Ebe Konon Somboro, Chef de section de la CMDT Yorosso : « Avec ses variétés hybrides et améliorées, je suis sûr que l’autosuffisance alimentaire sera atteinte »

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Après la visite des champs de démonstration et de production de semences, Ebe Konon Somboro, chef de section CMDT de Yorosso nous a accordé une interview sur la mission de supervision, le mécanisme de suivi des paysans dans le programme ARDT, etc.

Quelles sont vos impressions, après la visite des superviseurs dans vos champs de démonstration ?

Je pense que la mission a été très bénéfique. Ça fait trois ans qu’on fait le sorgho hybride sur le secteur grâce aux  techniciens de l’ICRISAT qui nous  ont éclairés sur plusieurs points. Effectivement, nous sommes les vulgarisateurs. C’est eux les chercheurs qui  savent beaucoup de choses sur les différentes variétés que nous cultivons chez nous.

Vos paysans sont bien organisés. Pouvez-vous nous parler de votre mécanisme de suivi ?

Au niveau de la CMDT, nous avons  un encadrement plus étoffé, c’est-à-dire plus proche des producteurs.  Nous avons un chef de zones de production agricole appelé (ZPA) qui travaille directement avec les producteurs. Pratiquement au niveau de la CMDT, tous les producteurs sont suivis à la lettre. Ils sont au courant de leurs champs et leurs calendriers agricoles.  C’est ce qui fait qu’il n’y a pas de problème chez nous.

Les variétés de semences hybrides et améliorées ICRISAT sont-elles  appréciées par les producteurs ?

C’est vraiment une réalité parce que nous avons vulgarisé trois  variétés de semences : Pablo, Fada, sèwa. Avec ces semences, nous avons remarqué que les rendements sont beaucoup plus élevés que celui de nos variétés locales (à peine on atteint une tonne à l’hectare).  Mais avec les nouvelles variétés, pratiquement tout le monde a 2 tonnes parfois même 2 tonnes 500 kg.  C’est ça qui fait effectivement  que les producteurs ont beaucoup apprécié ces semences, grâce à leur grande  production qui peut nous permettre d’atteindre l’autosuffisante alimentaire. Mais en plus de ça, les tiges mêmes sont beaucoup appréciés par les animaux de labour. Dans  notre  zone, on a beaucoup de bœufs de labour, parfois l’aliment bétail pose problème, mais ces tiges sucrés sont très appréciées par les animaux. C’est surtout la semence Sewa « l’hybride de l’ICRISAT » qui est appréciée parce qu’elle est beaucoup plus sucrée. Donc, avec ça surtout, les bœufs de labour aiment brouter le tout, ils ne laissent aucune tige. Par contre avec les variétés locales, les animaux trient les feuilles mais pas avec les Sewa où ils broutent et les feuilles et les tiges, ils ne laissent absolument rien.

Certains pays ont témoigné avoir bénéficié des semences hybrides et améliorées. Allez-vous continuer à les fournir en semences ?

C’est un projet que l’ICRISAT est en train de financer. Je pense que les producteurs ayant compris l’utilité de ces semences vont quand même penser à s’approprier ces semences. C’est l’objectif visé par le projet l’ARDT.

Quel appel avez-vous à lancer

L’appel que j’ai à lancer aux paysans est de persévérer dans la culture de ces trois variétés pour pouvoir atteindre l’autosuffisance alimentaire. Il nous faut faire les variétés en haut rendement. Les variétés en haut rendement sont ces trois variétés de l’ICRISAT. Comparativement aux variétés locales qui ont diminué de rendement, d’ailleurs rares sont les personnes dans la zone qui atteignent une tonne à l’hectare avec la variété locale.  Avec  les sorghos hybrides, on a facilement  2 tonnes  ou trois tonnes à l’hectare.

Donc, je pense que les paysans doivent adopter ça, sans laisser leurs variétés locales. Avec ces variétés, je suis sûr que l’autosuffisance alimentaire sera atteinte.

Modibo L. Fofana

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