Conseil Malien des chargeurs CMC : Le bruit assourdissant des casseroles de Babalaye Daou

0
Ousmane Babalaye Dao
Ousmane Babalaye Dao président CMC

La véritable question n’est donc pas de savoir si oui ou non il doit rempiler. Avec des rapports de vérification accablants, des mics-macs financiers signalés récemment et le contrat scandaleux avec la société italienne Frabemar, il traine donc des casseroles trop bruyantes pour continuer à piloter cette institution consulaire.

 

Le Groupement des commerçants maliens qui l’avaient parrainé pour le faire accéder au fauteuil de président du Conseil malien des chargeurs a déjà donné le ton en menaçant même de ne pas participer aux élections du Conseil malien des chargeurs, si Babalaye n’était pas relevé de ses fonctions pour raison de caducité de mandat afin d’installer en lieu et place un Collège transitoire, faisant ainsi un clin d’œil à ce qui se passe à la CCIM.

Cela s’est passé lors d’une réunion tenue au siège du Groupement dans les anciens locaux du Conseil national du Patronat à la Zone industrielle. Une rencontre au cours de laquelle le Groupement travaillait dans le sens d’une liste unitaire aux élections du Conseil malien des chargeurs pour éviter les tiraillements, voire des lézardes au niveau du secteur privé.

Mais face au refus de Babalaye Daou de se soumettre à cette démarche, les coups ont commencé à voler bas et il lui a été reproché sa gestion cavalière du CMC et nombreux intervenants ont souligné les rapports de gestion accablants dressés par plusieurs corps de contrôle de l’Etat, mais restés sans suite. Même les membres consulaires, censés contrôler la gestion du Conseil, ne sont pas informés du contenu desdits rapports mis sous le coude.

Mais c’était sans compter avec la ténacité de certains hommes d’affaires qui sont parvenus à détenir la copie de chacun de ses rapports qui, exploités normalement par l’Etat, devaient disqualifier Babalaye aux présentes élections à travers lesquelles il manœuvre pour prolonger son séjour controversé à la tête du CMC.

Récemment encore, il a osé signé un contrat pour attribuer un marché par entente directe à une société italienne chargée de fournir les Bordereaux de suivi des cargaisons (BESC). Les membres consulaires, tout comme les chargeurs, en ont été informés par une circulaire qui, en plus, précisait que l’application était du même jour.

Des méthodes de gestion d’un président dont le mandat est fini depuis plus de deux ans, mais qui continue, sans aucune gêne par rapport à sa situation, à poser des actes, les uns plus contestables que les autres.

En effet, cette société italienne, Frabemar, est en délicatesse avec la RD Congo suite au même genre de contrats qui le liait à la société structure sœur du CMC, Ogefremer. L’analyse du contrat avait révélait des dispositions contraires à la bonne gouvernance. Il s’agissait plutôt d’un dispositif maffieux au travers duquel l’argent de la RD Congo était dilapidé.

Ce dossier a conduit en prison des fonctionnaires de l’Etat congolais et des dirigeants de l’Ogefremer, poursuivis pour détournement de deniers publics et corruption, par la Commission nationale congolaise de lutte contre la corruption. Si Babalaye, choisit donc de signer pareil contrat au moment où sa situation administrative ne plaide pas en faveur d’une telle décision et avec une société aussi corruptrice, il y a de quoi, pour les autorités de la République, de le rappeler à l’ordre, au lieu de laisser continuer cette atmosphère de suspicion qui voudrait qu’il soit soutenu jusqu’au sommet de l’Etat pour faire ce qu’il veut de l’argent du CMC.

Nous reviendrons en détail sur cette affaire avec Frabemer pour prouver combien on accepte au Mali ce qui est refusé sous d’autres cieux au nom de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption.

Cheick Mouhamed Diarra

Commentaires via Facebook :

PARTAGER