Baba Ba, administrateur de société, operateur économique : "Madiou Simpara doit rester ouvert aux acteurs du secteur"
"Grand marché : actualiser le plan, l'appel à la famille Bally"
Dans une interview exclusive qu'il a bien voulu nous accorder, Baba Ba, opérateur économique, administrateur de sociétés en Angola et membre de l'Organisation pour la recherche de la paix mondiale, nous relate son parcours, sa vision de la gestion de la Chambre de commerce et d'industrie du Mali (CCIM) et de l'aménagement des marchés du district de Bamako.
Aujourd'hui Mali : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Baba Ba : Je suis opérateur économique et administrateur de sociétés. J'ai résidé durant près de trois décennies entre Luanda, en Angola, et la Namibie. Avant de mettre le cap sur ces pays, je travaillais depuis l'âge de 13 ans auprès de mon père, El Hadj Samba Ba, qui était l'un des anciens opérateurs économiques du Mali.
Mon père est de la même génération que feus Soya Golfa, Bathily et frères, Boubacar Niangadou et Madiokè Sacko. Je suis également membre de l'Organisation pour la recherche de la paix mondiale, où j'occupe le poste de conseiller spécial du président de cette institution.
Quel type de sociétés administrez-vous ?
Il s'agit d'une société privée. Lorsque je suis parti à l'étranger, j'ai créé une société dans le domaine de l'hôtellerie dans des villes comme Luanda et Cabinda, en Angola, ainsi qu'en Namibie.
J'ai passé 25 ans dans ces pays et j'y retourne régulièrement pour les conseils d'administration de cette société.
Depuis quand êtes-vous de retour au bercail ?
Je suis rentré définitivement au Mali en 2007, sur l'insistance de mon père qui a toujours souhaité me voir évoluer dans le domaine du commerce général au Mali.
Actualité oblige, Madiou Simpara a été reconduit à la tête de la Chambre de commerce et d'industrie du Mali. Quel conseil avez-vous à lui donner pour la réussite de ce mandat ?
Tout d'abord, je tiens à adresser mes chaleureuses félicitations au président de la Chambre de commerce et d'industrie du Mali, Madiou Simpara, pour sa réélection pour un second mandat. Je connais la CCIM depuis le temps de Dossolo Traoré. Je sais que l'une des missions principales de cette structure est de promouvoir les activités des commerçants et des industriels, de rechercher des opportunités pour eux et de défendre leurs intérêts.
En plus de Dossolo, j'ai vu aussi Darhat, qui fut également président de la CCIM, à l'œuvre à la tête de la faîtière des commerçants. Ce que j'ai beaucoup apprécié chez ces deux présidents, c'est qu'ils descendaient à la base et échangeaient avec les commerçants, surtout les détaillants.
Durant le premier mandat de Madiou, j'ai constaté aussi qu'il est resté proche des détaillants. Madiou dispose d'une équipe solide. Je ne pourrais pas tous les citer, mais je sais que son secrétaire général Sanogo et son adjoint sont de fins connaisseurs des dossiers de la Chambre.
Pour ce second mandat, je souhaite qu'il continue d'accorder une attention particulière aux commerçants détaillants et aux grossistes, en cherchant des financements pour eux, sans oublier les autres secteurs comme l'industrie. Je conseille surtout au président Madiou, comme il l'a toujours fait, de laisser sa porte ouverte aux acteurs du secteur. Je souhaite également qu'il s'emploie à développer le commerce Sud-Sud plutôt que le commerce Nord-Sud.
Depuis l'âge de 13 ans vous évoluez auprès de votre père. Donc vous avez eu la chance de côtoyer de nombreux opérateurs économiques du pays ?
Effectivement. J'ai eu la chance de côtoyer de nombreux opérateurs économiques, y compris la famille de l'actuel président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Mossadeck Bally, surtout son frère Hankoye Bally. D'ailleurs, je suis réellement content d'apprendre que le président du CNPM, Mossadeck Bally, a été promu président du conseil d'administration de l'INPS.
Pour moi, cette promotion n'est pas une surprise, car la société Bally, qui appartient au père de l'actuel président du CNPM, Sidi Boubacar Bally, sensibilisait déjà depuis 1979 les commerçants à s'inscrire à l'INPS afin de bénéficier d'une retraite paisible.
Selon vous, que faut-il faire pour mettre un terme à ces incendies à répétition dans nos marchés ?
A mon retour au pays, j'ai vu à deux reprises le Grand marché en flamme. Il est vrai que la source de ces incendies peut être d'ordre criminel ou accidentel. Cependant, il est temps de trouver une solution à ces sinistres qui causent d'énormes pertes à nos opérateurs économiques.
Pour ce faire, il revient à la Chambre de commerce de démarcher des opérateurs économiques disposant des moyens nécessaires pour aménager le Grand marché. Je me rappelle qu'en 2010-2011, la société Bally avait monté un projet d'aménagement du Grand marché. J'ai eu la chance de voir la maquette, qui était très bien réalisée.
Si ce projet avait été pris en compte, le Grand marché n'aurait pas subi autant de dégâts, car les magasins auraient été bien aménagés avec des voies d'accès.
Aujourd'hui, il est regrettable de constater qu'il n'y a pas de véritables voies à l'intérieur de nos marchés. Au lieu de construire des étages avec des magasins, ce sont de petites tables qui sont installées de part et d'autre dans le désordre, empêchant même les pompiers de passer.
Mon souhait est de voir la famille Bally actualiser son projet d'aménagement du Grand marché. Que la CCIM continue également de démarcher des opérateurs économiques maliens, qu'ils soient au pays ou à l'extérieur, afin d'investir dans l'aménagement des marchés au Mali.
Votre mot de la fin ?
C'est d'inviter le président de la Chambre de commerce et d'industrie du Mali à assister les commerçants et les industriels, que ce soit au niveau des banques, de la douane ou des chargeurs. Car la force d'un pays repose sur son secteur privé, qui est le principal pourvoyeur d'emplois devant l'Etat.
Je peux dire qu'au Mali, nous avons également la chance d'avoir Moussa Alassane Diallo à la tête du département de l'Industrie et du Commerce. Il connaît non seulement les opérateurs économiques et les industriels, mais aussi les défis du secteur. Il lui sera donc plus facile de contribuer à trouver des solutions aux problèmes du secteur.
Réalisé par Kassoum Théra