…Birama Konaré, écrivain malien : “Mon inspiration en écriture part de mes expériences personnelles” “Beaucoup de jeunes réussissent aujourd’hui par ce qu’ils ont accepté d’entreprendre”

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Pour qui connait sa mère, l’écrivaine-historienne et ancienne première dame du Mali, Adam Bah, la carrière d’écrivain de Birama Konaré est assez logique. Comme on le dit donc “bon sang ne saurait mentir”. Pourtant chef d’entreprise, Birama reste un grand amoureux de la littérature et aujourd’hui il compte plusieurs ouvrages à son actif dont le recueil de nouvelles “Les marguerites ne poussent pas dans le désert” et le recueil de chroniques” L’Afrique Plumée, chroniques d’un continent en détresse”. Nous l’avons rencontré pour parler de sa carrière littéraire et de ces deux œuvres précités.        

ujourd’hui-Mali : Bonjour, beaucoup vous connaissent en tant que chef d’entreprises, alors peut-on savoir ce qui vous motive à écrire et quelles sont vos sources d’inspiration ?

Birama Konaré : Pour moi, l’écriture part d’une expérience et mon inspiration part de mon expérience personnelle. Mon premier projet d’écriture s’intitulait la “Colline sur la tête”. C’était avant tout un journal intime et quand ma mère est tombée sur ce journal, elle a trouvé que j’avais un style d’écriture assez particulier et m’a proposé de partager mes expériences, mes écrits avec le grand public et je me suis rendu compte qu’à chaque fois que je prends la plume, c’est pour parler de mes propres expériences et celles des autres aussi.

Dans votre ouvrage “Les marguerite ne poussent pas dans le désert”, vous parlez beaucoup de l’émigration. Alors, quel conseil avez-vous pour les jeunes par rapport à l’émigration clandestine ? 

J’estime qu’il faut voyager et aller à la découverte de nouvelles choses, aller à la rencontre des autres, mais prendre le chemin clandestin est très dangereux parce que nos vies sont très menacées. Partir à l’aventure est un saut dans l’inconnu et malheureusement ça se termine de façon tragique pour beaucoup de jeunes du continent. Il m’est très délicat de donner des conseils à ces jeunes qui partent car ce n’est pas par plaisir qu’ils prennent ce chemin-là. C’est parce qu’ils ont un désir d’un avenir meilleur. Je crois tout simplement qu’ils doivent être prudents et sortir du pays de manière légale et croire aussi qu’un avenir meilleur est possible chez nous. La conjoncture n’est pas facile, il y a beaucoup de contraintes, mais il faut que la jeunesse accepte d’aller à l’école car l’école permet de se réaliser.

Quel est votre point de vue sur le mariage forcé, un thème que vous évoquez dans cet ouvrage ?

C’est assez terrible de donner son enfant en mariage alors que la jeune fille n’est pas en âge de se marier. Les enfants sont déscolarisés, il y a des problèmes de santé aussi dus aux grossesses précoces qui peuvent très mal finir. Pour moi, c’est une très mauvaise idée car les jeunes ont l’avenir devant eux. Il y a un temps pour tout. Quand on est jeune, la priorité doit être les études et la formation, à mon avis.

Vous parlez aussi du rôle de la femme dans cet ouvrage !

La femme malienne porte en elle beaucoup de valeurs et elle est exemplaire. Comme on dit dans notre société, c’est la femme qui enfante, c’est elle qui doit montrer l’exemple. J’ai voulu donner la parole à ces dames là pour prouver que l’homme et la femme sont complémentaires.

L’homme n’est pas supérieur à la femme et pas l’inverse non plus. Les garçons, aussi bien que les filles, peuvent exceller dans tous les domaines de la vie.

Dans votre recueil de chroniques “L’Afrique plumée”, vous parlez de la colonisation. Alors, pensez-vous que l’Afrique pourra se démarquer du colonisateur ?

Je pense que ça peut se faire, mais cette déconstruction prendra des décennies parce que la colonisation tout comme l’esclavage s’est étalée sur des siècles et pour se défaire de tout ça il va falloir du temps. Je pense qu’il va falloir que cette nouvelle génération africaine ait confiance en elle-même car si nous sommes formés et que nous connaissons notre histoire, il n’y a aucune raison de ne pas réussir à se défaire de cette mise-là. Je pense que les choses vont s’accélérer dans les décennies à venir parce que l’Afrique est en train de se rattraper dans plusieurs domaines, notamment dans les domaines technologiques.  Il faut beaucoup d’initiatives, il faut qu’il y ait le développement social, économique et culturel et avec tout ça, on gagnera en assurance.

Avez-vous d’autres projets d’écriture ?

Oui j’ai plein de projets d’écriture. Je suis actuellement sur un ouvrage sur mes expériences personnelles en tant que chef d’entreprise au Mali, les difficultés auxquelles nous faisons face, les perspectives pour les jeunes, les secteurs porteurs. Mais il traine un peu parce que j’avoue qu’il m’est très difficile de consacrer assez de temps à l’écriture avec ma vie professionnelle et aussi l’environnement ne s’y prête toujours, or moi j’ai vraiment envie d’être dans un espace calme pour pouvoir écrire et on n’a pas toujours ce privilège à Bamako.

Quel message avez-vous à l’endroit de la jeunesse africaine et malienne en particulier ?

Je dis aux jeunes de se former et de lire car la lecture est la base de toute entreprise car celui qui lit se cultive, il est instruit et il est outillé pour l’avenir et cela permet de combler pas mal de lacunes. Je crois que la jeunesse doit aussi entreprendre. Il ne faut s’assoir avec son diplôme en espérant trouver un emploi dans la Fonction publique. On peut aussi créer de l’emploi et il y a beaucoup de jeunes qui réussissent aujourd’hui par ce qu’ils ont accepté d’entreprendre. En entreprenant on contribue au développement de sa nation car on crée des emplois et on apporte des solutions à un besoin particulier de notre société. Je demande à la jeunesse malienne de se battre car rien n’est acquis d’avance et qu’il faut que nous soyons cette génération malienne qui fait d’énormes sacrifices pour sa réussite.

          Réalisé par Youssouf KONE

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5 COMMENTAIRES

  1. Merci Monsieur KONARE de servir d’inspiration. Mais dommage qu’ avec la jeunesse malienne actuelle notre avenir est très menacé…. car dire que c’est ces jeune totalement écervelés qui vont prendre le relais demain! Il y a vraiment quoi a s’inquiéter! Il y a une vidéo qui circule sur whatsapp ces jours-ci où l’on interrogeait quelques jeunes par rapport a la tenue du BAC 2019 … je jure de Dieu j’ai voulu pleurer de leurs réponses…car je ne pouvais jamais imaginer que le niveau de notre école peut être si bas. Comment des candidat du BAC peuvent ne peut pas pouvoir exprimer une seule phrase correcte en français alors qu’ils sont censés aller a université !!!!!!???? En fait j’ai constaté qu’il n y a aucune langue au monde, y compris le bambara, dans laquelle ces jeunes peuvent s’exprimer avec cohérence…ce n’est même pas donc un probleme de langue; c’est un probleme fondamental d’éducation de base dans la logique et les concepts de la vie ! En réponse aux questions du journaliste ces jeunes disaient littéralement que l’organisation du BAC était “injuste” tout simplement parce que la surveillance était très rigoureuse… contre la fraude et les fuites des sujets etc.. c’est a dire de les laisser tricher. Malankolo malankolon denw dama dama qui s’attendent a gagner de faux diplômes du DEF au BAC et a l’université jusqu’au poste de travail …et comment le Mali peut s’en sortir avec cette generation des vauriens!?
    Ils sont nés dans la magouille, élevés dans la magouille,… ils étudient dans la magouilles et gagnent de faux diplômes dans la magouille, ils sont recrutés dans l’administration a travers la magouille, et donc vivent de la magouille et risquent de mourir dans la magouille. Quand est ce que le serieux s’installera dans ce pays!?

  2. bel exemple pour notre génération dont l’écriture est un luxe.Une jeunesse qui ne se donne même pas le temps de lire à forte raison écrire.
    avec les GAFA c’est compliqué, acheté un livre n’est plus important ni prioritaire, mais acheté du crédit pour le téléphone afin de naviguer toute la journée sur le net et ne rien retenir c’est dommage. Du courage à IBA.

  3. C’est bien d’encourager la jeunesse d’aller a l’ecole mais les ecoles de Boua IBK sont fermees 6 mois sur l’annee scolaire que faut -il faire? et meme les maigres nombres d’eleves qui parviennent a sortir de ces ecoles de Boua ne peuvent pas avoir d’emplois car ils sont en majorite “inemployables” sur le marche du travail surtout le secteur prive, alors les jeunes Maliens n’ont que quatre choix: 1) mourrir au Mali ou 2) mourir dans le Desert ou 3) mourrir dans les prisons Lybiennes, ou 4) mourrir dans la Mediteranee.

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