La BHM transforme ses clients en SDF

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Longues d’attente, insanités,  magouilles, tels sont les  maux qui gangrènent la Banque de l’Habitat du Mali (BHM). Plus grave, il faut un courage d’indien pour « prêter » son argent à la BHM : il risque de partir en fumée.rn

Une salle envahie, qui refuse du monde, une cour débordée sous un soleil de plomb, voici l’éternelle image de cette « Banque contre les Humains du Mali ».  Placer ses sous à la BHM, ne posee aucun problème. Cette opération ne prend même pas une dizaine de minutes. Pour cela, le client n’a pas  besoin  de filer 500 ou 1000CFA à un agent,  ou de téléphoner à son « cousin direct ».  Mais, pour retirer cet argent, il faut y aller avec son matelas car, le séjour risque d’être long. Très long. L’espoir suscité par la création de cette banque s’est mué en désespoir. Du matin au soir, les clients de la BHM s’asseyent  à même le sol, d’autres s’unissent  à deux, voire à quatre, pour toucher leur argent. Mieux, l’irrévérence du personnel d’accueil et des guichetiers ne laisse pas indifférent. Malgré la présence de six guichets, les agents s’y font rares. Souvent, seulement trois sont ouverts. Pire, les guichetiers s’occupent, soit de leur repas, soit  de leur thé, au lieu des clients. Et gare au « petit nimprudent », qui décide de leur faire la remarque : il est menacé d’être « jeté dehors comme un mal saint », par les agents de sécurité !  Le 30 décembre dernier en a donné la parfaite illustration. Ce jour- là, plus de deux cent personnes ont saigné, dans l’attente de leurs sous.

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Cet encombrement s’explique : la BHM s’est targuée de garantir un chez soi pour chaque client. Mais cet espoir s’est transformé en eau de boudin et la quasi-totalité des clients ont décidé de retirer leurs sous, avant d’aller vers d’autres banques. Pendant que certains cherchent à se coucher, d’autres décident d’aller chercher de l’argent ailleurs : « Je ne peux pas passer toute la journée ici, à ne rien foutre ! Je vais chercher de quoi passer une bonne fête. Je suis là depuis 6 heures du matin…Après la fête, je viendrai prendre mon argent. Bamako est truffée de banques plus sérieuses. », nous a confié un commerçant. A cela s’ajoute la magouille des agents de sécurité. A la BHM, les « Lave Garde » et la garde Nationale veillent plus, sur les tickets de retrait, que sur les clients et leurs biens. Une véritable mafia.  Pour voir la couleur d’un ticket, il faut abouler 1000CFA. Pire, ils le font sans aucune discrétion. Comme si, c’était normal.  En tout état de cause, la BHM est vouée à l’échec : Ses clients ne savent plus à quel sain se dévouer. En attendant les clients, sont obligés de transformer la salle d’attente en dortoir, comme des SDF.

rnChrystelle 

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