« Islam radical : la révolte des femmes touaregs contre la charia»

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Mali: les jeunes et les femmes au coeur des priorités du Pnud

« Seule je ne peux pas changer le monde, mais je peux jeter une pierre dans l’eau et créer de nombreuses ondulations ».

Cette pensée de Mère Teresa, empreinte d’une aura singulière, n’appartient pourtant à aucune religion, à aucune communauté. De Kishida Toshiko au Japon, à Rosa Park aux Etats-Unis, en passant par Ellen Johnson Sirleaf au Libéria, elle n’a ni frontière, ni temporalité. Et si le visage est polymorphe et la personnalité est multiple, la motivation est toujours la même, il s’agit toujours d’une lutte de femmes pour l’obtention ou la conservation de droits fondamentaux.

Il est juste de dire que la méthode et les moyens diffèrent. Certaines occupent l’espace en manifestant, d’autres occupent leur place durant les forums. Certaines utilisent la violence, d’autres le silence. Certaines luttes sont individuelles, d’autres collectives. Le combat, lui, est toujours violent, difficile voire meurtrier à l’instar de la lapidation d’une femme en juillet 2012 par Ansar Dine.

Depuis plusieurs années la lutte a pris le visage de la femme touareg, majestueuse et insoumise et, depuis plusieurs semaines, la voix de l’association des femmes de l’Azawad. Si les menaces sont récurrentes, le courage est encore plus grand : se faire entendre coûte que coûte et partout. Leur rôle : éduquer, rassurer, aider les populations et toutes les femmes du Nord Mali. Elles s’opposent même désormais aux conditions de vie imposées par les terroristes islamistes et à leurs valeurs incompatibles avec la culture touareg. Finalement, ces femmes s’opposent sans armes et sans peur à Ansar Dine.

Messieurs les islamistes, la femme touareg n’est ni esclave ni faible. Elle est libre et puissante. Garante de la famille, elle dispose même du droit à la chefferie. C’est encore elle qui transmet la généalogie et donne le rang dans la tribu et la famille. En souhaitant imposer la charia, vous oubliez que la femme touareg dispose du droit de divorcer selon le code de conduite « Asshak » et que le changement de mari n’est pas un déshonneur pour la famille mais peut être un signe de puissance.

Touaregs, comment expliquerez-vous à vos mères, vos sœurs, vos filles et vos femmes que leurs droits ancestraux et la richesse de leur culture viennent d’être bafoués par des principes primaires importés par des fous ? Iyad ag Ghaly, en s’alliant aux jihadistes, a trahi la cause touareg. Il ne peut plus être l’un d’entre vous et encore moins vous représenter. La charia aurait-elle eu raison de lui ? Nous l’espérons toutes !

Aïcha Sangaré

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