Contribution : La nation en deuil
Le samedi 25 avril 2026 restera gravé dans notre histoire comme le jour où notre pays a subi la conséquence la plus dramatique de la trahison et du laxisme de son histoire moderne. Cinq régions majeures ont été frappées par des groupes terroristes, dans sept villes presque simultanément : Bamako (Sénou), Koulikoro (Kati et Tiénafla), Kidal (ville-centre), Mopti (ville-centre, Sévaré) et Gao (ville-centre).
Une telle opération exige des mois de préparation. Des alertes ont été émises. Quelque part, certains n’ont pas fait leur travail, d’autres n’ont pas pris à temps les décisions nécessaires. Et voilà que nous subissons d’énormes pertes stratégiques, dont la perte, tragique, de notre ministre de la Défense, le général Sadio Camara, l’un des plus intègres de nos soldats. Des positions stratégiques restent encore disputées par nos braves FAMa...
Le Gouvernement a eu raison de décréter un deuil national de deux jours, à compter de ce lundi à minuit, pour honorer la mémoire d’un héros et souligner la gravité de la situation. Une fois l’émotion retombée, tous les enseignements doivent être tirés de cet épisode malheureux. Les responsabilités doivent être établies sans exception. Les sanctions et les reconnaissances doivent être attribuées avec objectivité et rigueur. Plus jamais cela.
Le Président doit repenser sa stratégie nationale de gouvernance de l’État. Le Gouvernement doit revoir sa stratégie globale de gestion de la crise malienne. Il faut, de toute urgence, sauvegarder l’unité nationale par des mesures courageuses et nécessaires, reconstruire nos alliances, relancer la lutte et ouvrir un dialogue sincère avec qui le souhaite. Inch’Allah.
Dr Mahamadou KONATÉ