L’avenir de l’Unité Africaine après la mort de Kadhafi :La jeunesse doit s’engager pour sauver le continent

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Leader charismatique a la personnalité majestueuse et atypique, Mouammar Kadhafi a marqué son temps surtout par son nationalisme et sa volonté manifeste de faire de l’Afrique une puissance, secouer les vieux clichés et les préjugés dont les africains étaient et sont  toujours victimes.

L’homme dans son pays

Parvenu au pouvoir à la faveur d’un coup d’état pacifique en 1969, l’homme se fixa comme souverain objectif de redresser économiquement son pays, d’entreprendre les travaux de reconstruction  nationale et plus tard, réunifier les états africains afin de pouvoir former un bloc imposant pour tenir tête à la volonté de domination sans fin de l’occident jaloux de l’autonomie et de la prospérité de l’Afrique.

La Libye avant Kadhafi n’était pas moins misérable que job : chômage, famine, insuffisance d’infrastructures et de superstructures digne de ce nom, corruption et tribalisme furent le lot des libyens et la nation semblait être en dérive malgré l’abondance du pétrole que la nature a gratifié au pays. La boucle semblait bouclée, l’horizon bouché et même la lueur d’une réforme n’était visible en perspective pour le peuple libyen particulièrement pauvre, affamé, mais paradoxalement riche en toutes les potentialités pour se développer.

C’est dans cette atmosphère désespérée où s’annonçait déjà l’apocalypse aux yeux de la Libye qu’un jeune officier risqua sa peau au nom de la libération et de la grandeur nationale en renversant le régime parasitaire du roi Idriss alors âgé de 80ans. Ce jeune, Mouammar Kadhafi, se réclamait l’épigone d’Abdel Nasser de l’Égypte. 

Le coup étant fait, Kadhafi nationalisa le pétrole avant de rendre le pouvoir au peuple par la création de la république dont il ne sera que le guide.

L’arrivée de Kadhafi au pouvoir favorisa l’avènement d’une condition décente de vie et de travail : éducation, santé, logement, bref, tous les besoins élémentaires étaient assurés par l’état. Les dépenses budgétaires par an étaient estimées à plus de 22 milliards  d’euro, soit plus de quatorze milles milliards trois cents millions de FCFA. Pour l’accessibilité de l’eau à tous, le guide libyen procéda aux travaux titanesques de forage du fleuve artificiel qui n’a pas de précédent dans l’histoire de l’humanité s’étendant de Tripoli à Benghazi, ce qui eut une incidence financière de trente milliards de dollars.

Le bout du tunnel est donc atteint et la prospérité matérielle et morale assurée à telle enseigne que les banques locales montrèrent leur incapacité à héberger tous les fonds nationaux. Alors, investir dans les pays étrangers parut judicieux à savoir : USA 77 milliards de dollars, Londres 1,6 milliards d’euro, France 7,6 milliards d’euro, pays bas 100 millions d’euro, Canada 3,5 milliards de dollars, Allemagne 1,5 milliards de dollars, Suisse 6500 millions d’euro, ONU 1,5 milliards de dollars, Italie 3 milliards de dollars, Australie 1 milliard de dollars, et cet inventaire est loin d’être exhaustif.

Kadhafi vers l’unité africaine : projets et initiatives

Depuis les indépendances, les premiers dirigeants noirs, conscients que les querelles tribales de leurs ainés, savamment exploitées par les colons, facilitèrent la pénétration coloniale, décidèrent d’unir tous les peuples de l’Afrique pour dresser une barricade assez solide devant le retour à l’esclavage et à la colonisation. L’Afrique ne voulait donc plus se définir en fonction de tel ou tel bloc, mais affirmer sa dignité  et son identité propre. La politique de « diviser pour régner » de l’homme blanc semblait sclérosée. C’est dans cette perspective que naquit successivement le RDA, le panafricanisme et l’OUA. L’une des figures de proue des indépendances africaines, en occurrence, M. MODIBO KEITA parla ainsi : « Si vraiment, nous sommes les uns et les autres animés de la volonté ardente de faire l’unité africaine, il faut que nous prenions l’Afrique tel qu’elle est ; il faut que nous renoncions aux prétentions territoriales si nous ne voulons pas instaurer en Afrique ce que l’on pourrait appeler l’impérialisme noir ».

Malheureusement pour le continent, tous ces nationalistes qui ont « dérangé » en disant non aux démons de la malveillance européens furent éliminés physiquement par ces puissances sauvages qui gardent toujours la mainmise sur nos affaires avec la caution et la bénédiction de quelques agents noirs dévoués à leurs intérêts.

Le RDA mis en place éclata par la défection des judas sénégalais et ivoirien. Celui-ci affirma que son pays ne pouvait pas être la vache laitière des démunis de l’Afrique, l’OUA agonisante fonctionnait à l’envers  et le continent sombra derechef dans le chaos. Cette nouvelle division donna l’opportunité au néocolonialisme et à l’impérialisme de s’implanter en Afrique plus fort que jamais conformément au plus grand souhait des observateurs étrangers. Pendant plusieurs décennies, d’un bout à l’autre du continent, sévissent l’analphabétisme, le chômage, la famine, les guerres civiles et les rebellions qui ont transformé l’Afrique en une véritable scène d’horreurs ainsi que bien d’autres fléaux.

Cependant, aucune volonté politique de la part des autorités africaines de faire sortir leurs peuples de l’ornière, au contraire elles accentuent le pillage de leur Etat respectif, dépouillant ainsi leurs peuples de toute dignité ; s’il y en avait les moyens des ambitions faisaient défaut.

Comme un messie le dirigeant libyen s’est embarqué dans le même navire que l’Afrique pour qu’ensemble ils puissent arriver à bon port. De la vient l’idée de créer l’Union Africaine (UA) sur les cendres de l’OUA en 2002 à Syrte, ville natale du colonel Kadhafi. Pour ce faire, la Libye mobilisa plus de 100 milliards FCFA et l’union était financée à plus de 60% par Kadhafi. Cette nouvelle alliance, devant permettre aux Noirs de trouver des solutions africaines aux problèmes africains, est conçue comme la seule parade à la tragédie du continent, de réformer la situation de l’Afrique au sein du conseil d’ « insécurité » de l’ONU, d’arracher le continent aux griffes des magnats financiers internationaux, le FMI (fonds monétaire international), la Banque Mondiale etc., qui enfoncent davantage l’économie africaine dans les profondeurs abyssales de l’enfer ,par la mise en place des fonds souverains africains.

Il n’ya pas d’indépendance politique sans au préalable une autonomie économique. Or, la quasi-totalité des états africains dépendent largement de « l’aide » extérieure. Alors, le guide de la révolution arabe populaire socialiste, Kadhafi, décide d’investir dans les Etats africains notamment au Tchad, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, Niger, au Soudan, en Gambie, au Bénin, en Zimbabwe ,au Liberia, en Angola, en Tanzanie, en Algérie, en Tunisie, en Egypte, au Cameroun, Sénégal, au Mali, et j’en oublie.

C’est tout une tautologie que de dire que Kadhafi a appuyé le Mali. Cela est visible dans les infrastructures et même dans la politique de renforcement des capacités de l’armée malienne. Depuis la deuxième République, le Mali bénéficie de l’assistance constante de la Libye dans quasiment tous les domaines.

Malgré les quelques dissensions au sein de l’UA, dissensions d’ailleurs télécommandées par l’occident, l’unité et l’intégration africaine semblaient devenir pragmatiques, les leaders politiques semblaient avoir cerné avec le guide libyen qu’ils ne devront leur salut qu’à l’union.

L’Afrique commençait à renaître comme le phénix, l’euphorie grandissait parmi les peuples noirs et Kadhafi était devenu l’idole et la fierté de toute l’Afrique. Mais pour combien de temps ?

Les projets et initiatives de Kadhafi étaient tels que les dirigeants parvinrent, du moins en principe, à raccorder les violons quant à la création des Etats- Unis- d’Afrique qui devrait aussi permettre à l’Afrique d’avoir son propre satellite. Véritable libération africaine ! Les chevaliers d’industrie, les géants bancaires, l’ONU devenue une machine à faire la guerre plutôt que la paix, les ex puissances coloniales virent en ces avancées certaines de l’Afrique une menace pour leur suprématie !

C’est alors que les démons de la violence et de la haine, bien entendu, les 28 pays de l’OTAN, le Qatar, les Emirats Arabes-Unis ainsi que certains pays africains comme le Soudan se sont coalisés, se cachant derrière le masque trompeur de soutien au processus démocratique, pour créer une insurrection en Libye en vue de renverser le régime en place et de prendre le contrôle effectif des ressources naturelles du pays, puis, briser le rythme du développement africain.

Huit mois durant, ces nations déversaient quotidiennement des tonnes de bombes sur des infrastructures, usines et innocents Libyens dont elles devraient protéger selon le mandat reçu de l’ONU. Les avions de l’OTAN ont fait plus de 20 milles sorties contre la Libye, plus de 7.500 frappes aériennes faisant des hécatombes odieuses, plus de 60.000 milles civils tués. Les dernières victimes de ces carnages furent Kadhafi et son enfant Kamis assassinés par les Américains le 20 octobre 2011.

L’Unité Africaine après Kadhafi ?

L’UA se fissura bien avant la bataille de Tripoli. Abdoulaye Wade fut le premier président africain à avoir pris le contre-pied de l’union africaine sur le dossier Libyen non seulement en reconnaissant officiellement le CNT (conseil national de transition), mais aussi en se déplaçant jusqu’à Benghazi pour y demander à son homologue de « quitter immédiatement le pouvoir ». Plus tard, d’autres à la solde de la France, lui emboitèrent le pas notamment Blaise Compaoré, Alassane Ouattara, Oumar El Béchir, Idriss Déby, Yaya Jammeh et entre autres.

L’union africaine, disons nous avec raison, a de mauvais jours encore devant elle. Les dirigeants actuels de l’Afrique, je veux dire « les gouverneurs coloniaux contemporains » sont purement individualistes, le continent manque cruellement de leaders, hommes et femmes d’Etat soucieux de sa grandeur.

Il appartient alors à la jeunesse trahie et abandonnée d’Afrique de prendre conscience, de multiplier les conférences, de chercher à se rencontrer, d’échanger pour sensibiliser la masse car son combat ne doit avoir autre finalité que l’unité africaine. Cela nécessite que cette jeunesse s’instruise, s’informe pour se former afin de créer un jour ‘’LES ETATS UNIS D’AFRIQUE’’ contre le sort, construire « la citadelle »pour laquelle Kadhafi fut assassiné. Que la lampe de son expérience éclaire notre chemin !

ABDOUL NIANG

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