Sur ordre du ministre de la justice: Les "bérets rouges" changent de lieu de détention

25 Juin 2012 - 13:17
Mis à jour: 14 ans
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[caption id="attachment_72827" align="alignleft" width="346" caption="Malick Coulibaly, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux"][/caption] Dans notre livraison du 18 juin, nous vous livrions la liste des commandos parachutistes ("bérets rouges") détenus ou recherchés dans le cadre de la tentative de contre-coup d'Etat lancée par leur régiment et finalement écrasée par les "bérets verts" de Kati. Si 36 "bérets rouges" se trouvent en fuite, 57 restent en détention, confiés au juge d'instruction Adama Fomba. Au départ, les "bérets rouges" détenus ont été incarcérés dans les cellules ordinaires où, au camp de Kati, les soldats mis  aux arrêts sont affectés.  Il faut dire que l'endroit n'a rien de commode. Les détenus étouffaient de chaleur, se serraient comme des sardines en boîte, n'avaient pas le droit de recevoir des plats de leurs familles alors que leur menu ordinaire n'avait rien de ragoûtant.Pis, quand un avocat rendait visite aux prisonniers, un garde armé se tenait là, derrière eux, bien décidé à écouter leur conversation, ce qui, à dire d'expert, constitue une violation des droits de la défense. Selon un officier de la junte militaire que nous avons contacté, les "bérets rouges" restaient détenus à Kati, dans les locaux  de l'école d'application militaire, car la junte tenait à garder l'oeil sur eux: le capitaine Amadou Sanogo ne désirait surtout pas que leur éventuel déplacement leur donne l'occasion de se concerter  entre eux, de   prendre contact avec les "bérets rouges" encore en vadrouille dans la nature ou de  s'évader. "Vous devez vous souvenir que ces hommes sont des commandos formés aux arts martiaux et capables de neutraliser leurs gardiens en deux temps et trois mouvements. De plus, par les temps qui courent, personne ne disculperait la junte au cas où, par sa négligence dans la garde des détenus, l'un d'eux venait à mourir.", nous confie notre interlocuteur. Protestations Malgré tout, le traitement salé infligé aux prisonniers a fini par susciter un tollé général. A travers des lettres de protestation adressées au ministre de la justice, Malick Coulibaly, les avocats des détenus ont exprimé leur colère de voir leurs clients privés de leurs droits élémentaires. Apparemment, les protestations ne sont tombées dans l'oreille d'un sourd. En effet, le ministre Coulibaly, il y a trois semaines, s'est personnellement rendu au lieu de détention des "bérets rouges" pour s'enquérir de la réalité. Suite à ses instructions, les conditions de détention ont été allégées tant du point de vue du menu alimentaire que de celui des entretiens ave les avocats. Le ministre a aussi demandé au parquet de se saisir du dossier au lieu que ce dernier reste entre les mains de la junte militaire, d'où le réquisitoire du 26 mai 2012 par lequel le procureur de la commune 3 de Bamako, Sombé Théra, a demandé l'ouverture d'une information judiciaire contre les personnes poursuivies. Transfert général Malick Coulibaly, qui aime répéter qu'un ministre de la justice est aussi garant des droits humains dans le pays, vient aussi de décider du transfert des prisonniers. De fait, la loi prescrit que les militaires poursuivis dans un cadre criminel soient, en cas de besoin, détenus dans les locaux de la gendarmerie. C'est ainsi qu'ordre a été donné de transférer les "bérets rouges" incarcérés dans des locaux spéciaux de la gendarmerie du camp 1 de Bamako. Depuis le week-end, les intéressés devaient y être installés. Pour les besoins de la cause, les locaux susdits ont été remis à neuf. "Des pièces individuelles bien peintes, des toilettes individuelles, des portes et fenêtres bien sécurisées, une salle destinée aux avocats des détenus... Le département a mis les bouchées doubles pour qu'aucun détenu ne trouve matière à se plaindre de ses conditions de détention. De plus, ils seront gardés par des gendarmes et non par des bérets verts de Kati", nous révèle un conseiller du garde des sceaux. Il nous apprend que le transfert n'a pas tout à fait été du goût des militaires de Kati mais que pour ne pas de nouveau encourir le reproche d'entraver les  affaires gouvernementales, ils se sont inclinés. Haute surveillance Il faut souligner, au-delà de ce dossier judiciaire, que les "bérets rouges", même ceux non recherchés par la justice, font désormais l'objet d'une surveillance particulière de la part de la hiérarchie militaire. Ainsi, les virements de leurs soldes ne passent plus par les banques: ils les reçoivent au camp de Djikoroni et se présentent physiquement. Ceux qui ne sont poursuivis se sont vu retirer leurs armes. Trois précautions valant mieux que deux, ils ne sont même plus associés aux opérations de reconquête du nord. Le capitaine Sanogo les vise-t-il lorsqu'il confie à Jeune Afrique qu'il s'entoure d'une garde compacte parce que devenu "la cible privilégiée" de certaines personnes mal intentionnées ?   Tiékorobani    

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Commentaires (11)

User
michelot
michelot 14 ans
Ce qui est sûr, il finira par les armes ce salaud de capitaine!
pabousca
pabousca 14 ans
mon ministre je te demande beaucoup de courage,ce que vous vien de faire c'est bonne dicission.faite pour mettre de l'ordre dans ce pays, parce que les choses sont devenu laisse aller laisse faire.je te remerci et courage pour ta decission.
iso
iso 14 ans
Le retour des ''bérets rouges'' arrêtés au Camp I est un signe dans le sens de la restauration de l'autorité de l’État et du retour à la normalité constitutionnelle. Mais il faudra sûrement pas oublier les pertes et les disparus dont les parents réclament à les retrouver. Et ne pas oublier que ces événements ont eu lieu après la période de l’amnistie dont le CNRDRE a bénéficié. S'il y a des morts qu'on le sache mais aussi que les responsabilités soient situées.
TGH
TGH 14 ans
http://www.youtube.com/watch?v=SjFg4zciUvs C'est ce qui se passe à kati
neo
neo 14 ans
Mr. Le ministre, Au nom de la justice, des droits de lhomme, de la moralite du Mali et de votre serment sanogo et ses acolytes doivent repondre a la justice malienne et internationale ne se reste que pour la perte des civils au nord. La torture que subissent les innocents vaillants de larmee sont des violatioms directes de la convention de geneve. Donc si vous tenez a la justice et a legalite la chose la plus noble sera de tendre votre demission pour exposer ces actions inhumaines et apatrides. Si vous choisisez ce courage lhistoire vous retiendra comme un citoyen qui a mis son pays avant linteret personnel.
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