Augmentation sauvage des prix des produits : Quand les commerçants défient le gouvernement

Depuis un certain temps, les commerçants maliens dictent leur loi aussi bien au gouvernement qu’aux consommateurs.

15 Juin 2026 - 09:38
15 Juin 2026 - 09:38
 1
Augmentation sauvage des prix des produits :  Quand les commerçants défient le gouvernement

L’augmentation du prix des produits de première nécessité dépend de leur seule volonté. Il a suffi, la semaine dernière, qu’un arrêté interministériel suspende la circulation des motos de 125 cm3 et plus hors des grandes agglomérations, pour que le prix de la moto «Jakarta» monte en flèche. Et le gouvernement, chargé de l’équilibre et de la stabilité, privilégie plutôt les actions tape-à-l’œil médiatiques. Abandonnant les consommateurs maliens à leur triste sort.

Le consommateur malien souffre. Et, il ne souffre que par la volonté d’une poignée d’individus, assoiffés d’argent facile et d’un gouvernement qui peine à faire respecter ses propres textes élaborés pour protéger les consommateurs des augmentations sauvages, décidées par un groupe qui ne trouve son bonheur que dans la souffrance de leurs concitoyens. Ils sont parvenus, dans un laps de temps, à imposer leur loi au gouvernement et aux consommateurs. Ils décident des prix des produits et des articles sans concertation avec les autorités en charge de contrôler lesdits prix. Et encore moins avec les consommateurs, maillon faible de la chaîne.

Les faits donnent toujours raison aux observateurs avertis. La semaine dernière, par un arrêté interministériel n°2026-1313/MEF-MDAC-MJDH-MTI-MIC-SG du 3 juin 2026 signé par les ministres chargés de l’Économie et des Finances, de la Défense et des Anciens combattants, de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, des Transports et des Infrastructures ainsi que de l’Industrie et du Commerce, la circulation des motos de 125 cm3 et plus hors des grandes agglomérations est suspendue. Si la décision a été accueillie comme un coup de massue par certains de nos compatriotes qui n’avaient pas, dans un premier temps, compris que la décision était une mesure de lutter contre les terroristes à mobilité rapide avec ce moyen roulant, elle a fait le bonheur de certains commerçants de la place. Ils voient dans cet arrêté interministériel une échelle courte pour se faire de l’argent. Et sans hésiter, le prix de la moto «Jakarta» a connu une augmentation sauvage. Il est passé de 375 000 F à près de 500 000 F CFA. Il varie d’un commerçant à un autre et d’un marché à un autre.

Par cette autre augmentation vertigineuse, les commerçants maliens viennent encore de défier le gouvernement. Ce n’est pas la première fois qu’ils dictent leur loi au gouvernement et aux consommateurs. La crise du carburant est passée par là. Cette crise, au lieu d’être une chaîne de solidarité entre Maliens, a exacerbé les tensions. Du coup, presque tout le monde est devenu revendeur de carburant en vendant le litre à portée de bourse des consommateurs. Les compagnies de transport ne sont pas restées en marge de cette supercherie. Et sans aucune concertation avec le département en charge des Transports, les tarifs ont été presque doublés sur certaines destinations. N’en parlons pas du kilo de la viande. En somme, nous pouvons dire que tout a augmenté sans qu’on ne tienne compte du pouvoir d’achat des consommateurs.

Dans ce marché de dupes, nous avons l’impression que les consommateurs sont des laissés-pour-compte. Ils savent que leurs voix ne comptent plus dans une société, où le gouvernement, à travers le ministre du Commerce, ne privilégie que les actions tape- à- l’œil médiatiques. Devant les projeteurs de la télévision malienne, des mesures phares sont annoncées par le représentant du gouvernement pour rappeler les commerçants au respect des prix fixés. Et après, rien. Pas de sanctions. Et bonjours les dégâts pour les consommateurs et les ménagères dont le panier a remplacé le sachet en plastique.

La décision de suspendre la circulation des motos 125 cm3 et plus hors des grandes agglomérations est salutaire. Car, elle est une mesure de sécurité nationale. Elle permettra de lutter efficacement contre les terroristes qui ont opté pour ce moyen roulant, facile à manier et tout terrain. Nous osons espérer que d’ici quelques mois la mobilité des supplétifs des armées occidentales sera réduite et anéantie. Déjà, la mesure commence à produire des résultats à la grande satisfaction du peuple malien.

Soyons unis derrière les Forces armées maliennes (FAMa) ! La victoire est à nous.

Yoro SOW