CEDEAO/UEMOA-Mali : Des sanctions téléguidées…

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Pour de nombreux experts, les sanctions qui viennent d’être prises ne sont pas conformes aux textes des deux organisations concernées. Elles ont été dictées d’ailleurs…

Pour le Gouvernement du Mali, concernant l’UEMOA, un embargo décidé par les Chefs d’Etat et de Gouvernement, applicable à un Etat souverain constitue une violation manifeste du Traité de l’UEMOA et des statuts de la BCEAO. En outre, le gel des avoirs d’un Etat, des entreprises publiques et parapubliques ne saurait être appliqué par la Banque centrale. Celle-ci reste, conformément à son statut, un organe indépendant auquel chaque Etat membre a concédé son droit souverain d’émission. Et ce droit, expliquent les experts, est encore appelé « le monopole d’émission monétaire », qui est le droit exclusif d’émettre des billets de banque d’un pays. D’où les regards tournés vers Chamalières, ville française où est frappé la monnaie coloniale du franc CFA…

En outre, concernant la CEDEAO, le Gouvernement du Mali dénonce et rejette les décisions suivantes qui ne sont fondées sur aucun texte communautaire ? Il s’agit de la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre les pays de la CEDEAO et le Mali ; la suspension des transactions commerciales entre les pays de la CEDEAO et le Mali, le gel des avoirs de la République du Mali dans les banques centrales de la CEDEAO, le gel des avoirs de l’Etat malien et des entreprises publiques et parapubliques dans les banques commerciales des pays de la CEDEAO.

En effet, au titre des « Principes de fonctionnement de la Banque Centrale », tirés des Statuts de la BCEAO, l’on peut lire à l’Article 4, ce qui suit.
Dans l’exercice des pouvoirs et dans l’accomplissement des
missions qui leur sont conférés par le Traité de l’UMOA et par les présents
Statuts, la Banque Centrale, ses organes, un membre quelconque de ses
organes ou de son personnel ne peuvent solliciter, ni recevoir des directives ou
des instructions des institutions ou organes communautaires, des
Gouvernements des Etats membres de l’UMOA, de tout autre organisme ou de
toute autre personne.
Les institutions et organes communautaires ainsi que les
Gouvernements des Etats membres de l’UMOA s’engagent à respecter ce
principe.
Les membres des organes et le personnel de la Banque Centrale
sont tenus au secret professionnel.
Ils sont tenus au respect de cette obligation même après la
cessation de leurs fonctions. Ce qui est clair que les sanctions qui viennent d’être édictées n’ont pour but que d’étouffer le Mali. Elles sont donc édictées à la dictée de la France (principal partenaire de la CEDEAO et de l’UEMOA), dont le président, Emmanuel Macron ne supporte pas les autorités de la transition malienne.

Bruno D SEGBEDJI

Commentaires via Facebook :

2 COMMENTAIRES

  1. Il faut que les maliens cessent de croire à ce mot maintenant, “le panafricanisme” nous savons qu’un jour l’Afrique ira vers ça, mais ce n’est pas maintenant. Nous nous sommes trop donnés au sein de ces organisations africaines et sous régionales, alors que nous gagnons très peu mêmes dans les postes statutaires à l’intérieur des ces organisations, c’est les autres pays qui en profitent très fortement, cela fait très mal. Nous demandons aux maliens d’ouvrir rapidement les yeux pour comprendre qu’il faut accepter tous les groupements du monde ici bas mais avec beaucoup de tacts et d’intelligence. et il faut que nous nous battions pour assurer le leadership de ces organisations en ouvrant la porte à nos compatriotes aussi, car personne seule ne peut gagner une lutte sans l’appui de ses propres frères au sein d’une entité.

  2. Bonjour Mr SEGBEDJI,

    “t ce droit, expliquent les experts, est encore appelé « le monopole d’émission monétaire », qui est le droit exclusif d’émettre des billets de banque d’un pays. D’où les regards tournés vers Chamalières, ville française où est frappé la monnaie coloniale du franc CFA…”

    Vous racontez de grosses bétises. Mais plus elles sont grosses, mieux cela passe.

    Comme si l’impression de billets faisait la politique budgétaires. Voilà ce qui se passe en matière d’IMPRIMERIE.

    Plusieurs décennies après leur indépendance, la Guinée, l’Éthiopie, le Rwanda et 14 autres pays africains continuent à faire imprimer leurs billets de banque au Royaume-Uni (essentiellement par la société De La Rue) tandis que 6 autres (l’Érythrée, la Mauritanie, le Soudan du Sud, l’Eswatini, la Tanzanie et la Zambie) ont recours à l’Allemagne. Toutefois, les populations de ces pays ignorent dans leur immense majorité le fait que leur monnaie soit fabriquée à l’étranger, contrairement à celles des pays de la zone CFA, bien mieux informées en la matière.

    la France imprime la monnaie de 21 pays africains au total, à savoir celle de 16 de ses anciennes colonies (12 pays de la zone CFA, les Comores, Madagascar, Djibouti et la Tunisie), auxquelles s’ajoutent la Guinée-Bissau et la Guinée équatoriale (membres de la zone CFA, et respectivement ancienne colonie portugaise et espagnole), le Burundi (ancienne colonie belge), et enfin la Namibie et la Zambie, deux anciennes colonies britanniques. e processus de fabrication est assuré par la Banque de France pour 17 de ces pays, tandis que quatre autres ont recours à l’entreprise privée Oberthur Fiduciaire, un des trois leaders mondiaux de la fabrication des billets de banque, avec le britannique De La Rue et l’Allemand Giesecke & Devrient. La société De La Rue produit des liquidités pour environ 140 banques centrales. En dehors de ces 43 pays externalisant la fabrication de leur monnaie nationale auprès d’une entité étrangère, neuf pays africains assument donc eux-mêmes ce processus, à savoir le Maroc, l’Algérie, l’Égypte, le Soudan, le Ghana, le Nigeria, la République démocratique du Congo (RDC), le Kenya et l’Afrique du Sud.

    Un des raisons de cette externalisation est la grande technicité demandée par l’émission d’une monnaie, ceci visant à éviter la contre-façon.

    Toutefois, et sans que cela n’ait de lien avec le caractère local de la fabrication de la monnaie, il convient de rappeler, pour contrer une certaine propagande, que cinq de ces neufs pays souffrent d’une forte dollarisation de leur économie (le Soudan, le Ghana, le Nigeria, la RDC et le Kenya), c’est-à-dire d’une importante utilisation du dollar dans les transactions économiques internes, par refus de la monnaie locale, considérée comme risquée.

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