Mangal Traore, porte-parole des retraites de la justice : "Nous partons avec le sentiment du devoir accompli, en étant fiers d'avoir servi l'intérêt général"

"Nous saluons les chantiers ouverts qui ont permis de relever les défis de la performance, de l'efficacité, de l'innovation"

28 Mar 2026 - 08:49
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Mangal Traore, porte-parole des retraites de la justice : "Nous partons avec le sentiment du devoir accompli, en étant fiers d'avoir servi l'intérêt général"

Lors de la cérémonie de départ à la retraite des 22 cadres et agents de la justice, le 17 mars dernier, un vibrant hommage a été rendu à la mémoire de Mme Fadimata Kanté, standardiste à la justice de paix à compétence étendue de Diré, arrachée à notre affection. A la demande du porte-parole des retraités, Mangal Traoré, une minute de silence a été observée pour le repos de son âme. "Vous conviendrez avec moi, que faire carrière au sein de la Justice, n'est pas un métier comme les autres. Il s'agit d'un sacerdoce pour les magistrats, greffiers en chef et greffiers, administrateurs de l'action sociale, contrôleurs du Trésor, interprètes, chauffeurs, agents de saisie, ronéotypistes, standardistes et plantons que nous fûmes, en tant que rouages essentiels d'une institution, qui est le socle de l'Etat de droit. Chaque audience tenue, chaque dossier traité au sein des juridictions est une pierre apportée à l'édifice de la Paix sociale". Parole de Mangal Traoré dans son discours que nous publions en intégralité.  

Je vous prie d'observer une minute de silence à la mémoire de Mme Fadimata Kanté, standardiste à la Justice de paix à compétence étendue de Diré, admise à faire valoir ses droits à la retraite mais prématurément arrachée à notre affection. J'associe à cet hommage toutes les victimes civiles et militaires qui ont fait le sacrifice ultime pour que le Mali reste debout.

Je vous remercie

C'est un immense honneur, mêlé d'une profonde émotion de prendre la parole au nom de celles et ceux qui, après des décennies de service, s'apprêtent à franchir le seuil de la retraite. Vous conviendrez avec moi, que faire carrière au sein de la Justice, n'est pas un métier comme les autres. Il s'agit d'un sacerdoce pour les magistrats, greffiers en chef et greffiers, administrateurs de l'action sociale, contrôleurs du Trésor, interprètes, chauffeurs, agents de saisie, ronéotypistes, standardistes et plantons que nous fûmes, en tant que rouages essentiels d'une institution, qui est le socle de l'Etat de droit.

Chaque audience tenue, chaque dossier traité au sein des juridictions est une pierre apportée à l'édifice de la Paix sociale.

Je voudrais en ces instants solennels, vous remercier Monsieur le Ministre, pour cette marque de reconnaissance de l'Etat, à l'endroit de ses serviteurs, dont certains ont occupé les plus hautes fonctions, au sommet de la pyramide judiciaire en qualité de président de la Cour suprême, président de Section, conseillers, avocats généraux, greffier en chef et greffier au sein de ladite Cour. Vous me permettrez d'avoir une pensée pour le président Fatoma Théra empêché, qui n'a pu se joindre à nous.

Je ne saurai également passer sous silence celui qui parmi les partants, a dirigé un service stratégique au sein de l'Administration publique et œuvré avec constance et méthode afin de préserver les intérêts financiers, matériels et moraux de l'Etat. Il en est de même pour celles et ceux qui dans l'anonymat, fonctionnaires et contractuels, ont donné le meilleur d'eux-mêmes pendant des années, témoignant ainsi, de leur entière dédicace au service public de la Justice de notre pays.

Monsieur le Ministre de la Justice et des Droits de l'Homme

Garde des Sceaux

Honorables invités

Mesdames et Messieurs

Nous partons avec le sentiment du devoir accompli, en étant fiers d'avoir servi l'intérêt général, souvent dans l'ombre, mais toujours avec la conscience de la responsabilité qui nous incombait. C'est aussi le lieu pour moi, de rendre hommage à nos familles qui ont accepté des horaires souvent tardifs, au bureau et à la maison et qui ont aidé à supporter le poids psychologique lié à l'exercice de nos fonctions.

Chers collègues et amis admis à faire valoir nos droits à la retraite

La retraite n'est pas une fin en soi mais une nouvelle audience qui s'ouvre, sans référé, ni renvoi, sans mise en délibéré, rabat d'arrêt, factum à rédiger ou grosse à délivrer.

C'est le temps de s'occuper de passions contenues, de développer des talents méconnus, d'explorer de nouveaux horizons et de jouir d'un repos bien mérité qu'il ne faut jamais confondre avec l'oisiveté.

Monsieur le Ministre de la Justice et des Droits de l'Homme

Garde des Sceaux

En quittant les couloirs des salles d'audience des palais de justice, les escaliers menant aux services centraux et aux cabinets ministériels que nous avons tant arpentés, nous ne partons pas tout à fait, car nous laissons derrière nous, une partie de notre expérience.

En ce jour qui restera gravé à jamais dans nos mémoires, il est toujours important de mesurer le chemin parcouru par le service public de la Justice depuis les cours que nous prenions dans la seule et unique salle de classe mal éclairée de l'Institut national de formation judiciaire (INFJ) près de la gare de la Régie des Chemins de fer, il y a de cela quarante ans.

C'est l'occasion, Monsieur le Ministre de saluer les chantiers ouverts sous votre leadership, qui ont permis au ministère de la Justice et des Droits de l'Homme, de relever les défis de la performance, de l'efficacité, de l'innovation, y compris en matière de digitalisation et de la crédibilité.

Avant de terminer, qu'il me soit permis de rappeler trois principes directeurs à nos cadets qui reprennent le flambeau, principes qui doivent leur servir de viatique.

Le premier principe est celui de garder la compétence et l'intégrité comme boussole ;

Le second principe est celui de cultiver l'équité et l'humanité dans vos fonctions, en ce sens que derrière chaque procédure, il y a des réputations, des patrimoines, des vies et des destins fragilisés.

Enfin le dernier principe est celui de préserver l'impartialité, l'indépendance et l'honneur de notre institution car la Justice est le dernier rempart des Maliennes et des Maliens, au nom desquels elle est rendue.

Que Dieu bénisse et préserve le Mali éternel !"