Plaintes de la ministre des infrastructures contre la DNR : «J’exhorte la Direction nationale des routes à plus de professionnalisme…»

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A l’occasion de la réunion annuelle des services des routes tenue à Sikasso le 21 novembre 2019, Mme le ministre des Infrastructures et de l’Equipement, Seynab Diop, a étalé son insatisfaction du travail fait par le Directeur national des routes (DNR). Ce, en dénonçant à demi-mot le manque de professionnalisme du Directeur national des routes. C’est le moins qu’on puisse retenir de son discours.

Cadre privilégié de concertation pour faire le bilan des réalisations de l’année écoulée et envisager les actions à mener pour la  nouvelle année,  cette  réunion annuelle des services des routes a servi de tribune pour la ministre des Infrastructures et de l’Equipement pour exprimer sa désapprobation du manque de rigueur du Directeur national des routes.

Dans son intervention, elle instruira  ses collaborateurs de  relever les insuffisances, toutes les insuffisances, sans complaisance, qui doivent être corrigées à l’effet de faire des propositions concrètes concernant les actions projetées, en vue de prendre en charge, à temps, les préoccupations de nos concitoyens. Aussi, c’est maintenant qu’elle les invite à être à l’écoute permanente, notamment des populations, des élus et des usagers de la route. Ce, afin d’anticiper, d’agir et de réaliser des actions visibles sur le terrain.

A l’en croire, le chemin reste encore long pour doter notre pays d’infrastructures routières adaptées et de qualité. Car, le département reçoit des sollicitations de plus en plus fortes de nos concitoyens qui exigent des infrastructures routières offrant les meilleurs niveaux de service. C’est pourquoi, déclare-t-elle, je saisis cette occasion qui m’est offerte pour inviter instamment la Direction nationale des routes, la Direction générale de l’autorité routière, la Direction générale de l’Ageroute et l’ensemble de tous les services intervenant dans le secteur des routes à plus de rigueur et de proactivité dans l’exécution et le suivi des travaux.

« Concernant particulièrement la Direction nationale des routes, je l’exhorte à plus de professionnalisme, je dis bien : plus de professionnalisme, aussi bien dans l’analyse des rapports d’études que dans l’exécution des travaux afin d’éviter au maximum les multiples avenants. Je l’ai indiqué l’an dernier, dans mon discours, au cours de la réunion annuelle des routes, que le recours aux avenants doit être une exception. En effet, si certains avenants peuvent s’expliquer, il n’en est pas pour d’autres. D’où, l’impérieuse nécessité d’interroger nos méthodes d’approbation des études techniques.

Aussi, voudrais-je demander à la Direction Nationale des Routes de jouer pleinement ses missions de supervision afin que les délais de réalisation des travaux soient respectés. Les retards relevant de votre responsabilité ne sont pas acceptables. Pour ce faire, la Direction Nationale des Routes doit effectuer fréquemment et régulièrement des missions de terrain et veiller strictement au respect des engagements contractuels», se plaindra-t-elle.

Toutefois, la ministre des Infrastructures et de l’Equipement estime que l’année qui s’achève a été marquée par une série d’activités. Notamment: l’achèvement des travaux d’aménagement en 2×2 voies de la route Bamako-Koulikoro ; l’achèvement des travaux de construction et de bitumage de la route Bénéna-Mandiakuy ; l’achèvement de la route Yanfolila-Kalana; l’achèvement de la route Tamani-Baraouéli; l’achèvement des travaux de construction du pont de Kayo sur le fleuve Niger à Koulikoro et celui de Dioila et leurs voies d’accès;  l’achèvement de la route Kangaba-Dioulafoundo-Frontière Guinée ;  l’achèvement des travaux d’aménagement de 445 km de pistes rurales dans les Régions de Koulikoro et de Sikasso dans le cadre du Projet d’Amélioration de l’Accessibilité Rurale (Paar) ; la poursuite des travaux de construction des routes Zantiébougou-Kolondiéba-Frontière Côte d’Ivoire, Kayes-Sadiola, Banconi-Dialakorodji-Safo-Nossombougou, Katélé-Zégoua-Kadiolo avec l’aménagement de 4 km de voies urbaines dans la ville de Kadiolo et la voie de Kouloubléni dans la commune rurale de Kalabancoro; la poursuite des travaux de construction du 2ème pont de Kayes et ses voies d’accès ; le lancement et la poursuite des travaux d’aménagement en 2×2 voies de la traversée de la ville de Sikasso. S’y ajoutent le lancement et la poursuite des travaux d’aménagement en 2×2 voies de la Tour de l’Afrique-Yirimadjo-3ème pont de Bamako ; le lancement et la poursuite des travaux de réhabilitation/renforcement du tronçon Kati-Didiéni long de 150 km ;  le démarrage des travaux de construction de 547 km de pistes rurales dans les régions de Koulikoro et de Sikasso dans le cadre du Projet d’amélioration de l’accessibilité rurale (Paar),Phase II ; le démarrage des travaux de construction et de bitumage de la route Kwala-Mourdiah-Nara (section1 : Kwala-Kaloumba et section 2 Kaloumba-Nara) ; le démarrage des travaux d’élargissement en 2×2 voies de l’échangeur « Place des Martyrs » y compris ses voies d’accès (travaux à l’arrêt à cause de l’occupation des emprises) et  le lancement des travaux de construction d’un  échangeur, d’un viaduc et l’aménagement de 10 km de voiries urbaines dans la ville de Sikasso ; sans oublier, bien sûr, tous ces travaux d’urgence réalisés par la Cetru et toutes les études routières achevées et en cours.

Cependant, regrette Mme Traoré Seynab Diop, en 2019, leurs  interventions n’ont pas été à hauteur de souhait et leurs démarches n’ont pas été toujours accompagnées et cela dans un contexte socioéconomique difficile que connaît notre pays.

Dans une contradiction notoire, elle estime que les arguments susmentionnés ne doivent pas servir d’excuse. Car, selon un proverbe arabe, cite-t-elle, « Celui qui veut faire quelque chose trouvera les moyens. Celui qui ne veut rien faire, trouvera une excuse ». Nous nous inscrivons dans la dynamique de faire quelque chose. C’est pourquoi, poursuivra la ministre,   j’exige de l’ensemble des acteurs, à savoir l’administration des routes (Direction nationale des routes, Ageroute et Autorité routière) et les attributaires de marchés et de contrats plus de synergie d’actions, d’efficacité et de profondeur dans les interventions. Vous devez être des modèles et avoir comme seul souci de servir le Mali, rien que le Mali.

 Les travaux d’Hercule prévus pour 2020

Si ce ne sont pas des effets d’annonce, comme elle nous en a habitués, la cheffe  du département des Infrastructures annonce 2020 comme une année charnière pour la réalisation des routes.  A ce titre, elle dit avoir des ambitions. Il s’agit de, entre autres : la  poursuite et/ou l’achèvement des travaux démarrés en 2019 ; le lancement des travaux de construction et de bitumage de la route Bourem-Kidal ; le lancement des travaux de construction et de bitumage de la section Sévaré-Boré de la route Sevaré-Gao ; le démarrage des travaux de construction et de bitumage de la section Mourdiah-Nara ; le démarrage des travaux d’aménagement de 100 km de pistes rurales dans les Cercles de Bougouni et de Kolondiéba; le démarrage des travaux de construction de 5 km de voies urbaines dans la ville de Kolondiéba ; la reprise des travaux de bitumage de la route Goma coura-Leré et Léré–Niafunké et de la route Macina-Diafarabé ; la poursuite de l’aménagement de 547 km de pistes rurales dans le cadre du Projet d’amélioration de l’accessibilité rurale (Paar), Phase II, ainsi le démarrage du processus des phases III et IV.

Encore, exhortera-t-elle  la Direction nationale des routes, l’Ageroute et l’Autorité routière à bannir de leur langage des expressions telles que : « On a l’habitude de faire comme ça ». Toute action que nous posons doit avoir une base légale, a-t-elle insisté.

Les aveux de clientélisme dans la passation des marchés

Dans l’intervention de Mme Traoré, Seynab Diop, inutile  d’être dans le secret des dieux pour comprendre la magouille et la négligence qui caractérisent les marchés de réalisation de nos infrastructures. C’est pourquoi, l’orateur a invité l’ensemble des responsables en charge de la commande publique à avoir comme seules règles dans leurs analyses des offres et surtout dans leurs propositions d’attribution des marchés et contrats, l’équité, la transparence, l’impartialité et la célérité.

« Ces règles, dis-je, doivent guider toutes vos décisions et demeurer constamment votre boussole. Enfin, nous devons mettre fin au népotisme, au clientélisme et au retard dans l’exécution des travaux. Nous devons rechercher constamment la performance et l’action sur le terrain», conclura-t-elle.

 

 Oumar KONATE

 

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5 COMMENTAIRES

  1. On passe tout notre temps à critiquer et à menacer. Il est temps de sanctionner les mauvais agents et d’appliquer la loi. Nul n’est au dessus de la LOI. C’est ça être responsable.

  2. Que les autorités veillent impérativement à ce que ces route endommagées soient rétablies en bon état par lesdites sociétés. Tous les jours on voit les manœuvres creuser nos routes. Prière édifier la population, personne ne comprend pourquoi tout ça. Un peu de sérieux, un peu de suivi, s’il vous plaît.

  3. Parlant de route, les autorités en charge des routes, pourquoi en un temps deux mouvements on voit les goudrons de Bamako découpés soit disant des travaux, soit de l’EDM, soit de ORANGE MALI, soit de la SOTELMA. Le comble est, une fois ces travaux finis, ces routes découpées ne seront jamais comme avant, elles sont remplies à moitié et restent un danger pour les usagers. Toutes les belles routes de la capitale sont endommagées au sue et au vue de tout le monde. J’en appelle aux autorités de la route de trouver une solution à ces pratiques qui deviennent une mauvaise habitude.
    Une question, pourquoi EDM, ORANGE MALI, SOTELMA ne peuvent pas travailler en synergie pour éviter ces travaux interminables. Messieurs et mesdames les autorités en charge des routes, aillez vraiment l’amabilité de suivi à ces travaux, qu’ils remettent en état les routes qu’ils détruisent.

  4. Pourquoi Mme la ministre parle au lieu d’agir? La DNR, L’AUTORITÉ ROUTIÈRE et l’AGEROUTE sont tous des structures incompétentes et budgétivores a démanteler sans moindre hésitation… pour faire place a une nouvelle structure intégrée et moderne de routes. Tous les milliards destines a l’entretien de routes sont engloutis entre ces structures corrompues et leurs entreprises amies spécialistes de bricolage de routes et la surfacturation. Il faut voir ce que une entreprise de bricolage comme les SOMAGEC et les ECGF font a l’état a coup des milliards sous l’aval de l’AGEROUTE!!!

  5. “… Dans son intervention, elle instruira ses collaborateurs de relever les insuffisances, toutes les insuffisances, sans complaisance, qui doivent être corrigées à l’effet de faire des propositions concrètes concernant les actions projetées, en vue de prendre en charge, à temps, les préoccupations de nos concitoyens. Aussi, c’est maintenant qu’elle les invite à être à l’écoute permanente, notamment des populations, des élus et des usagers de la route. Ce, afin d’anticiper, d’agir et de réaliser des actions visibles sur le terrain…
    … Dans une contradiction notoire, elle estime que les arguments susmentionnés ne doivent pas servir d’excuse. Car, selon un proverbe arabe, cite-t-elle, « Celui qui veut faire quelque chose trouvera les moyens. Celui qui ne veut rien faire, trouvera une excuse »… ” … ///…

    :
    Madame le Ministre des Infrastructures et de l’Equipement,

    Chiche… !

    Les excuses de l’ETAT Malien…, c’est de toujours répondre qu’il n’a pas les moyens, chaque fois que des infrastructures de développement sont revendiquées par les Populations Maliennes.

    Le Gouvernement va-t-il enfin se résoudre à faire des efforts pour le désenclavement intérieur du pays… ?

    Il manque dans notre pays un Réseau de Transport en Commun. C’est dommage… !

    Je ne parle pas du Train qui ne roule plus de Bamako à Diboly…

    Mais d’un Réseau de Transport en Commun par Autobus qui relierait toutes nos grandes Agglomérations à nos Villages de brousse voire même à nos hameaux. C’est là que commence le désenclavement intérieur de notre pays.

    En Zones rurales les véhicules qu’on peut croiser par chance, si on va de son Village vers une grande ville…,
    c’est des véhicules de transports de marchandises…, pas du tout adaptés pour le transport des Personnes.
    Le Gouvernement devrait créer un Réseau de Transport en Commun par Autobus qui relierait toutes nos grandes Agglomérations à nos Village de brousse voire même à nos hameaux. Non pas privé, mais gouvernemental… !

    Vivement le Mali pour nous tous.

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