Mopti : La détresse des piroguiers

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Grâce aux touristes, des jeunes de Mopti s’étaient découvert une vocation : celle de faire visiter la Venise malienne aux touristes par le fleuve. Aujourd’hui, le tourisme se meurt, et eux, avec. Cri de détresse d’un secteur oublié.

 

 

Depuis environ 20 ans, Alkaya Traoré, exerce le métier de conducteur de pirogue dans la Venise malienne. Avec la crise que le pays traverse actuellement, il n’arrive plus à exercer son métier tout comme ses camarades évoluant dans le même domaine.

Ils sont environ une vingtaine de jeunes conducteurs de ces pirogues qui étaient destinés au transport des touristes à trainer sans emplois au bord du fleuve à Mopti.

En temps normal, ces piroguiers conduisaient les touristes de la ville de Mopti vers Tombouctou, Gao, le Lac Debo, Diafarabé, Ségou, Ké-macina et d’autres localités avec plus d’une soixantaine de pirogues.

Ce service qui était emprunté également par les agents des ONG, permettait aux conducteurs de pirogue d’empocher chaque jour au moins 20 000 à 30 000 F CFA pour les traversées et 300 000 FCFA pour les voyages dans d’autres localités.

Cependant depuis la crise de 2012, ces professionnels de pirogue ne s’en sortent plus, ils regardent leur métier passé au plus bas tout comme beaucoup d’autres agents évoluant dans le domaine du tourisme.

L’activité ne génère plus de ressource par faute de client lié à l’insécurité qui sévit actuellement dans la zone, classant notre pays dans la zone rouge par les pays occidentaux. Ce qui fait que la destination Mali à partir du centre et du nord est fortement déconseillée par les occidentaux à leurs ressortissants.

A entendre Alkaya Traoré, conducteur de pirogue, les quelques clients qu’on retrouve en ces moments sur le site viennent pour la plupart de la capitale et de Sevaré et ne demandent pas le même service que les étrangers et il faut attendre souvent des mois pour voir ça.

“Nous n’avons plus de travail, on passe toute la journée sans voir de client, la situation nous dépasse. En tant que chef de famille c’est vraiment difficile de rester sans travail pour donner de quoi manger à la famille”, déplore-t-il.

Ainsi contraints, beaucoup de ces conducteurs n’ont trouvé d’autre solution que de vendre certaines de leurs pirogues pour ceux qui en avaient deux ou les moteurs qui mettent les pirogues en marche.

A en croire Alkaya Traoré, avant d’en arriver là, ils ont tapé à beaucoup de porte pour une quelconque assistance, mais rien de concret n’est sorti de ces démarches.

Dépassé par ce sort, M. Traoré invite les plus hautes autorités de jeter un regard sur les différents domaines du tourisme touché profondément par la crise que le pays traverse depuis 2012 et espère profondément sur le retour de la paix dans le pays.

Nous sommes une seule famille, même père, même mère et on a toujours cohabité entre différentes ethnies dans l’harmonie par le lien de mariage, de cousinage et d’assistance sociale. La guerre n’a jamais fait partie de nos valeurs, on a toujours été un pays de paix, de solidarité et de cohésion”, a souligné le piroguier.

A ses dires, cette crise sans précédent affecte aujourd’hui tous les Maliens, chacun souffre dans sa chaire et dans son âme et plus particulièrement eux agents touristiques, qui n’ont que leurs yeux pour pleurer.

Mariam Coulibaly

 

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