Lutte contre le trafic et l’utilisation de médicaments contrefaits: L’implication de tous s’avère nécessaire !

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La première édition des journées nationales de lutte contre le trafic et l’utilisation de faux médicaments a été célébrée du 27 au 28 février 2012 , au Centre International de Conférence de Bamako, sous la présidence d’Amadou Toumani Touré, président de la République. A ses cotés, il y avait Mme Diallo Madeleine Ba, ministre de la santé et de Dr Abdou Doumbia, président du Conseil National de l’Ordre de Pharmaciens.

 

Les médicaments contrefaits, ou simplement les faux médicaments, sont des produits dont la composition et les principes actifs ne répondent pas aux normes et aux exigences scientifiques. Des produits qui ont une fausse présentation de leur identité, de leur composition ou de leur origine. Il s’agit, le plus souvent, de produits contenant de faux ingrédients ou faux composants sans principes actifs, ou des produits avec des quantités anormales ou insuffisantes d’ingrédients actifs ,ou avec de faux emballages ou de faux étiquetages.

La vente illicite de ces médicaments, constitue une grave menace pour la santé publique, donc un véritable fléau, dont les conséquences dramatiques en termes de pharmaco-résistances, risquent d’anéantir tous les efforts de nos stratégies de traitement des maladies prioritaires .

La contrefaçon de médicament est aujourd’hui un problème mondial. Selon la Food and Drug Administration (FDA) ,  les médicaments contrefaits représentent 10% du commerce mondial. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, 40% de ces médicaments sont écoulés dans les pays développés, et les 60% dans les pays en voie de développement. Dans les pays riches, il s’agit majoritairement de produits coûteux comme les hormones et les corticoïdes. Dans les pauvres, le marché visé est celui des antibiotiques, des antalgiques et des médicaments contre la tuberculose, le Sida ou le paludisme, en somme les médicaments contre nos maladies prioritaires. On se souvient encore il y a quelques années, de l’Administration de 50.OOO doses de faux vaccins contre la méningite dans un pays de notre sous région, qui aurait entrainé la mort de 2.5OO personnes.

La gravité du problème est telle, que tous nos pays ont besoin de mettre en place     des systèmes efficaces de régulation de la circulation des médicaments, pour prévenir et détecter les faux médicaments et aussi prendre des mesures appropriées pour lutter contre les contrefacteurs.

La Commission  Nationale de lutte Contre la Vente illicite de Médicaments a été créée en février 2002, et des commissions régionales et locales ont été mises en place dans les régions et les cercles du Mali, sous  l’impulsion du président Amadou Toumani Touré.

Selon Mme Diallo Madeleine Ba, ministre de la santé, la lutte contre les médicaments contrefaits est une lutte de longue haleine . Le département de la santé s’engage à tout mettre en œuvre pour favoriser les comportements sanitaires appropriés des usagers et extirper les médicaments contrefaits de notre système de santé, a laissé entendre Mme Diallo Madeleine Ba .

Pour le Dr Abdou Doumbia, président du conseil National de l’Ordre des Pharmaciens du Mali, le fléau s’amplifie chaque jour pour des raisons d’insuffisances d’information des populations, et d’insuffisances de mesures répressives en la matière. ” Les faux médicaments ne sont que des drogues mettant en danger la vie de nos populations. Lutter contre ces faux médicaments et la vente illicite devient alors une question de respect de la dignité humaine ” a- t-il indiqué par ailleurs. A la fin des travaux, les participants ont formulé un certains nombreux de recommandations,  notamment au Gouvernement d’instruire la mise en place d’un programme national multisectoriel de lutte contre la vente et l’utilisation de médicaments illicites et en assurer son financement, la mise en application stricte des textes législatifs et réglementaires existants et l’instauration d’un cadre législatif et réglementaire, la sensibilisation et l’information du public sur les méfaits des faux médicaments etc.

Sollicitons l’appui des fondations Chirac et Pierre Fabre, de Leem et l’Organisation Mondiale de la santé pour réussir ce combat.

A.Touré

NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.