de réfugiés sont remplis de personnes ayant subi des pertes au profit d’AQMI.

Mohamed Ali a perdu son fils Ahmed Ould Mohamed Ali lorsque celui-ci a été tué par AQMI qui l’accusait d’espionnage au profit de l’armée malienne.

La famille d’Abou Bakr Ould Hamed est un autre exemple ; enlevé à Tombouctou dans des circonstances mystérieuses par le groupe terroriste, il avait été relâché par la suite. Mais il est aujourd’hui recherché par les services de sécurité mauritaniens.

Il y a également les familles de certains responsables, comme le colonel Hama, tué par le groupe terroriste.

Oumar Ould Mohamed, médecin au camp de réfugiés de Mbéré, a expliqué que les personnes déplacées connaissent de grandes difficultés à gérer les traumatismes psychologiques engendrés par la guerre.

“Certains réfugiés qui connaissent une situation psychologique particulièrement difficile par suite du cycle de la terreur ont aujourd’hui instamment besoin de plus d’assistance et de programmes de soutien psychologique”, a-t-il expliqué.

Mais au-delà des problèmes mentaux, les réfugiés sont confrontés quotidiennement à des difficultés matérielles.

Antitu Bint Ebrihmat, l’une de ces réfugiés, explique que la vie quotidienne dans le camp a un fort impact sur sa santé mentale. Elle explique que les réfugiés qui sont arrivés récemment n’ont obtenu ni tente ni ration alimentaire quotidienne.

“La plupart des réfugiés sont favorables à l’intégrité territoriale du Mali et rejettent tout appel au séparatisme vis-à-vis du régime de Bamako”, explique-t-elle.

 

Par Raby Ould Idoumou pour Magharebia.com  – 24/06/12

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1 commentaire

  1. C`est bizzare comme article de presse!C`est comme si les refugies en mauritanie ne sont constitues que des Maures de Tombouctou.

    Il y a une odeur de manipulation qui tourne autour de tout cela.

    C`est comme si son auteur se reproche ou justifie quelque chose par rapport a cette communaute`

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