Crise malienne : Où va donc la Cédéao ?

30 Avr 2012 - 00:01
Mis à jour: 14 ans
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Notre pays est plus que jamais à la croisée des chemins. Et pas seulement à cause du coup d'Etat perpétré dans la nuit du 21 au 22 mars 2012.   [caption id="attachment_63487" align="alignleft" width="250" caption="Makan Koné"][/caption] Bien avant la rupture brutale de l'ordre constitutionnel, le bateau Mali avait commencé à tanguer et menaçait même de chavirer. On se dirigeait chaque jour vers des lendemains plus qu'incertains. La rébellion sévissait au nord, on s'entêtait à aller à des élections quasiment impossibles à tenir. Il avait été décidé, en violation flagrante de la Constitution, d'organiser aussi un référendum. Sans oublier le malaise social rampant, la mal gouvernance et tout ce qu'on peut reprocher à l'ancien système. C'est ainsi que survînt le putsch de la dernière décade de mars. Notre intention ici n'est de faire le procès de qui que ce soit, mais de réfléchir sur la situation que vit le Mali, une situation à laquelle se sont invités royalement les chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). En véritables gendarmes, ils "décident" et ne font que "décider" dès lors. Méprisant totalement le Mali et son peuple, ils prennent des décisions qui nous engagent ; ils décident de la vie de la nation et du peuple malien, à l'extérieur, à l'insu des Maliens et, à la limite, contre la volonté du peuple réel. Tenez ! Pour rétablir, prétendaient-ils, à l'époque l'ordre constitutionnel, ils ont "décidé" de venir à "Bamako-Sénou, convoquer les militaires et installer à Koulouba le président ATT", avant de rebrousser chemin en plein vol prétextant un climat d'insécurité à l'aéroport. Quelques jeunes pro junte - il est vrai - avaient manifesté brièvement aux abords de la piste. Ensuite - et c'est la phase la plus théâtrale, folklorique et ridicule -, ils ont "décidé" de faire respecter la Constitution en installant avec faste le président par intérim Dioncounda Traoré. Celui-ci a même prêté serment. Ce qui, juridiquement, n'était pas normal. C'était beau tout ça, à part que cet acte signifiait de facto la mort de la junte, le retour des militaires dans les casernes et qu'il ramenait le Mali à la matinée du 21 mars, quand les militaires étaient tranquilles au camp Soundiata Kéita à Kati avant l'arrivée de l'ex-ministre de la Défense et des Anciens combattants, le général Sadio Gassama, et le déclenchement des hostilités. C'est exactement le contraire qui s'est passé. Et la Cédéao commençait ainsi à installer le désordre dans notre pays en créant de fait un bicéphalisme. Le Conseil national de redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE) a continué d'exister en violation flagrante du retour à l'ordre constitutionnel. Un président par intérim est installé, mais sans pouvoir réel. La preuve, ce sont les déclarations télévisées et même les arrestations faites par la junte au su et au vu du président par intérim et de tous les observateurs. On ne peut pas vouloir d'une chose et de son contraire. Qu'on nous montre la Constitution malienne qui parle du CNRDRE et du président par intérim exerçant ensemble et en même temps ? Ensuite, ce fut Ouagadougou. Un voyage qui a quand même eu le mérite de mesurer et de connaître exactement le degré de division de Maliens et leur incapacité à s'asseoir pour discuter de l'avenir du pays. Le seul point sur lequel un semblant d'accord a pu être trouvé, c'est le mode de désignation du Premier ministre de transition. Il fallait le faire en respectant l'accord-cadre (il est désigné par le CNRDRE et le médiateur, le président par intérim signant le décret de nomination), tout le monde, ou quasiment tous les participants s'y étaient mis d'accord. La durée de la transition, le président de transition, le prolongement du mandat des députés etc. tous les autres sujets qui fâchent ont été remis à plus tard. On ne savait pas encore ce que les chefs d'Etats de la Cédéao concoctaient pour Abidjan. Après donc Ouagadougou, il fallait désigner rapidement un Premier ministre. Le choix a été porté sur Cheick Modibo Diarra. Il faut avouer qu'à l'époque, les Maliens ont accepté de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Seulement, quelque temps après, ce Premier ministre désigné sur la base de l'accord-cadre est le premier à violer allègrement ce document qui fait désormais (presque) office de Constitution en République du Mali. En effet, la mise en place du gouvernement est faite en catimini. La classe politique n'est même pas consultée alors qu'on parle d'ordre constitutionnel, le gouvernement n'est pas consensuel comme le conseille l'accord-cadre. Des hommes et des femmes - contre lesquels nous n'avons rien fondamentalement et dont nous ne doutons pas de la capacité à relever le défi - sont désignés. D'où tirent-ils leur légitimité ? Une légitimité pourtant indispensable en vue de mener à bien cette mission. Surtout dans le contexte actuel. Le calvaire des Maliens n'était pas pour autant fini. On commençait juste à se faire à l'idée que la mise en place de ce gouvernement imposé aux Maliens était consommée, quand tombèrent comme un couperet les décisions unilatérales, méprisantes et insultantes des chefs d'Etat de la Cédéao sur la transition dans notre pays. Réunis à Abidjan, ils ont encore une fois "décidé" que, entre autres : - La transition malienne durera une année, - Le président par intérim Dioncounda la conduira, - Le Premier ministre et son gouvernement resteront sur place tout le long de cette transition, - Un contingent sera envoyé au sud du Mali. Ainsi, ils ont créé la confusion sur un autre point qui dit ceci : "Le sommet décide également d’étendre le mandat des organes de transition, notamment le président par intérim, le Premier ministre et le gouvernement sur cette période de 12 mois pour assurer, dans la limite des pouvoirs qui leur sont conférés par la Constitution, la continuité de la gouvernance du pays". Sur ce point précis, la Cédéao veut dire que les soi-disant pleins pouvoirs du Premier ministre prendront fin avec la période d'intérim alors que l'accord-cadre dit le contraire. C'est cela que veut dire "dans la limite des pouvoirs qui leur sont conférés par la Constitution". De quelle Constitution parle-t-on ? Si c'est celle du 25 février 1992, on ne peut plus, sérieusement, s'y référer à partir de la fin de l'intérim, car aucun article ne parle de transition dans ce document auquel on veut nous renvoyer après nous avoir imposé un accord-cadre foulé au pied tous les jours par ses propres signataires. Il ne peut être non plus question de Constitution à partir des 40 jours, car la Loi fondamentale ne parle pas de cette période exceptionnelle et le président par intérim n'est pas constitutionnel. On continue donc de semer le trouble dans l'esprit des Maliens pour les diviser fondamentalement afin d'arriver à ses fins, mais quelles fins ? Sinon, comment on peut mépriser autant un peuple souverain, décider sans l'avoir consulter auparavant de son sort, lui imposer un document et finalement renier ce même document et faire référence à une Constitution dont on sait pertinemment qu'elle ne prend en compte aucune transition qui vaille. Ceux qui ont élaboré la Constitution ne pouvaient pas imaginer un tel scénario dans notre pays, à savoir un coup d'Etat. D'ailleurs, la même Loi fondamentale est allée jusqu'à faire de cet acte un crime imprescriptible et l’on veut se référer à ce document - encore une fois - quand on demande d'amnistier les auteurs du coup d'Etat et leurs associés. A-t-on vraiment l'intention de sortir le Mali de ce guêpier. On a en tout cas l'impression qu'on s'enfonce un peu plus à chaque étape…   Makan Koné, Directeur de Publication de la Nouvelle Libération

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Commentaires (18)

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WALIDEN
WALIDEN 14 ans
JE SUIS ENTIEREMENT D'ACORD AVEC L'ANALYSE DE MAKAN. EN EFFET JE PENSE QUE LA CEDEAO DIRIGEE PAR ADO ET BLAISE NE CHERCHE PAS LA VRAIE SOLUTION AU PROBLEME MALIEN. CHACUN A PEUR D'UN MALI FORT ET DEBOUT. ILS SE REJOUISSENT DE VOIR CE PAYS A TERRE AUJOURD'HUI PAR LA FAUTE DE NOUS MEMES MALIENS, EN TOUT PREMIER CHEF PAR LA FAUTE DU DEFUNT REGIME ATT QUI AURA PERMIS AUX ENNEMIS DU MALI DE METTRE LEURS BOUCHES DANS NOS AFFAIRES. CAR EN REALITE C'EST LUI QUI NOUS A CONDUIT AUX DEFAITES DEVANT LES REBELLES DU NORD ET A LA REVOLTE FINALE DES MILITAIRES AFIN D'ARRETER LE CARNAGE. L'ACCORD CADRE CONTIENT DES COQUILLES: IL N'EST PAS EXPLICITE SUR LE SORT A RESERVER AU CNRDRE APRES LA MISE EN PLACE DES ORGANES DE LA TRANSITION, LA MISE EN PLACE DU GOUVERNEMENT DE TRANSITION NE POUVAIT PAS ATTENDRE LA FIN DE L'INTERIM 40 JOURS. JE SUIS TRES ETONNE QUE DIONCOUNDA ENFANT HAI DANS SON NARA D'ORIGINE AIT PU ACCEPTER LES DECISIONS D'ABIDJAN QUAND IL S'EST AGI DE PROLONGER SON MANDAT SANS AUCUN MOT DES MALIENS ET C'ETAIT LA TOUT LE COMBLE D'ENVOYER UNE TROUPE CEDEAO ASSURER LA SECURITE DES ORGANES DE TRANSITION. C'EST DEPLORABLE QU'IL SE SOIT TROMPE JUSQU'A CE POINT. LE MALIEN LAMDA NE PEUT PAS ACCEPTER CELA. NOUS NE SOMMES NI LE LIBERIA, NI LA SIERRA LEONE, NI HAITI.... C'EST BIEN LE MALI, CETTE TERRE QUI A ABRITE DES ETATS BIEN ORGANISES AVANT L'ARRIVEE DU COLON: EMPIRES DU GHANA, DU MALI ET SONGHOÏ, ROYAUMES DE SEGOU, KENEDOUGOU, MACINA, KAARTA.... CE QUE LA PLUPART DES AUTRES PAYS N'ONT PAS POSSEDES. LA COTE D'IVOIRE ET LA HAUTE VOLTA (BURKINA FASO) NE SONT QUE DES INVENTIONS DU COLONISATEURS EN BRICOLANT SUR NOS SOLS. CES PRESIDENTS SONT TOUJOURS JALOUS DE CET ETAT DE FAIT. ILS OUBLIENT QUE PHELIX OUPHOUET BOIGNY ET OUINZIN COULIBALY AVAIENT BIEN COMPRIS ET SONT VENUS SE RESSOURCER AU MALI...... CE MALI RESTERA ET SURVIVRA A TOUTES CES TENTATIVES. IL FAUT LES GENS OUVRENT LES YEUX. LA CEDEAO N'A MEME PAS LES MOYENS, ELLE DOIT ALLER QUMANDER AUPRES DE SARKO EN FRANCE. NOUS PRIONS LE BON DIEU EN CE VENDREDI SAINT QEU SON SORT SOIT SCELLE LORS DU SECOND TOUR DES ELLECTIONS PRESIDENTIELLES CE DIMANCHE. QU'ON LAISSE LE MALI ET LES MALIENS AVANCER. SANS LES ZIG ZAG DES POLITICIENS ON S'EN SORTIRA. C'EST VRAI QUE DES ERREURS ONT ETE COMMISES PAR LA JUNTE EN LAISSANT SORTIR ATT ET SOUMI. VOILA AUJOURD'HUI QU'ILS SONT EN TRAIN DE VOULOIR SE VENGER. LE SENEGAL ET SON MACKY DOIVENT PESER DE TOUT LEUR POIDS POUR EMPECHER DES AGISSEMENTS MAL SAINS SUR SON SOL. LA FRANCE ET PARTICULIEREMENT CELLE DE SARKO N'A JAMAIS EU LA MALI DANS SON COEUR MAIS MALGRE TOUT CETTE VIEILLE NATION CONTINUERA SA MARCHE ET BRISERA LES TESTOS DES ENNEMEIS, DE TOUS LES ENNEMIS. A BON ENTENDEUR SALUT
Daouda
Daouda 14 ans
Cher maliens, sachons raison gardé. Nous avons seulement à dire aux chefs d'Etats de la CEDEAO qu'ils sont chef sd'Etat des peuples. Les décisons qu'ils prennet sanctonnent plus les peuples que les dirrigeants. Il ne faut pas que la CEDEAO soit le CCEAO (Club des Chefs d'Etats de l'Afrique de l'Ouest). Monsieurs les chefs d'Etat, les peuples doivent prévaloire. Tous les pays ont les mêmes problèmes de mal gouvernance. Je vous rappelle une citation de l'ancien président ATT: "Derrière chaque mauvaise gouvernance se cache un petit capitaine pret à bondir". Je souhaite que Dieu vous en éparge. Pensez aux peuples.
amoureusedumali
amoureusedumali 14 ans
c est triste ce journaliste est entrain de faire le procès de la cedeao alors que y'a plus important. Au lieu d'essayer de trouver solution il polémique pfff
seydou
seydou 14 ans
Désolé, je ne sais pas de quelle souveraineté peut on parler quand les 3/4 de notre chère patrie sont aux mains de bandits armés? De quelle souveraineté peut on parler alors que nous espérons de tout coeur que cette CEDEAO vienne à notre secours pour empêcher que AQMI, ANçardine et le MNLA ne viennent plus au sud sans rencontrer de résistance de la part d'une junte froussarde, composée de présumés complices d'assassinat à l'EMIA de koulikoro? De quelle souveraineté doit on parler quand des pères et des mère et des pères de famille sont obligés de faire semblant de ne pas entendre les plaintes de leurs filles et femmes se faire violer? De quelle souveraineté doit on parler quand nous devons tendre la mains aux bailleurs pour secourir ceux qui ont faim et soif à Gao, Kidal et Tombouctou? De grâce cessons de nous voiler la face et mettons notre fausse fierté de coté et demandons de l'aide, acceptons cette aide. Le seul ennemi du pouvoir disait le déchu ATT c'est la fierté? nous dirons à sa suite que le seul ennemi de certains maliens aujourd'hui c'est notre fausse fierté de descendant de Soundiata, Touramakan et autre Tiéba. Eux au moins savaient que fuir n'était pas toujours lâcheté mais stratégie, que nouer des alliances même avec un ennemi jurer pouvait avoir son intérêt. Alors, suivons les prescriptions de la CEDEAO dont nous sommes membres et à qui nous avons cédé une partie de notre souveraineté si nous n'avons rien de mieux et jugeons en au résultats. A bon entendeurs salut!
seydou
seydou 14 ans
Désolé, je ne sais pas de quelle souveraineté peut on parler quand les 3/4 de notre chère patrie sont aux mains de bandits armés? De quelle souveraineté peut on parler alors que nous espérons de tout coeur que cette CEDEAO vienne à notre secours pour empêcher que AQMI, ANçardine et le MNLA ne viennent plus au sud sans rencontrer de résistance de la part d'une junte froussarde, composée de présumés complices d'assassinat à l'EMIA de koulikoro? De quelle souveraineté doit on parler quand des pères et des mère et des pères de famille sont obligés de faire semblant de ne pas entendre les plaintes de leurs filles et femmes se faire violer? De quelle souveraineté doit on parler quand nous devons tendre la mains aux bailleurs pour secourir ceux qui ont faim et soif à Gao, Kidal et Tombouctou? De grâce cessons de nous voiler la face et mettons notre fausse fierté de coté et demandons de l'aide, acceptons cette aide. Le seul ennemi du pouvoir disait le déchu ATT c'est la fierté? nous dirons à sa suite que le seul ennemi de certains maliens aujourd'hui c'est notre fausse fierté de descendant de Soundiata, Touramakan et autre Tiéba. Eux au moins savaient que fuir n'était pas toujours lâcheté mais stratégie, que nouer des alliance même avec un ennemi jurer pouvait avoir son intérêt. Alors, suivons les prescriptions de la CEDEAO dont nous sommes membres et à qui nous avons céder une partie de notre souveraineté si nous n'avons rien de mieux et jugeons en au résultats. A bon entendeurs salut!
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