Gianni Infantino veut sauver sa tête avec une réunion d’urgence au Maroc
Gianni Infantino joue sa survie à la tête de la FIFA. Acculé après l’échec de FIFA Forward Enterprise et la fronde menée par l’UEFA, le président tente de reprendre la main avec une réunion de crise au Maroc.
Gianni Infantino joue désormais une partie de son avenir à la tête de la FIFA. Quelques jours seulement après l’abandon du projet FIFA Forward Enterprise, censé ouvrir une partie des revenus commerciaux des compétitions de la FIFA à des investisseurs privés, le président italo-suisse se retrouve plongé dans une crise politique majeure. Ce qui devait être un immense levier financier destiné à générer plusieurs milliards de dollars pour l’instance mondiale s’est transformé en offensive contre sa gouvernance. L’idée de créer une nouvelle structure commerciale valorisée autour de 20 milliards de dollars, avec l’arrivée potentielle de capitaux privés, a provoqué une fronde rarement observée depuis son arrivée au pouvoir. L’UEFA a été la première grande institution à monter au créneau en dénonçant un projet préparé sans consultation suffisante, estimant que l’avenir du football ne pouvait pas être traité comme un simple actif financier. La confédération européenne a ensuite réclamé davantage de transparence et annoncé qu’elle n’avait plus confiance dans la direction actuelle de la FIFA, allant jusqu’à ouvrir la porte à des actions contre le président de l’instance.
La contestation s’est rapidement étendue au-delà de l’Europe. La Concacaf, l’AFC et plusieurs fédérations nationales ont exprimé leurs réserves sur la méthode utilisée par Gianni Infantino pour défendre son projet. La FIFA a finalement reculé face à la pression, abandonnant une réforme qui devait pourtant devenir l’un des grands marqueurs du mandat actuel. Mais ce retrait n’a pas refermé la crise. Au contraire, il a exposé une fracture profonde au sein de l’organisation. Plusieurs responsables reprochent désormais au président de la FIFA d’avoir voulu imposer une transformation majeure sans véritable dialogue avec les confédérations, les clubs ou les représentants du football. L’UEFA a même demandé aux fédérations ayant apporté leur soutien écrit à Infantino de revenir sur leurs positions, tandis que certaines associations comme la Fédération galloise ont déjà retiré leur appui. Le rapport de force est devenu électoral puisque l’avenir d’Infantino dépend désormais de sa capacité à conserver une majorité de soutiens avant le congrès de la FIFA prévu en 2027.
Une réunion de crise très attendue
Face à cette tempête, Gianni Infantino tente de reprendre le contrôle en organisant une réunion de crise au Maroc avec plusieurs hauts responsables de la FIFA. Selon les informations du Daily Mail, le président de l’instance mondiale a convoqué certains de ses principaux collaborateurs afin d’évaluer la situation et préparer sa stratégie de survie. En parallèle, Infantino mène une intense campagne de lobbying auprès des associations membres afin de conserver leurs soutiens, avec une attention particulière portée au continent asiatique considéré comme un terrain électoral décisif. Plusieurs sources indiquent que le dirigeant italo-suisse cherche désormais à savoir s’il dispose encore d’au moins 106 voix, seuil nécessaire pour conserver une position solide face à une éventuelle offensive visant son départ. Certaines fédérations auraient demandé du temps avant de prendre position, tandis que la Fédération suisse souhaite un « échange personnel » avec Infantino avant de déterminer son orientation. Même certains soutiens historiques commencent à prendre leurs distances, alors que le secrétaire général de la FIFA Mattias Grafström et Arsène Wenger ont, eux aussi, exprimé leurs réserves sur le projet FIFA Forward Enterprise. La crise a pris une nouvelle dimension avec les accusations très lourdes formulées par le prince Ali Al Hussein, président de la Fédération jordanienne de football.
L’ancien candidat à la présidence de la FIFA a accusé l’entourage d’Infantino d’avoir utilisé des méthodes proches du chantage pour obtenir des soutiens politiques. « Il est clair que le problème vient réellement du leadership », a-t-il expliqué, avant d’affirmer que la FIFA aurait refusé pendant plusieurs mois d’aider la Jordanie sur différents dossiers jusqu’à ce qu’un soutien à Infantino soit évoqué comme une condition implicite. « La situation équivaut à du chantage et nous refusons d’y céder », a-t-il déclaré. Le dirigeant jordanien a également dénoncé plusieurs problèmes liés à la Coupe du Monde 2026, notamment les difficultés rencontrées par les supporters, les coûts imposés aux fédérations et le retard du versement de certaines primes. Ces accusations fragilisent encore davantage Infantino alors que l’opposition cherche désormais à transformer cette crise en véritable mouvement de changement institutionnel. Au sein de l’UEFA, certains responsables ne réclament plus seulement son départ, mais réfléchissent aussi à une refonte complète du pouvoir à la FIFA, avec un président transformé en simple président d’un conseil dirigeant entouré de plusieurs responsables afin d’instaurer davantage de contrôles et d’équilibres. La réunion marocaine pourrait donc être bien plus qu’un simple rendez-vous interne. Elle pourrait devenir le symbole d’un président assiégé tentant de sauver son règne.
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